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Des familles séparées jusqu’à 3 ans: le PQ appelé à tenir sa promesse

«On est le champion mondial du retard du traitement de la réunification familiale.»

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Les dossiers en attente de réunification familiale se comptent par milliers au Québec.
Réunification familiale Les dossiers en attente de réunification familiale se comptent par milliers au Québec. (Envato Elements | yanaiskayeva)

Les dossiers en attente de réunification familiale se comptent par milliers au Québec. «On est le champion mondial du retard du traitement de la réunification familiale», déplore Marie-Gervaise Pilon, vice-présidente de Québec Réunifié. Alors que des conjoints désespèrent d’être réunis et que des enfants sont privés de l’un de leurs parents, Mme Pilon espère que le nouveau gouvernement péquiste agira.

Avant d’être porté au pouvoir le 5 octobre dernier, le Parti québécois (PQ) s’était engagé à accélérer le traitement des dossiers de réunification familiale.

Dans son document Pour un modèle viable en immigration, présenté en 2024, le parti proposait notamment de traiter 12 000 demandes par année pendant deux ans, en donnant la priorité aux dossiers les plus anciens concernant les conjoints et les enfants, et de ramener les délais sous les 24 mois.

Le plan du PQ exclut les demandes pour les parents, grands-parents ou autres proches.

«Nous reconnaissons cette volonté de s’attaquer à l’arriéré, c’est un signal encourageant», a souligné Marie-Gervaise Pilon en entrevue avec Noovo Info, ajoutant qu’un délai de 24 mois «demeure deux fois supérieur à la norme de service de 12 mois» revendiqués par son organisme.

Québec Réunifié, qui lutte contre les délais excessifs du parrainage conjugal, s’interroge aussi à savoir comment le gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon conciliera cet engagement avec sa volonté de limiter l’immigration permanente à 35 000 personnes par année.

«Comment le nouveau gouvernement entend-il résorber l’arriéré tout en respectant ce plafond? Nous souhaitons connaître les mesures concrètes qu’il compte mettre en place pour y parvenir», a partagé Mme Pilon.

Québec Réunifié propose d’ailleurs au nouveau gouvernement du Québec d’exclure temporairement le regroupement familial du calcul des seuils d’immigration, le temps de résorber les retards, dans le cadre d’une entente avec le gouvernement fédéral.

«Cette mesure exceptionnelle permettrait de réunir les familles en attente sans compromettre les autres objectifs du gouvernement en matière d’immigration», soutient Marie-Gervaise Pilon.

«Les familles ont suffisamment attendu. Il est temps de les réunir».

—  Marie-Gervaise Pilon, vice-présidente de Québec Réunifié

Au moment de publier, Noovo Info était toujours en attente d’une réponse du nouveau gouvernement québécois du PQ, qui n’était pas assermenté au moment d’écrire ces lignes. Les députés péquistes ont été assermentés jeudi.

De longs délais de traitement

Selon des données d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), disponibles sur leur site Web, en date du 31 janvier 2026, les délais de traitement des demandes de résidence permanente présentées par des époux, des conjoints et des enfants étaient d’environ 12 mois pour les demandes venant de l’étranger et de 14 mois pour les demandes issues du Canada, «sauf pour le Québec», précise-t-on.

Au Québec, les délais passent à 33 mois pour les demandes venant de l’étranger et à 25 mois pour celles provenant du Canada.

Cet écart dans les délais s’explique notamment par le fait que le Québec établit le nombre d’immigrants qu’il souhaite admettre dans la province chaque année, y compris ceux qui arrivent dans le cadre du programme de parrainage dans la catégorie du regroupement familial, et que le Canada tient compte de ce nombre dans le Plan des niveaux d’immigration.

«L’IRCC reçoit un nombre de demandes dans la catégorie du regroupement familial supérieur aux cibles établies par le Québec chaque année, ce qui a entraîné un arriéré», a indiqué l’IRCC en ajoutant que le ministère «continuait de collaborer étroitement avec le Québec pour trouver des solutions afin de remédier aux longs délais de traitement».

En 2025, le Canada a accueilli environ 96 100 résidents permanents dans la catégorie du regroupement familial, peut-on lire sur le site Web de l’IRCC. Pour le Québec, il s’agit d’environ 10 500 personnes.

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Un «choix politique»

Selon Marie-Gervaise Pilon, il n’y a pas mille et une solutions pour régler le problème de délais excessifs lorsqu’il est question de réunification familiale. «C’est un choix politique qui a été fait, à 100%.»

Le premier seuil pour les demandes de regroupement familial en immigration imposé par Québec visait la période de 2024 à 2026. Le seuil a toutefois été atteint en moins d’un an, si bien que Québec a imposé un gel des demandes d’engagement jusqu’au 25 juin 2026.

Les candidats à la réunification familiale ont pu recommencer à déposer leur demande le 2 juillet dernier. Un plafond de 15 700 demandes a toutefois été instauré jusqu’au 30 juin 2028, soit un maximum de 13 300 demandes pour les époux/conjoints et un maximum de 2 400 demandes d’engagement pour les parents/grands-parents.

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Selon le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, les autorités concernées ont reçu 2 203 demandes dans le cadre du regroupement familial entre le 2 juillet et le 30 septembre dernier. «Parmi celles-ci, 484 demandes ont été jugées recevables», a-t-on indiqué à Noovo Info par courriel.

Marie-Gervaise Pilon rappelle que les délais excessifs lorsqu’il est question de réunir des familles ont des impacts importants, entre autres, sur la santé mentale des familles et sur leur santé financière. «À côté de ça il y a des enfants qui grandissent sans leur parent, des mamans qui vivent leur grossesse toute seule, plein de chose comme ça», a-t-elle déploré.