Alors que le retour au bureau fait débat, de nombreux bureaux restent vacants à Montréal. Une société immobilière envisage de convertir certains de ses immeubles commerciaux en immeubles résidentiels.
Sur le canal Lachine, à Pointe-Saint-Charles, un immeuble de bureaux vacant est en cours de conversion en appartements résidentiels flambant neufs.
Ce texte est la traduction d’un article de CTV News.
«Il n’y a pas besoin de faire de fondations, de maçonnerie ou d’installer de systèmes de ventilation, car il s’agit d’un bâtiment neuf. La transformation a été facile», explique Vincent Chiara, président et fondateur du Groupe Mach.
Le Groupe Mach est propriétaire de l’immeuble construit en 2019. Il était destiné à accueillir le siège social d’Airbnb, mais lorsque la pandémie a frappé, la société de location à court terme a demandé à ses employés de travailler à domicile. Finalement, l’entreprise n’a jamais emménagé et a payé pour résilier son bail.
«Nous avons rapidement compris que cela allait devenir une nouvelle façon de travailler : le télétravail était devenu la nouvelle norme», a exposé M. Chiara.
Ce changement dans la culture du travail a eu des répercussions sur la valeur des biens immobiliers.
Selon le dernier rôle d’évaluation foncière de la ville, la valeur des immeubles de bureaux du centre-ville a baissé de 8,2 %. Le taux de vacance des bureaux est proche de 20 %.
Le Groupe Mach a décidé d’étudier d’autres solutions et bientôt, l’immeuble situé le long du canal comptera près de 200 unités, allant du studio à l’appartement de trois chambres, avec des loyers allant de 1500 à 3500 dollars par mois.
«Il est situé au bord du canal et de la piste cyclable de la rue Saint-Patrick. C’est donc bien sûr un bâtiment très séduisant», explique Chiara. Il précise que sa construction a coûté environ 50 millions de dollars et que sa conversion a coûté à peu près le même montant.
La société envisage d’autres conversions. Mais Chiara ajoute que tous les immeubles de bureaux ne présentent pas la configuration adéquate pour un usage résidentiel.
Dans le cas des bâtiments plus anciens, il estime que la démolition est parfois plus judicieuse. «Ils ont été construits à une époque où nous ne savions pas ce qu’était le respect de l’environnement. Et le nouveau produit, même si nous démolissons, sera plus écologique que ce que nous avions, même si nous l’avions conservé.»
Un projet comme celui-ci ne résoudra probablement pas la crise du logement à Montréal, mais Chiara pense que ces conversions pourraient aider. «L’augmentation du parc immobilier résidentiel pourrait exercer une certaine pression à la baisse sur les prix et permettra évidemment de disposer du parc immobilier nécessaire pour que les gens puissent vivre et/ou déménager au centre-ville», a-t-il déclaré. Il s’attend à ce que les locataires emménagent d’ici la fin de l’année.

