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Y a-t-il une explosion des rappels alimentaires au Québec?

Si la tendance globale n’augmente pas, une seule enquête sur des ingrédients importés a fait exploser le nombre de rappels secondaires en 2025-2026.

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Assiette - repas - rappel alimentaire (Envato Elements | Prostock-studio)

Certaines personnes peuvent avoir l’impression qu’il y a eu énormément de rappels alimentaires au cours de la dernière année au Canada, incluant le Québec, en raison notamment des nombreux avis de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Est-ce réellement le cas?

Pas tout à fait.

Selon l’ACIA, dans l’ensemble, les tendances en matière de rappels d’aliments au Canada sont demeurées relativement stables ces cinq dernières années. «L’ACIA surveille en moyenne quelque 155 incidents de rappel d’aliments chaque année», a-t-on indiqué à Noovo Info.

En 2025-2026, l’organisme de surveillance a noté 185 rappels primaires (incident de rappel initial) qui ont mené à un total de 504 rappels connexes (en lien avec les mesures prises pour d’autres produits dérivés ou liés qui contiennent l’élément fautif d’origine).

Des 185 rappels primaires, 73 étaient liés à des préoccupations de nature microbiologique (E. coli, Salmonella, Listeria, etc.), 57 relatifs à des allergènes, 37 à des matières étrangères, 12 à des préoccupations chimiques et six cas classés «autre».

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Si les chiffres des années précédentes démontrent effectivement une stabilité pour les rappels primaires (131 en 2024-2025, 171 en 2023-2024 et 153 en 2022-2023), une seule enquête sur des ingrédients importés a fait exploser le nombre de rappels secondaires qui est de 504 en 2025-2026 comparativement à 233 en 2024-2025, 249 en 2023-2024 et 253 en 2022-2023.

L’Agence canadienne d’inspection des aliments a précisé que cette hausse des cas de rappel alimentaire est principalement liée à l’éclosion d’infections à Salmonella liées à des pistaches et à des produits contenant des pistaches importés. «Au fil de l’enquête, les ingrédients en cause ont été retracés tout au long de la chaîne d’approvisionnement, ce qui a donné lieu à de nombreux rappels secondaires.»

La crise de cyclosporose aux États-Unis

Bien que les cas de cyclosporose aient augmenté aux États-Unis, le parasite ayant provoqué près de 7000 cas suspects ou confirmés à travers plus de 30 États en raison d’une laitue contaminée, l’ACIA affirme que «cela n’a pas eu d’incidence sur les tendances en matière de rappels d’aliments au Canada».

«D’après les renseignements fournis par les autorités américaines et le suivi effectué auprès des entreprises concernées, rien n’indique à l’heure actuelle que les produits liés à l’éclosion aux États-Unis aient été distribués au Canada», a-t-on précisé.

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Questionné par Noovo Info, le Dr Réjean Dion, médecin-conseil affilié à l’INSPQ, a souligné que le Québec connaît un pic saisonnier de cas de cyclosporose chaque année, habituellement en juillet. Il note que cette année, il semble y avoir eu une augmentation des cas — une hausse confirmée par le ministère de la Santé —, mais qu’en règle générale, on ne note pas de hausse significative. «Les cas sont surtout attribuables à des cas importés, c’est-à-dire provenant principalement de gens qui reviennent d’un voyage.»

Le parasite de la cyclosporose peut trouver refuge dans plusieurs aliments importés, principalement des fruits (framboises, mûres), des légumes (laitue, cresson, chou rouge, carotte, etc.) et des herbes aromatiques fraîches.

Le principal symptôme d’une infection à la cyclosporose réside dans une diarrhée aqueuse et profuse. «Les gens peuvent être malades pendant plusieurs jours et même plusieurs semaines», a souligné le Dr Dion.

Une chose rassurante selon le Dr Réjean Dion : il semble que le parasite se transmette difficilement d’une personne à l’autre. «Même si nous avons des cas importés, le risque de transmission à une autre personne est très faible.»

La situation au Québec

Le MAPAQ a fait savoir à Noovo Info par courriel qu’il n’existait pas de registre ou de base de données liés aux rappels alimentaires au Québec.

En parcourant le site Web du MAPAQ destiné aux rappels, on peut tout de même calculer rapidement qu’il contient plus de 350 avis de rappel alimentaire datant de 2026 et 2025. Les préoccupations reliées aux rappels sont nombreuses et diverses, qu’elles soient d’ordre microbiologique, chimique, allergénique ou liées à des matières étrangères.

Il est toutefois impossible de savoir, en un seul coup d’œil, le nombre d’avis de rappel alimentaire publiés par le MAPAQ chaque année au Québec, le détail sur les préoccupations principales de ces rappels ou encore d’avoir des comparatifs d’une année à l’autre.

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Noovo Info a aussi tenté d’obtenir des informations sur la situation des rappels alimentaires au Québec auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS), particulièrement en lien avec les rappels visant des risques de maladies alimentaires, mais n’a pas obtenu de retour au moment d’écrire ces lignes.

Rappels canadiens vs rappels provinciaux

Si l’Agence canadienne d’inspection des aliments et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation ont tous deux le mandat de protéger les consommateurs et qu’ils travaillent régulièrement en collaboration, ils œuvrent à différents niveaux.

L’ACIA, relevant du palier fédéral, gère la sécurité alimentaire à l’échelle nationale et internationale. L’organisation inspecte notamment les aliments importés au Canada (et ceux exportés vers d’autres pays), encadre les produits qui traversent les frontières interprovinciales et inspecte les grands abattoirs ainsi que les usines de transformation alimentaire enregistrés au fédéral.

Le MAPAQ est responsable, pour sa part, d’appliquer les lois québécoises sur la sécurité des aliments à l’intérieur des limites du Québec. Son travail se concentre notamment sur le commerce local et de détail (épiceries, restaurants, poissonneries, boucheries, etc.) ainsi que sur les abattoirs et les transformateurs provinciaux dont les produits sont vendus exclusivement dans la province.