L’employé de la Coalition avenir Québec (CAQ) qui a coulé de l’information sur une possible ingérence étrangère à des journalistes à l’insu de la cheffe, Christine Fréchette, conserve son poste. Elle affirme que cela était «malavisé» et que ce genre d’incident ne se reproduira plus.
«J’ai expliqué l’importance d’agir de manière différente pour la suite des choses. On a rencontré les équipes et il y a effectivement une personne qui a transmis un document», a dit Christine Fréchette en mêlée de presse, lundi, à Mont-Tremblant.
Radio-Canada a révélé dimanche que l’équipe de Christine Fréchette a commencé à contacter des journalistes dès le 12 septembre dernier pour les inciter à s’intéresser et à publier au sujet de textes du groupe de réflexion américain, le Defense Analyses and Research Corporation (DARC), qui propose notamment de soutenir financièrement le Parti québécois.
Le 25 septembre, le Journal de Montréal a créé la commotion en rapportant qu’Ottawa a mis en garde le gouvernement du Québec contre une possible ingérence étrangère américaine dans la campagne électorale.
«Considérant la nature délicate du sujet, il aurait fallu m’en parler avant de contacter des journalistes», a ajouté la cheffe caquiste.
Elle a tenté de minimiser les actions de son employé en affirmant que ce document du DARC n’était pas confidentiel, car il est disponible en ligne. «Il n’y a rien de criminel à envoyer un document qui est déjà public.»
Or, le Journal de Montréal indique dans son article que début septembre, un haut fonctionnaire du gouvernement Fréchette a reçu, de la part du fédéral, des écrits du DARC.
Questionnée sur cet élément, la cheffe caquiste est restée évasive. «Je ne peux pas analyser la véracité de cet élément-là», a-t-elle dit.
«Très préoccupée»
Rappelons que la journée de la sortie de cet article du Journal de Montréal, soit vendredi, Christine Fréchette a fait une courte déclaration dans laquelle elle a affirmé, avec gravité, être «très préoccupée» par «des informations sérieuses sur des possibles risques d’ingérence étrangère».
Plus tard, lors de cette même journée, le ton change. La cheffe caquiste admet qu’il «n’y a pas de nature à craindre pour l’intégrité du processus électoral québécois».
Que s’est-il passé entre ces deux moments? Christine Fréchette dit avoir eu des discussions avec les équipes du ministère de la Sécurité intérieure qui lui auraient dit que ce n’était pas quelque chose de «surprenant».
Radio-Canada indique également que la CAQ avait en sa possession les textes du DARC au moins dix jours avant d’en aviser le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). Le SCRS aurait répondu que «ces publications étaient déjà connues et publiques», toujours selon Radio-Canada.
«Une semaine en politique, c’est long»
Les tuiles s’accumulent pour la CAQ. Trois sondages publiés dimanche soir et lundi matin montrent une baisse des intentions de vote pour la formation politique.
Selon le coup de sonde Léger-Le Journal/TVA, la CAQ se retrouve même au quatrième rang derrière les péquistes, les libéraux et les conservateurs d’Éric Duhaime avec 16 % des intentions de vote.
Il s’agit d’un coup dur pour les troupes de Christine Fréchette alors qu’il ne reste qu’une semaine à la campagne électorale.
«Elle n’est pas finie, la campagne. On n’est pas à l’heure des bilans. Une semaine en politique, c’est long», a dit la cheffe caquiste.
Pour sa part, le Parti québécois trône toujours en tête avec 30 % des intentions de vote dans les trois sondages.
