L’épineux dossier de l’ingérence étrangère continue de hanter la Coalition avenir Québec (CAQ) au 32e jour de la campagne électorale. La cheffe caquiste, Christine Fréchette, a dû admettre que son équipe ne l’avait pas informée avant de couler des informations sur le sujet à des journalistes. Elle assure que la lumière sera faite.
Radio-Canada a révélé dimanche matin que l’équipe de Christine Fréchette a commencé à contacter des journalistes dès le 12 septembre dernier pour les inciter à s’intéresser et à publier au sujet de textes du groupe de réflexion américain, le Defense Analyses and Research Corporation (DARC), qui propose notamment de soutenir financièrement le Parti québécois.
Le 25 septembre, le Journal de Montréal a créé la commotion en rapportant qu’Ottawa a mis en garde le gouvernement du Québec contre une possible ingérence étrangère américaine dans la campagne électorale. On indique que début septembre, un haut fonctionnaire du gouvernement Fréchette a reçu, de la part du fédéral, des écrits du DARC.
«L’équipe aux communications ne me contacte pas avant de faire ses appels, ses démarches, ses stratégies-là», a admis Christine Fréchette en point de presse à Montréal dimanche.
Bombardée de questions par les journalistes, elle a affirmé que la situation n’était pas «souhaitable», qu’elle aurait dû être informée plus tôt, et qu’elle allait «faire la lumière» sur cette affaire.
«Peut-être qu’ils n’ont pas vu l’ampleur des risques associés à ça», a-t-elle ajouté. Christine Fréchette a été mise au courant de l’existence des textes du DARC seulement le 19 septembre, soit une semaine après que son équipe ait commencé à contacter des journalistes.
Rappelons que la journée de la sortie de cet article du «Journal de Montréal», soit vendredi, Christine Fréchette a fait une courte déclaration où elle a affirmé avec gravité être «très préoccupée» par «des informations sérieuses sur des possibles risques d’ingérence étrangère».
Plus tard, lors de cette même journée, le ton change. La cheffe caquiste admet qu’il «n’y a pas de nature à craindre pour l’intégrité du processus électoral québécois».
Que s’est-il passé entre ces deux moments ? Christine Fréchette dit avoir eu des discussions avec les équipes du ministère de la Sécurité intérieure qui lui auraient dit que ce n’était pas quelque chose de «surprenant».
Radio-Canada indique également que la CAQ avait en sa possession les textes du DARC au moins dix jours avant d’en aviser le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). Le SCRS aurait répondu que «ces publications étaient déjà connues et publiques», toujours selon Radio-Canada.
De l’argent pour l’audiovisuel
Christine Fréchette était à Montréal dimanche pour s’engager à créer un fonds de 200 millions $ pour «la pluralité de la production audiovisuelle indépendante québécoise» dans les 100 premiers jours d’un prochain mandat.
Les modalités de ce fonds devront être convenues avec le milieu audiovisuel et la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).
La Coalition avenir Québec veut bonifier de 10 % le crédit d’impôt pour services de production cinématographique ou télévisuelle (CSPC) afin de favoriser le tournage de productions étrangères au Québec.
On veut aussi élargir ce crédit d’impôt aux téléréalités québécoises.
Finalement, Christine Fréchette compte ajouter 100 millions $ au financement intérimaire de la SODEC. L’enveloppe atteindra donc un total de 200 millions $.
La CAQ chiffre ses différentes mesures à 420 millions $.

