Christine Fréchette s’est engagée, samedi à Nicolet, à continuer de limiter à 3 % la hausse des tarifs gouvernementaux. Elle a aussi validé que ce plafond serait appliqué aux tarifs d’hydro-électricité.
Il n’est pas dans l’intention de la première ministre sortante «de réviser cette approche» si son parti est réélu au pouvoir lors du scrutin du 5 octobre prochain.
Le plafonnement de l’indexation de plusieurs tarifs gouvernementaux doit prendre fin le 31 décembre 2026, en vertu de la Loi limitant l’indexation de plusieurs tarifs gouvernementaux, adoptée en 2022, alors que François Legault était premier ministre.
Dans un éventuel premier mandat d’un gouvernement Fréchette, cette mesure serait donc prolongée, a confirmé la cheffe d’Équipe Fréchette – Coalition avenir Québec (CAQ).
«C’est dans mes intentions de réduire au maximum le coût de la vie», a déclaré Mme Fréchette, interrogée sur le coût des services gouvernementaux en marge d’une conférence de presse électorale à l’École nationale de police (ENP), où elle a notamment promis l’ajout de nouvelles ressources policières.
La cheffe caquiste dit vouloir «donner aux Québécois plus d’oxygène», particulièrement dans un contexte d’incertitude économique lié à la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis.
Malgré les besoins d’Hydro-Québec
Cette promesse survient alors qu’Hydro-Québec prévoit des investissements de l’ordre de 200 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie afin de moderniser son réseau et d’accroître sa capacité de production.
Est-ce réaliste? Mme Fréchette croit que oui. Comme son prédécesseur, elle ne veut pas refiler directement cette facture aux Québécois et estime qu’Hydro-Québec peut aller chercher des revenus ailleurs.
«On est attractifs», a-t-elle fait valoir, en raison notamment d’une électricité «verte» et offerte à bas prix.
La première ministre sortante a également rappelé que l’entente de principe conclue avec Terre-Neuve-et-Labrador concernant Churchill Falls procure au Québec «une sécurité énergétique pour les 50 prochaines années».
«Dans les hypothèses d’Hydro-Québec, d’ici 2035, ça repose sur une hausse de 3 %», a aussi affirmé Christine Fréchette.
Hydro-Québec avait pourtant réagi, en mars, à une décision de la Régie de l’énergie qui accordait à la société d’État des revenus inférieurs à ceux qu’elle réclamait.
«Les ajustements imposés envoient un signal préoccupant et auront des conséquences concrètes pour les clients, particulièrement en matière de fiabilité du réseau et d’efficacité énergétique», avait écrit la société d’État dans un communiqué à la suite de la décision.
«Les montants en jeu totalisent 450 millions de dollars», ajoutait alors Hydro.
Pour l’année tarifaire débutant le 1er avril 2026, la Régie a finalement fixé la hausse moyenne à 3 % pour les clients résidentiels et à 3,8 % pour les clients généraux et industriels.
Hydro-Québec avait initialement demandé des augmentations annuelles de 4,8 % pour les entreprises et les institutions en 2026, 2027 et 2028.
À propos des tarifs gouvernementaux
La Loi limitant l’indexation de plusieurs tarifs gouvernementaux ne concerne pas les tarifs résidentiels d’Hydro-Québec, qui sont encadrés séparément.
Elle plafonne toutefois à 3 % l’indexation annuelle de nombreux tarifs gouvernementaux pour la période allant du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2026.
Le taux applicable correspond au plus faible entre le taux d’indexation normalement prévu et 3 %. Ainsi, lorsque le taux d’indexation prévu est inférieur à 3 %, la hausse l’est également.
Plafonnement de l’indexation des tarifs gouvernementaux: quelques services concernés
Liste non exhaustive
- SAAQ : permis de conduire et immatriculation des véhicules;
- Services de garde subventionnés : contribution réduite en CPE, en garderie ou en milieu familial reconnu;
- Éducation : droits de scolarité universitaires ainsi que certaines contributions et certains frais dans les cégeps et le réseau scolaire;
- Santé : notamment certaines contributions d’hébergement ainsi que des frais liés aux établissements publics de santé;
- Sépaq et parcs nationaux : notamment les droits d’accès;
- Faune : permis de chasse et de pêche;
- Circuit électrique : tarifs d’utilisation des bornes publiques de recharge rapide;
- Immigration Québec : notamment certains droits exigés lors de la présentation d’une demande;
- Registraire des entreprises : certains droits et frais;
- Régie des alcools, des courses et des jeux : certains permis et frais;
- La Financière agricole du Québec : certains tarifs applicables au secteur agricole;
- Services cadastraux et fonciers : certains produits et services du cadastre et du Registre foncier.
Source: ministère des Finances
Avec de l’information de La Presse canadienne

