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Churchill Falls : entente «historique» entre le Québec et Terre-Neuve

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Churchill Falls: Carney vante l'histoire hydro énergétique du Québec Citant les anciens premiers ministres Jean Lesage et Robert Bourassa, Mark Carney a vanté la façon a bâti son avenir en développant son réseau hydroélectrique lors de l'annonce de l'entente entre Québec et Terre-Neuve-et-Labrador, le 17 août 2026

Journée historique pour le Québec et Terre-Neuve qui en sont venus à un accord concernant l’exploitation du complexe de Churchill Falls. Au menu, mise à jour des installations existantes et développements de nouveaux projets.

L’entente, qui sera en vigueur jusqu’en 2077, permettra aux provinces du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador d’augmenter l’attribution des volumes d’énergie qui avaient préalablement été fixés en 2024 lors d’une entente qui a été revue.

La première ministre Christine Fréchette a accepté l’invitation de son homologue de Terre-Neuve-et-Labrador Tony Wakeham et s’est rendue ce jeudi à St. John’s pour l’annonce de l’entente. Le premier ministre canadien Mark Carney s’est également joint aux deux délégations pour l’occasion.

Le premier ministre du Canada a parlé d’une entente «historique» entre les deux provinces. Ottawa a d’ailleurs joué un rôle de facilitateur dans cette entente-cadre. Les détails finaux de cette entente seront fixés d’ici la fin de l’année 2026, a indiqué Mme Fréchette, confirmant que la signature finale se fera après la campagne électorale.

L’entente prévoit des investissements de plus de 50 milliards $ pour l’amélioration et la construction de projets hydroélectriques et éoliens, ainsi que des projets de lignes de transport.

Quels seront les projets ?

Une mise à niveau de la centrale de Churchill Falls permettra d’augmenter la puissance de production d’environ 23,5% de ce qui est présentement produit.

Le projet de Gull Island, qui prévoit la construction et l’exploitation d’une nouvelle installation de production d’électricité sur le fleuve Churchill, est également prévu dans l’entente-cadre.

On prévoit dans le développement du projet de Gull Island un nouveau barrage, au moins une nouvelle centrale électrique et un réservoir dont la longueur est actuellement estimée à 230 kilomètres.

On n’exclut pas la construction d’autres infrastructures temporaires ou permanentes au Labrador.

On mise également sur le développement d’un volet éolien qui sera exploité par Newfoundland and Labrador Hydro (NLH). Selon les documents de l’entente consultés par Noovo Info, on vise 2036 pour la finalisation des projets proposés ainsi que leur mise en service.

C’est la mise à jour de la centrale existante qui doit être mise en œuvre dans un premier temps.

L’entente de principe de 2024 prévoyait que le Québec bénéficierait de 7200 mégawatts (MW). Notons que la capacité totale de production d’Hydro-Québec via l’hydroélectricité est actuellement de 37 200 MW.

On prévoit désormais que le Québec pourra retirer 10 000 MW lorsque les projets seront complétés. Le total de la production à Churchill Falls pourra atteindre 14 000 MW.

Une entente retravaillée

Hydro-Québec et Newfoundland and Labrador Hydro sont copropriétaires de la centrale de Churchill Falls, au Labrador, en vertu d’un contrat signé en 1969 et qui doit expirer en 2041.

Les provinces avaient dévoilé en 2024 un accord-cadre visant à mettre fin à l’entente de 1969 et à établir un nouvel arrangement pour le partage de l’énergie et l’augmentation de la capacité de production du fleuve Churchill.

Toutefois, lorsque Tony Wakeham a été élu premier ministre de Terre-Neuve à l’automne dernier, il a soumis le projet d’accord à un examen indépendant et a renvoyé une équipe à la table de négociation.

Hydro-Québec achète actuellement l’électricité de la centrale de Churchill Falls à 0,2 cent par kilowattheure (kWh) pour la revendre à un prix plus élevé.

L’entente de 2024 prévoyait que le coût de la production prévue au-delà de 2035 est de 17 cents/kWh mais avec la nouvelle entente, Québec a pourra s’approvisionner jusqu’en 2077 «au coût avantageux» de 6 cents/kWh.

«Par ailleurs, Hydro-Québec pourra acheter les excédents de NL Hydro selon un mécanisme de prix préétabli», a indiqué la société d’État.

«Aucune entente sans nous», disent les premières nations

Dans une courte déclaration envoyée quelques heures avant la signature de l’accord, le conseil de la Nation Innu Matimekush-Lac John (MLJ) et Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam (ITUM) n’a pas manqué de rappeler aux autorités politiques que les premières nations se devaient d’être incluses dans l’entente et les discussions sur le mégaprojet.

«Notre participation et notre consentement sont obligatoires dans le cadre de toute entente concernant le mégaprojet hydroélectrique Churchill Falls, y compris toute modification et agrandissement du projet», ont-ils mentionné, soutenant que la centrale se trouve sur le Nitassinan, leur territoire traditionnel.

Les réactions avant les élections

Christine Fréchette a fait valoir lundi que l’entente n’est pas encore finale et que la réélection de la Coalition avenir Québec (CAQ) est nécessaire pour qu’elle se concrétise, selon elle.

«C’est nous qui avons construit l’ensemble de cette œuvre et c’est nous qui allons pouvoir la mettre en œuvre (...) C’est le fruit du travail de la coalition», a soutenu Christine Fréchette en point de presse à Saint-Jean de Terre-Neuve, lundi.

Le Parti québécois (PQ), qui caracole toujours dans les intentions de vote, a critiqué l’entente et a affirmé que Christine Fréchette n’avait pas la légitimité nécessaire pour la signer si près des élections.

«On sait que le PQ veut déchirer cette entente. Alors je leur dis : “Ben parfait, déchirez-la”. Mais qu’est-ce que vous proposez aux Québécois ? Quelle alternative offrez-vous aux Québécois ?» a-t-elle lancé.

Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, n’a pas tardé à réagir. «L’affirmation de Christine Fréchette à l’effet qu’un gouvernement du PQ va déchirer l’entente de Churchill Falls est tout simplement une fausseté», a-t-il écrit sur X lundi.

«La réalité est que personne n’a lu l’entente et que si l’entente est positive pour le Québec, évidement qu’un gouvernement du Parti Québécois aura intérêt à maintenir cette entente. (...) Tenter de faire croire aux Québécois que nous avons besoins d’un autre quatre ans de CAQ car il s’agirait la seule manière de faire vivre une entente dont on ne sait rien à ce jour est évidemment une manoeuvre électorale grossière», a ajouté Paul St-Pierre Plamondon.

Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, a salué les efforts d’Hydro-Québec pour une entente qui serait, selon lui, bénéfique pour accroître la production d’électricité du Québec et pour assurer son développement économique.

M. Milliard a toutefois ajouté qu’après une première analyse, il lui apparaît clair que cette entente aura des impacts à court terme «sur les finances publiques et sur les tarifs des Québécois».

«Un gouvernement du PLQ analysera pleinement cette entente pour s’assurer qu’elle est optimale pour les Québécois avant une ratification finale», a-t-il souligné sur les réseaux sociaux.

«Retourner à la case départ aujourd’hui serait dommageable pour le développement économique du Québec et nous travaillerons activement à soutenir Hydro-Québec dans son développement», a ajouté le chef libéral.

La porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a affirmé qu’une entente de cette ampleur devait servir les intérêts des Québécois «pour les 50 prochaines années, pas les intérêts électoraux de la CAQ».

«Trop d’inconnus demeurent pour savoir s’il s’agit vraiment d’une bonne entente. Quels sont les scénarios sur lesquels s’est basé la CAQ pour aller de l’avant ? Qu’est-ce qui a été cédé à TNL pour les satisfaire et satisfaire Ottawa?», a-t-elle fait valoir dans une déclaration écrite, ajoutant qu’«on ne peut s’entendre sans consultation réelle des Premières Nations dont le territoire sera impacté».

Mme Ghazal a indiqué que, si elle devenait première ministre, elle s’engageait «à faire preuve de transparence (...) sur les coûts, les risques et les bénéfices pour le Québec, et de ne signer que si cela avantage réellement les Québécoises et les Québécois».

Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a réitéré que la première ministre cherchait «à précipiter la signature de cette entente à des fins électoralistes».

«Cela dit, le PCQ est en faveur d’une augmentation de la production d’énergie au Québec et, advenant que nous détenions la balance du pouvoir, nous collaborerons avec le parti au pouvoir afin de nous assurer que cette entente soit avantageuse pour l’ensemble des Québécois. Le Québec doit redevenir une puissance énergétique en exploitant nos richesses naturelles, comme l’hydro-électricité, le gaz naturel et, possiblement, le nucléaire», a-t-il affirmé sur les réseaux sociaux.

Avec de l’information de la Presse canadienne