Le Parti québécois formera un gouvernement minoritaire à l’issue de l’élection provinciale du 5 octobre. Ce retour spectaculaire était plutôt attendu par les sondeurs.
L’expert derrière la plateforme QC125, Philippe J. Fournier, a rappelé à l’émission spéciale sur les ondes de Noovo Info mardi que le parti péquiste était en avance dans les intentions de vote une semaine avant le jour du scrutin, mais aussi que la CAQ était en chute libre.
«La CAQ était en train de tomber. On se demandait si c’était possible que la division du vote favorise le PQ et puisse s‘envoler avec 70 circonscriptions; ce qui était possible...», a noté l’expert en modélisation statistique.
Or, d’après les résultats préliminaires du scrutin, le PQ a selon toute vraisemblance obtenu 59 sièges lundi, récoltant 28% du vote populaire, ce qui ne permet pas d’avoir un gouvernement majoritaire, car il fallait obtenir au moins 64 sièges dans une nouvelle carte électorale à 127 circonscriptions.
«La CAQ est tombée en flèche mais le PQ n’a pas pu récupérer un seul nouveau vote. C’est le PLQ et le PCQ qui les ont récoltés. C’est un signe que le PQ avait un plafond.»
— Philippe J. Fournier, expert de la plateforme agrégatrice de sondages QC125
Le parti a su tirer parti du désir de changement des Québécois après les huit ans au pouvoir de la Coalition avenir Québec (CAQ).
En effet, le parti de Christine Fréchette n’a remporté aucun siège lors du scrutin. Ils ont eu environ 13% des voix, selon les premiers résultats.
«Au début de la soirée électorale, la CAQ était bel et bien en avance dans plusieurs comtés», a indiqué Philippe J. Fournier, précisant qu’il s’agissait des votes par anticipation, «une machine électorale redoutable pour la CAQ».
«Le jour du vote, les votes se sont effondrés comme on a vu dans les sondages au cours de la dernière semaine», a-t-il ajouté. «La baisse de la CAQ a été généralisée.»
À la fin de la soirée électorale, la cheffe caquiste, Christine Fréchette, a dit assumer «l’entière responsabilité» de la défaite.
Les autres partis
Pour le fondateur de la plateforme QC125, la victoire de Québec solidaire (QS) dans neuf circonscriptions, notamment à Montréal, était une surprise.
«On a vu des résultats très serrés. QS a vraiment tenu le fort même s’ils ont perdu trois circonscriptions aux mains des libéraux», a-t-il dit.
De son côté, le Parti libéral du Québec (PLQ) a renforcé sa position d’opposition officielle après avoir plus que doublé son nombre de sièges à l’Assemblée nationale, passant de 18 à 40 députés.
La remontée du Parti conservateur du Québec (PCQ) n’a pas été une surprise pour les sondeurs.
Le parti d’Éric Duhaime sera représenté par 19 députés à Québec.
Le PCQ a raflé ses circonscriptions dans cinq régions: Chaudière-Appalaches, la Capitale-Nationale, le Centre-du-Québec, l’Estrie et la Mauricie. La victoire conservatrice dans Louis Hébert a été une surprise face au PQ, a indiqué Philippe J. Fournier. «C’était une course serrée», a-t-il dit.
Avec des informations de La Presse canadienne