Les Québécois vont élire 127 députés le 5 octobre prochain au lieu de 125, comme ce fut le cas lors des dernières élections, en 2022.
Le nombre de circonscriptions a augmenté en juin dernier après l’adoption d’un projet de loi à l’Assemblée nationale pour ajouter deux circonscriptions électorales: Bellefeuille, dans la grande région des Laurentides et de Lanaudière, ainsi que Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie, dans la grande région de l’Estrie et du Centre-du-Québec.

C’est la première fois depuis l’élection de 1989, qui avait reconduit au pouvoir Robert Bourassa, que le nombre de circonscriptions augmente. Celui-ci était alors passé de 122 à 125.
Cette nouvelle loi, qui va aussi mettre en place «un processus de modernisation des critères», est la conclusion d’une longue saga.
En 2023, la Commission de la représentation électorale du Québec (CRE) a présenté une nouvelle carte électorale qui faisait notamment disparaître une circonscription en Gaspésie et une dans l’Est de Montréal.
Cette nouvelle carte électorale a été décriée par l’ensemble des partis politiques représentés à l’Assemblée nationale, qui ont voté une loi en mai 2024 pour suspendre le redécoupage électoral.
Or, la Cour d’appel a jugé que cette loi était «inconstitutionnelle» et «inopérante» le 1er décembre 2025. Une décision confirmée ensuite par la Cour suprême.
Le ministre sortant des Institutions démocratiques, Jean-François Roberge, a déposé le projet de loi 3 en mai dernier visant à ajouter deux circonscriptions. Or, le député indépendant Youri Chassin s’opposait à la pièce législative et a tenté d’en stopper l’adoption, en vain.
En avril dernier, le directeur général des élections (DGEQ), Jean-François Blanchet, avait affirmé que l’ajout de deux circonscriptions à seulement quelques mois des élections pourraient «compromettre la qualité, voire l’intégrité du prochain scrutin».
Il a rappelé que «l’adoption d’une nouvelle carte électorale doit avoir lieu au moins six mois avant la tenue d’une élection».
On ajoute que la CRE «dénonce le fait que les élus s’approprient un processus qui doit demeurer neutre et impartial».
Délimitation des circonscriptions
À toutes les deux élections, la carte électorale doit être revue. La CRE est alors mandatée pour établir les nouvelles limites, en respectant plusieurs étapes et critères.
Voici comment ça fonctionne, selon l’information disponible chez Élections Québec.
D’abord, afin que le poids du vote d’un électeur soit sensiblement le même peu importe la circonscription, la CRE se fie à un calcul mathématique décrit par la Loi électorale afin que le nombre d’électeurs dans une circonscription ne soit ni inférieur ni supérieur à plus de 25 % de la moyenne provinciale.
Seules les Îles-de-la-Madeleine ont un statut légal particulier qui permet aux électeurs d’être représentés par un député même si leur population est largement inférieure aux autres circonscriptions. Le gouvernement lui a accordé ce statut unique en 1895.
Donc, se basant notamment sur la démographie et la géographie, la CRE prépare une proposition de délimitation des circonscriptions, qui sera ensuite rendue publique afin de consulter la population et les élus.
Après les consultations publiques, la CRE dépose à l’Assemblée nationale une seconde proposition, qui fera l’objet d’un débat auprès des députés.
Finalement, une délimitation finale des circonscriptions électorales du Québec est établie par la Commission de la représentation électorale.
Pour l’année 2026, les deux nouvelles circonscriptions, qui avaient été proposées par la Commission de la représentation électorale, ont été ajoutées. La nouvelle loi adoptée à l’Assemblée nationale a également permis la modification de 39 circonscriptions, alors que la CRE proposait d’en modifier 51. La loi maintient donc les délimitations établies en 2017 de 12 circonscriptions dans les régions de l’Île-de-Montréal et de la Gaspésie–Bas-Saint-Laurent.
Avec des informations de La Presse canadienne

