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Politique tarifaire et rhétorique: Trump ne vise pas le Canada, selon l’ambassadeur américain

«Nous n’avons pas pris le Canada pour cible.»

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U.S. Ambassador to Canada Pete Hoekstra and a merged U.S.-Canada flag are shown in this combination photo. (AP Photo/Cara Anna) Sur cette photo composite, on peut voir l'ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, ainsi qu'un drapeau fusionnant les couleurs des États-Unis et du Canada. (AP Photo/Cara Anna et CTV News)

L’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, insiste sur le fait que le président américain Donald Trump ne vise pas le Canada avec sa politique tarifaire ni avec ses propos passés selon lesquels il n’a besoin de rien de la part de l’un de ses plus proches alliés.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«Nous avons imposé des droits de douane à tous les pays du monde. Nous n’avons pas visé le Canada», a soutenu M. Hoekstra lors d’une entrevue télévisée exclusive avec Vassy Kapelos, correspondante politique en chef de CTV News.

«Nous avons adopté une politique que nous mettions en œuvre à l’échelle mondiale et que nous estimions nécessaire pour préserver la force et la prospérité de l’Amérique.»

—  Pete Hoekstra, ambassadeur des États-Unis au Canada

L’année dernière, les États-Unis ont imposé des droits de douane «réciproques» globaux de 10 % en vertu de la Loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux (IEEPA), que la Cour suprême des États-Unis a invalidée en février dernier. Depuis, l’administration Trump a imposé des droits de douane globaux de 10 % sur la plupart des importations en vertu d’une autre loi, mais la plupart des marchandises visées par l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) en sont exemptées.

Les États-Unis ont toutefois continué d’imposer divers droits de douane — invoquant la sécurité nationale — qui touchent les exportations canadiennes telles que l’acier, l’aluminium, le cuivre et le bois d’œuvre. Ces droits de douane ont été imposés avant les droits «réciproques» globaux et ont fait suite à de nombreuses railleries du président qualifiant le Canada de « 51e État ».

Donald Trump a également continué de laisser entendre que les États-Unis n’ont pas besoin du Canada ni de ses produits.

En réponse, le premier ministre Mark Carney a publiquement souligné l’objectif du gouvernement fédéral de diversifier ses partenaires commerciaux, ainsi que sa volonté de mettre en œuvre une politique « Achetez canadien » qui exige que les marchés publics fédéraux — en particulier dans les domaines de la défense et des grandes infrastructures — accordent la priorité aux produits fabriqués au Canada et aux travailleurs canadiens.

Dans un discours prononcé en janvier au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, M. Carney a affirmé que l’ordre international fondé sur des règles et dirigé par les États-Unis avait subi une «rupture» permanente et a affirmé que les «grandes puissances» utilisaient l’intégration économique comme une « arme ».

Pressé à plusieurs reprises par Mme Kapelos de préciser s’il devait interpréter la position du Canada à la lumière de la rhétorique et de la politique tarifaire de Trump, M. Hoekstra a répondu que les États-Unis ne réagiraient pas de cette manière.

«Nous examinerions la situation de notre milieu des affaires, où nous obtenons de bons résultats. Nous n’irions pas voir notre plus important partenaire commercial pour lui dire qu’il y a une rupture et que nous allons en fait nous tourner vers d’autres horizons», a dit M. Hoekstra.

Interrogé de nouveau sur la rhétorique de Trump, qui conduirait le Canada à hésiter à s’intégrer davantage aux États-Unis, l’ambassadeur a rétorqué que le président était «disposé à faire affaire avec le Canada».

«Seuls deux pays ont réagi de manière très négative», a ajouté M. Hoekstra. «Avec le reste du monde, nous avons négocié des accords commerciaux. Nous avons travaillé sur des cadres de collaboration et ce genre de choses. Nous n’avons pas pris le Canada pour cible.»

Plus récemment, M. Hoekstra a présenté les remarques de Trump comme un signe que les États-Unis sont ouverts aux propositions et a exhorté le Canada à mettre en avant ses atouts dans les secteurs de l’automobile, de l’énergie et des ressources.

En mai dernier, M. Carney avait fait valoir, lors d’un discours devant des chefs d’entreprise à New York, qu’« un Canada fort contribuera à rendre l’Amérique grande à nouveau ».

Lorsqu’il a été interrogé par M. Kapelos sur la question de savoir si ces commentaires pouvaient contribuer à améliorer les relations entre les deux pays, M. Hoekstra a répondu que oui, « à condition qu’ils soient cohérents ».

La date limite pour l’examen de l’ACEUM approche

La date limite pour le renouvellement ou la révision de l’ACEUM approche, le 1er juillet. C’est à cette date que les responsables des trois pays doivent informer leurs homologues s’ils souhaitent renouveler l’accord commercial pour une période de 16 ans ou s’ils acceptent un processus de révision annuel.

Le Canada et le Mexique ont tous deux déjà officiellement déclaré vouloir obtenir une prolongation de 16 ans de l’ACEUM, mais la position des États-Unis reste incertaine sous l’administration Trump.

Lorsqu’on lui a demandé si M. Trump lui avait fait part de sa position actuelle sur l’accord commercial trilatéral, M. Hoekstra a répondu qu’il laisserait au président le soin de «préciser clairement quand exactement il sera prêt à faire une annonce».

Pressé de donner un échéancier à ce sujet, M. Hoekstra a indiqué que cela pourrait avoir lieu avant la date limite de l’ACEUM prévue la semaine prochaine, ou au cours du mois de juillet, ajoutant : « Je ne pense pas que cela se prolongera jusqu’en août. »

Il a également soutenu à Vassy Kapelos que les deux pays étaient «loin d’être prêts à annoncer un quelconque cadre ou accord provisoire».

En octobre dernier, le Canada et les États-Unis étaient sur le point de conclure une entente sur les tarifs sectoriels, mais une campagne publicitaire anti-tarifs lancée par l’Ontario a fait dérailler ces plans.

Jeudi, on a demandé au premier ministre de réagir aux derniers commentaires de M. Hoekstra à CTV News. Il a indiqué que le Canada n’accepterait pas un «mauvais accord» avec Trump.

«Ce que j’ai constaté avec le président, c’est qu’on n’est pas près de conclure un accord, et puis tout à coup, on conclut un accord», a exprimé M. Carney. «Cela ne signifie pas que ces ententes sont bonnes, mais cela signifie qu’il faut être prêt, avoir fait le travail nécessaire et savoir ce que l’on veut.»

Le ministre du Commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, doit rencontrer ses homologues américain et mexicain le 1er juillet à l’occasion de la première réunion trilatérale officielle visant à examiner conjointement l’ACEUM.