L’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, affirme qu’en ce qui concerne l’examen en cours par le Canada du programme d’avions de chasse F-35, une éventuelle flotte mixte ne mettra pas le NORAD en péril.
Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.
«Une seule décision ne va pas tuer le NORAD», a dit M. Hoekstra lors d’une entrevue exclusive diffusée à la télévision avec Vassy Kapelos, correspondante politique en chef de CTV News.
«Ce que nous chercherons toujours à déterminer, c’est la capacité totale dont nous estimons avoir besoin pour assurer la sécurité des États-Unis, de l’Amérique du Nord et de l’hémisphère occidental face aux menaces qui pèsent sur nous», a-t-il ajouté par la suite.
Depuis plus d’un an, l’achat prévu en 2023 par le gouvernement fédéral de plusieurs dizaines d’avions de chasse F-35 auprès de la société américaine Lockheed Martin fait l’objet d’un examen, lancé dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis. Sur les 88 appareils prévus dans l’entente initiale, 16 sont actuellement en production.
De son côté, la société suédoise Saab s’est lancée dans la course dans le cadre de l’examen en cours, proposant ses avions de chasse Gripen au gouvernement fédéral avec la promesse de les produire au Canada et de créer jusqu’à 10 000 emplois dans les secteurs de la fabrication et de la recherche.
Plusieurs sources de l’industrie ont indiqué à CTV News que le gouvernement fédéral envisageait une flotte mixte d’avions de chasse qui pourrait dépasser son objectif initial de 88 appareils.
Le ministre de la Défense, David McGuinty, n’a pas écarté cette possibilité lors d’une entrevue accordée à l’émission Power Play de CTV plus tôt ce mois-ci, affirmant que le gouvernement fédéral examinait l’ensemble des besoins des forces armées, et pas seulement ceux de la Force aérienne.
Les dernières remarques de M. Hoekstra marquent un revirement par rapport aux commentaires qu’il avait formulés à CTV News il y a plus d’un an.
Lors d’une entrevue accordée à Mme Kapelos en mai dernier, M. Hoekstra a laissé entendre que le NORAD – l’alliance de défense entre le Canada et les États-Unis – pourrait être menacé si le Canada renonçait à son projet d’achat d’avions de chasse F-35.
«Si les Canadiens pilotent un type d’avion et que nous en pilotons un autre, ils ne sont plus interchangeables», avait déclaré M. Hoekstra à l’époque. «Cela pourrait donc même menacer le NORAD, sans parler des nouvelles alliances qui promettent encore plus de sécurité et de sûreté à nos populations.»
Mais lors de sa dernière entrevue avec CTV News, lorsqu’on lui a demandé si l’alliance était menacée dans l’éventualité où le Canada opterait pour une flotte mixte, M. Hoekstra a souligné que les États-Unis «examineraient toute une série de décisions».
«Si vous achetez des chasseurs qui ne s’intègrent pas aux technologies de pointe et au meilleur avion au monde, ils ne comptent pas vraiment comme des avions à part entière», a dit M. Hoekstra à Vassy Kapelos.
«Ils sont performants et tout ça, mais s’ils ne peuvent pas s’interconnecter avec un F-35, c’est un problème.»
— Pete Hoekstra, ambassadeur des États-Unis au Canada
La chef d’état-major «ne s’inquiète pas» quant à la dotation en personnel pour les avions de chasse
Dans une entrevue exclusive accordée à l’émission CTV Question Period, qui sera également diffusée dimanche, la chef d’état-major de la Défense du Canada, la générale Jennie Carignan, a indiqué que les forces armées avaient clairement fait part au gouvernement fédéral de leurs besoins en matière d’avions de chasse.
«De mon point de vue, nous avons décrit les capacités dont nous avons besoin», a déclaré Mme Carignan à Mme Kapelos. «Nous avons clairement présenté les options quant à ce qui était requis, et maintenant, le gouvernement prendra la meilleure décision possible en fonction de cela.»

L’automne dernier, Mme Carignan avait indiqué que, malgré l’examen en cours, les Forces armées canadiennes continuaient d’aller de l’avant avec leurs préparatifs en vue de l’arrivée des avions F-35, ce qui comprend la formation des pilotes et les besoins en infrastructure.
Un rapport du vérificateur général datant de 2025 a toutefois révélé qu’une pénurie de pilotes qualifiés pourrait entraver la transition des CF-18 aux F-35, indiquant que le calendrier de formation prévu « ne permettrait pas de former suffisamment de pilotes d’ici 2032-2033 pour atteindre les effectifs requis pour la pleine capacité opérationnelle ».
«Pour rendre la flotte de CF-35A pleinement opérationnelle, l’Aviation royale canadienne aura besoin d’un plus grand nombre de pilotes formés», souligne également le rapport.
Interrogée par Mme Kapelos sur la capacité des Forces armées à doter plus de 88 avions de chasse en personnel, Mme Carignan a répondu qu’elle n’était «pas inquiète».
«Le plan est élaboré et mis en œuvre en fonction de la séquence d’arrivée des avions de chasse», a soutenu Mme Carignan.
«Nous n’allons pas en recevoir 88 d’un seul coup. Ils arriveront progressivement, et nous travaillons actuellement à l’identification du personnel adéquat», a-t-elle ajouté.

