Politique

Les lignes directrices sur les centres de données d’IA se heurtent à une certaine résistance

Plusieurs soulèvent des préoccupations environnementales sur le sujet.

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A group of people are pictured outside on a sunny day, hoisting signs against the proposed data centre.
New Brunswick protest over AI data centre Des manifestants défilent devant l'édifice de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, à Fredericton. (Anna Mandin/CTV News Atlantic)

Le nouveau cadre d’Ottawa pour encadrer le développement des centres de données d’intelligence artificielle ne parvient pas à convaincre les détracteurs.

Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.

Le gouvernement fédéral a dévoilé jeudi cinq principes visant à répondre aux préoccupations grandissantes concernant ces centres, notamment l’obligation de réduire au minimum la consommation d’eau et les dommages environnementaux, l’engagement de veiller à ce que les coûts d’électricité ne soient pas répercutés sur les Canadiens, et l’engagement à faire preuve de transparence quant aux projets.

Mais ce cadre n’a aucune force juridique, et les détracteurs affirment que rien n’empêche vraiment les entreprises de passer outre ces principes.

«Pour la plupart de ces points, si les entreprises exploitant des centres de données décident de ne pas respecter l’un de ces engagements, quelles en seront les conséquences? D’après ce que je comprends, il n’y aura aucune conséquence de la part du gouvernement fédéral», a déclaré Dru Jay, directeur général du Conseil des Canadiens.

«Je pense qu’il faut bien comprendre que le gouvernement fédéral se décharge de ses responsabilités en disant qu’il ne fera rien pour faire respecter les normes. Il ne fera respecter aucune norme de transparence. Il ne fera respecter aucune norme relative à l’impact environnemental.»

—  Dru Jay, directeur général du Conseil des Canadiens.

Le cadre bénéficie toutefois de l’appui de la Fédération canadienne des municipalités, tandis que 23 entreprises l’ont également signé.

Parmi elles, on trouve Amazon Web Services, Google, Microsoft, Meta, OpenAI et Anthropic.

Evan Solomon, le ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, a soutenu que ces engagements avaient de la valeur même si les entreprises ne sont pas légalement tenues de les respecter.

«C’est rassurant de savoir que, dès le départ, les chefs de file de l’industrie ont reconnu que les normes communautaires sont élevées.»

«Il y a un intérêt public là-dedans»

Le gouvernement Carney milite en faveur du développement de centres de données d’IA, en faisant valoir qu’ils stimuleront l’innovation et contribueront à assurer la croissance économique future.

Mais les inquiétudes grandissent quant à la quantité d’eau et d’électricité que ces centres consommeront — et à la question de savoir si ce sont les collectivités qui les accueillent qui devront en payer le prix.

La cheffe du Parti vert, Elizabeth May, a soulevé des préoccupations similaires en juin.

«Les centres de données utilisent d’énormes quantités d’énergie et d’eau. Ils ont des répercussions sur les réseaux locaux, les bassins versants, les collectivités et l’abordabilité. Avant que des fonds publics ou des approbations soient accordés à ces projets, le gouvernement doit dire aux Canadiennes et aux Canadiens exactement combien d’électricité et d’eau ils utiliseront, qui paiera, et quelles protections seront en place», a-t-elle dit.

Ces préoccupations ont déjà poussé deux collectivités ontariennes — Sault Ste. Marie et Oakville — à suspendre le développement de centres de données.

Des manifestations ont aussi eu lieu dans des villes partout au pays.

«Je pense que beaucoup de collectivités se rendent compte que c’est un désastre pour elles», a expliqué M. Jay. «Et donc, le gouvernement fédéral essaie de prendre les devants.»

C’est aussi pour ça que les néo-démocrates fédéraux réclament une pause.

«Je pense que c’est vraiment important que les parlementaires et les législateurs de partout au pays comprennent les enjeux, les avantages et les risques avant qu’on laisse ce qui est en réalité le secteur privé — et, dans bien des cas, des milliardaires de la tech — foncer tête baissée», a affirmé Don Davies, chef parlementaire du NPD.

« Il y a un intérêt public là-dedans. Ce sont des ressources publiques qui sont utilisées.»