Amelia Robitaille et son mari ont une politique stricte en ce qui concerne le partage de photos de leur fille de trois ans: pas de médias sociaux, et uniquement en privé avec les amis et la famille.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Ainsi, lorsque la garderie que fréquente leur fille leur a envoyé un formulaire de consentement pour publier ses photos sur sa page Facebook, elle a refusé.
«En tant que parents, nous avons le devoir de protéger nos enfants ainsi que leur image jusqu’à l’âge de 14 ou 15 ans, moment où ils sont en mesure de donner leur consentement ou de le refuser par eux-mêmes», a soutenu Mme Robitaille.
Mais lorsqu’ils ont reçu les photos de remise de diplôme de leur fille, ils ont remarqué que les arrière-plans semblaient étranges. Sur l’une d’elles, leur fille se tenait devant un château.
Ils ont découvert que la garderie avait utilisé un site Web tiers qui recourait à l’IA pour générer l’arrière-plan. Elle a expliqué que lorsqu’elle a contacté la garderie, celle-ci n’avait pas conscience des problèmes que cela pouvait causer.
«Ils ont essentiellement dit qu’ils n’avaient jamais envisagé les dangers que cela pouvait poser, ce qui était extrêmement préoccupant.»
— Amelia Robitaille
Bien que bouleversée, Mme Robitaille ne souhaite pas pointer du doigt cette garderie en particulier, mais plutôt sensibiliser le public à l’ignorance généralisée concernant les dangers liés au téléchargement de photos d’enfants sur ces sites Web, et à l’endroit où elles pourraient finir.
«Sa photo et son image peuvent désormais être utilisées et vendues à n’importe qui», a-t-elle affirmé. «Elle pourrait se retrouver sur une publicité quelque part dans le monde pour un produit… ou pire encore, sa photo pourrait être utilisée dans du matériel pédopornographique, ce qui est vraiment sinistre.»
L’analyste en technologie Carmi Levy affirme que les parents doivent y réfléchir à deux fois avant de publier des photos, aussi mignonnes soient-elles.
«Qui ne voudrait pas d’une photo géniale de son enfant? Il semble inoffensif et anodin d’utiliser l’IA pour ajouter un arrière-plan, modifier un élément au premier plan ou faire quoi que ce soit de ce genre, tout ce qui permet d’obtenir une meilleure photo», a-t-il expliqué. «Cependant, cela comporte des implications très graves en matière de vie privée, car ce que vous faites, c’est partager cette photo, cette image d’un enfant dans ce cas-ci, avec une plateforme qui utilisera ensuite cette information de toutes sortes d’autres façons qui échappent complètement à votre contrôle.»
M. Levy a souligné qu’une fois qu’une photo est en ligne, les gens n’ont pratiquement aucun recours.
«C’est une zone de flou juridique. Il n’existe aucune protection légale pour les parents ou les enfants face aux entreprises qui font un usage abusif des données personnelles de cette manière, et celles-ci restent souvent impunies, car il n’y a tout simplement aucune sanction légale à leur encontre.»
— Carmi Levy, analyste en technologie
Bien que la loi n’ait pas encore rattrapé la technologie, M. Levy a indiqué que les parents pouvaient prendre certaines mesures pour protéger l’image et la vie privée de leur enfant.
«Ne publiez jamais d’images de votre enfant sur les médias sociaux, sous quelque forme que ce soit», a-t-il conseillé. «Et comme l’IA est de plus en plus omniprésente, n’utilisez pas d’outils photographiques basés sur l’IA, car vos images pourraient alors se retrouver utilisées dans le processus d’apprentissage de la plateforme d’IA.»
Mme Robitaille a déclaré qu’elle espérait que les autres parents y réfléchiraient à deux fois avant d’utiliser ces outils.
«J’invite tous les parents à vérifier auprès de leurs enseignants et de leurs garderies quelles sont leurs politiques en la matière», a-t-elle exprimé.

