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«Venger les citoyens»: les propos du chef du SPVM «n’étaient pas appropriés», estime le ministre Lapointe

Les excuses du directeur Fady Dagher sont donc les bienvenues, aux yeux du gouvernement.

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SPVM: «Ce qui est important, c'est la confiance de la population»

Le nouveau ministre de la Sécurité intérieure, Guy Jr Lapointe, estime que les récents propos du chef du Service de police de la Ville de Montréal qui veut «venger les citoyens» victimes d’acte racistes et discriminatoires n’avaient pas leur place.

M. Lapointe de passage à Montréal pour rencontrer la directrice générale de la Sûreté du Québec (SQ), Johanne Beausoleil, a toutefois salué vendredi les excuses fournies par M. Dagher à la suite de sa déclaration.

Le ministre de la Sécurité intérieure dit suivre de «très près» l’évolution de la situation au SPVM, qui est en crise dans la foulée des allégations de comportements inappropriés au sein de son personnel, mais n’entend pas s’ingérer dans les dossiers... Pas sans connaître les conclusions d’enquêtes criminelles en cours.

«Ils ont pris une décision administrative et ça leur appartient», a dit M. Lapointe, lui-même ancien policier et ex-inspecteur-chef de la SQ, au sujet de récents congédiements. «Moi, je ne veux pas me mêler de ce processus-là. Ce n’est pas moi qui suis le patron de M. Dagher et je n’ai pas les éléments que M. Dagher a en main.»

Les médias de Québecor ont rapporté vendredi que des plaintes de policiers faites anonymement auprès du Commissaire à la déontologie policière visent le chef Dagher. Ces plaintes seraient déposées dans le contexte où de sept policiers ont été renvoyés. Ils auraient commis des actes discriminatoires ou racistes dans les dernières années.

Étant donné le caractère anonyme des plaintes, selon ce qui est rapporté, on ignore si ce sont les policiers mis à la porte qui les ont formulées.

Dans un courriel envoyé à Noovo Info, le SPVM indique que «le Commissaire à la déontologie policière étant un organisme indépendant du Service de police de la Ville de Montréal», il est impossible pour le département de «confirmer le dépôt d’une plainte ou non».

Le ministre Lapointe a d’ailleurs mentionné que ce sera au Commissaire de trancher si les paroles vengeresses de M. Dagher constituent un «manquement déontologique ou pas».

Le ministre n’a pas voulu mentionner s’il garde confiance en M. Dagher pour gérer les tumultes au sein du SPVM. Aux yeux du ministre, le plus important est que le lien de confiance entre le corps policier et la population soit toujours solide.

«Ce qui est important, ce n’est pas ma confiance à moi», s’est contenté de déclarer M. Dagher. «C’est la confiance de la population. La mairesse [Soraya Martinez Ferrada, NDRL) a confiance en lui – elle l’a réitéré.»

«Moi, ce que je souhaite, c’est que la population ait confiance en sa police.»

—   Guy Jr Lapointe, ministre de la Sécurité intérieure

Le SPVM a congédié des agents en lien avec les scandales des postes de quartier (PDQ) 21 et 39.

Les licenciements de ces cinq agents du PDQ 39 et deux agents du PDQ 21 sont en lien avec les allégations de gestes discriminatoires et racistes ainsi que des actes dérogatoires, a confirmé le directeur Fady Dagher.

Cette mesure dite «exceptionnelle» était nécessaire selon le chef du SPVM qui croit qu’il en allait du «lien de confiance» avec les citoyens, de «l’intérêt public», de «la sécurité de la population», ainsi que de celle des policiers et des policières.

Le ministre Lapointe a d’ailleurs répété plusieurs fois vendredi qu’il serait «extrêmement troublant» si les faits allégués devaient s’avérer. «On va attendre de voir les conclusions [de l’enquête]», a conclu M. Lapointe.