Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a congédié sept de ses agents en lien avec les scandales des postes de quartier (PDQ) 21 et 39.
Les licenciements de ces cinq agents du PDQ 39 et deux agents du PDQ 21 sont en lien avec les allégations de gestes discriminatoires et racistes ainsi que des actes dérogatoires, a confirmé le directeur Fady Dagher en point de presse au quartier général du SPVM, lundi en fin d’après-midi.
Le chef Dagher avait prévenu vendredi dernier qu’on verrait en novembre d’importantes conséquences aux gestes qui auraient été posés par des membres de son corps policier.
Nous sommes le 2 novembre et voilà que de nombreux agents perdent leur poste. Six d’entre eux étaient déjà suspendus.
«Des comportements malveillants»
Le SPVM a promis de faire la lumière sur les faits rapportés et des enquêtes criminelles sont en cours. La procédure «administrative» du congédiement des sept agents est «indépendante des démarches d’enquête en cours», a précisé le directeur Dagher en conférence de presse au quartier général du SPVM.
«Je vous avais promis la vérité et des conséquences», a dit M. Dagher en s’adressant aux «victimes» des gestes de policiers. «Vous avez la vérité à mesure que l’enquête [permet de la dévoiler], et les conséquences.»
M. Dagher affirme que la direction du SPVM a «évalué différentes options» avant de statuer sur le congédiement des sept agents, une «mesure exceptionnelle» prise même si aucune accusation criminelle n’a été déposée officiellement contre ces policiers.
Selon le chef du SPVM, il en allait du «lien de confiance» avec les citoyens, de «l’intérêt public», de «la sécurité de la population», ainsi que de celle des policiers et des policières.
«On fait face à des comportements intentionnellement malveillants et non des erreurs inévitables.»
— Fady Dagher, directeur du SPVM
Entre les mains du DPCP
Indépendamment des congédiements, les dossiers sont dans les mains du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui déterminera si les causes doivent être portées devant les tribunaux.
«Je pense qu’on a des causes extrêmement bien montées», croit M. Dagher. «Je m’attends à ce que justice soit faite.»
Le directeur du SPVM avait aussi prévenu que ce que la population allait entendre sur les scandales ne serait «pas beau». Pour ne pas nuire aux enquêtes, la police se refuse à donner immédiatement des détails sur ce qui s’est produit.
L’été dernier, une équipe de 16 policiers du poste de quartier 39 a été démantelée en raison d’allégations d’actes «discriminatoires et racistes». Selon ces allégations, des agents auraient notamment coupé des mèches de cheveux de citoyens racisés afin d’en faire des «trophées».
Plus récemment, un policier du poste 21 avait fait les manchettes pour avoir présumément uriné sur une personne en situation d’itinérance. Ce dossier n’est pas dans les mains du SPVM, mais bien auprès du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI).
Vendredi, Fady Dagher a mentionné que d’autres dénonciations à l’encontre de ses membres avaient été déposées depuis le point de presse du 12 juin tenu en marge des allégations contre de policiers du poste de quartier 39.
Le SPVM a aussi confirmé avoir ouvert une enquête criminelle à l’égard d’un membre du personnel policier qui aurait «commis des gestes de prévarication et d’entrave à la justice dans un événement lié à une situation de violence conjugale survenu en 2025».
Selon les informations obtenues par Radio-Canada, qui n’ont pu être validées de manière indépendante par Noovo Info, l’agent impliqué aurait effacé une preuve vidéo fournie par une victime de violence conjugale lorsqu’il aurait reconnu l’agresseur présumé.
Le SPVM a expliqué jeudi avoir été mis au fait de cette situation lors de l’enquête sur le dossier principal visant le poste de quartier 39. La dénonciation provenait de l’interne, a noté le corps policier.
Avec de l’information d’Émile Bérubé-Lupien pour Noovo Info.

