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Constitution: Simon Jolin-Barrette dit que l’appui du Parti conservateur du Québec est suffisant

Tous les autres partis d’opposition sont opposés à cette constitution. Elle est également loin de faire consensus dans la société civile.

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Le ministre de la Justice du Québec, Simon Jolin-Barrette, tient une conférence de presse le 1er avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Le ministre de la Justice du Québec, Simon Jolin-Barrette, tient une conférence de presse le 1er avril 2026. (Jacques Boissinot/La Presse canadienne)

Le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, assure que l’appui des conservateurs d’Éric Duhaime à son projet de constitution est suffisant pour qu’il aille de l’avant.

«Ce sont les conditions que la première ministre a énoncées, et je comprends que ces conditions-là ont été remplies», a-t-il affirmé au micro de l’émission de radio «Tout un matin» sur les ondes d’Ici Première mardi matin.  

Il y a quelques semaines, la première ministre Christine Fréchette avait dit qu’il fallait au moins l’appui d’un parti d’opposition pour que la constitution de Simon Jolin-Barrette soit adoptée. 

Depuis, le Parti conservateur du Québec a levé la main. La formation politique d’Éric Duhaime est toutefois représentée par une seule députée à l’Assemblée nationale, soit l’ex-ministre caquiste Maïté Blanchette Vézina.

Lors du caucus de son parti la semaine dernière, Christine Fréchette n’a pas précisé si cet appui était suffisant, affirmant qu’il fallait «travailler les appuis» pour qu’il y ait une «adhésion la plus large possible».

Lors de son discours inaugural de mardi, elle a demandé «la collaboration de tous les parlementaires». 

«Si on travaille tous ensemble, avec sérieux, avec rigueur, on est capable de donner au Québec une constitution dont on sera fier», a-t-elle affirmé 

En point de presse à l’Assemblée nationale mardi, Mme Blanchette Vézina a soutenu que le projet de constitution québécoise était «important pour le Québec».

Cependant, elle a indiqué que son parti ne souhaitait pas une adoption du projet de loi par bâillon.

«Je ne pense pas que c’est la bonne façon de procéder, surtout qu’il y a déjà des gens qui se soulèvent en disant que le processus a été fait trop rapidement», a-t-elle déclaré.

«Garantir l’autonomie du Québec»

Tous les autres partis d’opposition sont contre cette constitution. Elle est également loin de faire consensus dans la société civile.

En entrevue à Radio-Canada, le ministre de la Justice a défendu son projet, déposé en octobre 2025, en affirmant qu’il était le «socle sur lequel on va garantir l’autonomie du Québec». 

«La constitution pour la nation québécoise lui permettra d’être protégée, de faire des gains et d’assurer davantage d’autonomie au sein du Canada», a soutenu le ministre. 

Elle vise aussi à faire primer l’égalité entre les hommes et les femmes sur la liberté de religion. 

Initialement, Simon Jolin-Barrette voulait inscrire le droit à l’avortement dans sa constitution. Elle aurait aussi interdit à des organismes d’utiliser des fonds publics pour contester des lois considérées comme fondamentales pour le Québec.

Face à la grogne, le ministre a reculé sur ces éléments controversés de son projet de loi. 

«Ça n’a pas de sens»

Le Parti québécois a raillé l’appui de la seule élue conservatrice à la constitution. 

«Une députée caquiste (...) qui a traversé chez les conservateurs va être le seul appui transpartisan pour cette constitution-là? (...) Ça n’a pas de sens» a réagi le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.

Le porte-parole de Québec solidaire, Sol Zanetti, a abondé dans le même sens.

«C’est une députée qui était à la CAQ, là elle sort de la CAQ. (...) Ça reste quand même la même gang à l’origine. Moi, je ne trouve pas que c’est un appui suffisant», a-t-il déclaré.

«Si la CAQ et le Parti conservateur choisissent de procéder comme ça par bâillon, ce sera à eux de justifier ça auprès des Québécois», a renchéri le chef parlementaire du Parti libéral, André Fortin.

La session parlementaire recommence mardi, pour une durée de cinq semaines. Christine Fréchette compte rappeler tous les projets de loi, dont celui sur la constitution, laissés en plan durant la prorogation.

- Avec les informations de Caroline Plante, à Québec

Thomas Laberge

Thomas Laberge

Journaliste