Au lendemain de son élection comme cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) et donc de sa désignation comme première ministre du Québec pour succéder à François Legault, Christine Fréchette a rencontré les médias.
Dans cette première conférence de presse, Mme Fréchette a affirmé qu’elle s’attèlerait en premier lieu à baisser le coût de la vie.
Si des annonces concrètes en ce sens sont à venir, la première ministre désignée a par exemple évoqué des mesures pour diminuer le prix du panier d’épicerie, un remboursement des droits de mutation pour les premiers acheteurs et, pour les agriculteurs, de la taxe carbone.
Identité et économie
La première ministre désignée a ensuite mentionné vouloir à la fois protéger l’économie et l’identité de la province. Cela se manifesterait par exemple par une attention rehaussée envers les entreprises québécoises, dont les PME, lors des appels d’offres gouvernementaux.
Mme Fréchette a aussi l’intention de mettre en place la Charte de langue française pour la formation aux adultes et pour la formation professionnelle. «Ce sont 10 000 personnes de plus qu’on pourra franciser grâce à ces mesures», a-t-elle affirmé.
Une confiance à rebâtir
Christine Fréchette a reconnu que la confiance des Québécois envers le gouvernement s’était effritée dernièrement.
Elle n’entend toutefois pas jeter la serviette et entend rétablir la foi de la population envers la CAQ. Pour elle, ce renversement de situation passe par la mise en place «d’actions concrètes».
Mme Fréchette a par exemple dit vouloir améliorer l’efficacité du gouvernement, que ce soit en améliorant l’accès à la télémédecine et en proposant des salles d’attente médicales virtuelles.
Concernant le projet de Constitution du Québec pilotée par le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, Mme Fréchette a indiqué que les travaux se poursuivraient, mais a écarté la possibilité d’adopter le bâillon pour qu’il soit adopté.
Suspense pour le conseil des ministres
Les observateurs qui attendent avec intérêt la composition du conseil des ministres de Mme Fréchette devront prendre leur mal en patience, puisque celle-ci a avoué ne pas encore avoir de date prévue pour ce dévoilement.
La première ministre désignée a toutefois indiqué qu’elle comptait présenter un conseil paritaire et représentatif des différentes régions.
Questionnée à savoir si les élus qui ont confirmé leur intention de se présenter aux prochaines élections avaient davantage de chance d’intégrer le conseil des ministres, Mme Fréchette a rétorqué que cela serait pris en considération, mais que l’engagement politique au-delà de l’automne n’était pas une condition.
Christine Fréchette a d’ailleurs indiqué s’être déjà entretenue avec le premier ministre Mark Carney et ses homologues de l’Alberta et du Nouveau-Brunswick, qualifiant ces discussions de «rencontres de courtoisie».
En succédant à François Legault, Christine Fréchette devient la deuxième femme première ministre du Québec, après Pauline Marois, qui a gouverné entre 2012 et 2014.
La nouvelle première ministre aura trois semaines pour arriver en poste et composer son équipe, puisque la session parlementaire est prorogée jusqu’au 5 mai.
Fréchette confiante face à l’appel de PSPP
Concernant l’appel qu’a lancé lundi le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon aux nationalistes de la CAQ à déserter le parti, Mme Fréchette n’a pas semblé inquiétée et a évoqué les mesures de sa formation pour renforcer la laïcité et protéger la langue française.
«Tout ça, ce sont des mesures nationalistes. Et on va continuer à être un gouvernement nationaliste. L’appel que fait le Parti québécois, quant à moi, c’est un appel aux souverainistes. Ça, c’est différent», a-t-elle affirmé.
