Politique

Cinq moments marquants de la carrière politique de Geneviève Guilbault

La députée de Louis-Hébert a annoncé la fin de sa carrière politique après neuf ans.

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Cafouillages à la SAAQ: «il faut tirer des leçons», dit Geneviève Guilbault Geneviève Guilbault en entrevue avec Noovo Info en 2025.

La députée de Louis-Hébert et ministre des Affaires municipales Geneviève Guilbault a annoncé dimanche son intention de ne pas solliciter un nouveau mandat en vue des prochaines élections provinciales qui auront lieu le 5 octobre prochain. L’occasion de revenir sur les moments forts de sa carrière politique qui aura duré neuf ans.

2017: Élection partielle dans Louis-Hébert

Le 6 septembre 2017, la Coalition avenir Québec indique avoir remercié son candidat pour l’élection partielle dans Louis-Hébert, Normand Sauvageau. À l’époque, le quotidien La Presse avait révélé que le retraité de la Banque Scotia avait tenu des propos décrits comme étant «inacceptables» auprès d’employés de l’institution financière.

Le lendemain, le 7 septembre, Geneviève Guilbault qui était auparavant porte-parole du Bureau du coroner, est annoncée comme candidate qui va représenter la CAQ dans cette élection partielle visant à remplacer le député Sam Hamad. M. Hamad qui était député libéral depuis 2003, avait donné sa démission au mois d’avril de la même année.

Initialement, elle était supposée être candidate lors des élections générales de 2018 dans la circonscription de Charlesbourg.

Le 2 octobre 2017, Geneviève Guilbault et la CAQ remportent la circonscription avec 12 091 votes (51 %). À titre de comparaison, le Parti libéral du Québec et sa candidate Ihssane El Ghernati avaient obtenu un score de 18,7 % (4433 votes).

Cette victoire éclatante dans le bastion libéral de Louis-Hébert a longtemps eu valeur de symbole pour la CAQ. C’est à ce moment que le parti a commencé à être vu comme une solution de rechange aux libéraux.

2018: la CAQ est portée au pouvoir

Le 1er octobre 2018, la CAQ est portée au pouvoir en obtenant 37,42 % des voix et 74 sièges à l’Assemblée nationale.

Réélue, Geneviève Guilbault est nommée vice-première ministre, ministre de la Sécurité publique et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale.

Lors de son mandat, Mme Guilbault a mis en place des bracelets antirapprochements pour contrer la violence faite aux femmes et mis sur pied l’escouade Centaure. Elle a également déposé un projet de loi visant à dépolitiser les nominations.

2022: nomination aux Transports et dossier du 3e lien

Le 3 octobre 2022, la CAQ obtient de nouveau la confiance des Québécois pour diriger la province. Le parti obtient encore une fois un mandat majoritaire et augmente sa présence à l’Assemblée nationale. À l’époque, 90 députés constituaient son caucus.

Lors de la formation du gouvernement, Geneviève Guilbault qui a obtenu un troisième mandat, se voit offrir le poste de ministre des Transports et de la Mobilité durable.

Elle a été en charge de nombreux dossiers notamment celui du troisième lien, dossier qui est revenu à plusieurs reprises au centre des discussions dans la région de Québec et partout à travers la province également.

En avril 2023, elle annonce la fin du projet autoroutier et indique qu’un projet de transport collectif sera alors fait. François Legault annonce finalement le retour du projet autoroutier en octobre suite à la défaite du parti dans l’élection partielle qui a eu lieu dans la circonscription de Jean-Talon.

2025: le fiasco SAAQclic

Le 20 février 2025, Guylaine Leclerc alors vérificatrice générale du Québec, publie un rapport accablant sur le virage numérique de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). Elle fait état notamment de dépassements de coûts.

Le virage numérique à la SAAQ aura coûté au total plus de 1,1 milliard $, soit 500 millions $ de plus que prévu, selon le rapport.

Mme Guilbault avait confirmé peu après la publication, avoir interpellé par écrit le grand patron de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), Éric René, concernant les éléments «outrageux» du rapport de la VG.

Après des pressions provenant de l’opposition et de plusieurs organisations, une commission d’enquête sur le sujet est annoncée par François Legault le 2 mars 2025.

Menée par l’ancien commissaire de la commission Charbonneau, Me Denis Gallant, celle-ci a pour mandat de faire toute la lumière sur ce qu’on décrit comme étant le «fiasco SAAQclic».

Au mois d’août, Geneviève Guilbault est appelée à témoigner. Interrogée sur l’information qu’elle reçoit quand elle entre en poste aux Transports, l’élue caquiste mentionne avoir appris les dépassements de coûts pour la modernisation informatique de la SAAQ seulement en février 2025 avec le rapport du Vérificateur général du Québec (VGQ).

Plus tôt, du personnel actuel et passé de son cabinet avait affirmé la même chose. 

Pourtant, des courriels exhibés lors de son témoignage montrent que de la documentation évoquant une augmentation de la facture du contrat avec le consortium a été transmise au cabinet de Mme Guilbault en 2023, après le lancement raté de SAAQclic. 

Mme Guilbault aurait d’ailleurs été avisée que le rapport final du commissaire Gallant, attendu d’ici le 13 février prochain, la citerait pour «mauvaise conduite». 

Septembre 2025: nomination aux Affaires municipales

Le 10 septembre, Geneviève Guilbault devient ministre des Affaires municipales. Elle succède à France-Élaine Duranceau qui devient présidente du Conseil du trésor.

Mme Guilbault perd également sa fonction de vice-première ministre du Québec.

Il s’agissait d’un mouvement latéral pour Mme Guilbault, qui convoitait ce poste, avait pu confirmer La Presse Canadienne de source sûre. Il ne s’agissait donc pas d’une rétrogradation après son témoignage à la commission Gallant.

- Avec des informations de La Presse canadienne