Politique

Geneviève Guilbault quitte la vie politique par «peur du regret», pour ses enfants et sa famille

«C’est une décision personnelle, familiale, qui est la nôtre.»

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Geneviève Guilbault annonce son départ de la vie politique (extraits) La ministre des Affaires municipales ne succédera pas à François Legault à la tête de la CAQ. En fait, elle met un terme à sa vie politique, pour ses enfants et ses parents.

Elle ne succédera pas au premier ministre François Legault... Geneviève Guilbault, a annoncé en conférence de presse dimanche qu’elle ne sollicitera pas un nouveau mandat en vue des prochaines élections provinciales qui doivent avoir lieu le 5 octobre prochain.

Députée depuis 2017, la ministre des Affaires municipales a partagé sa décision prise depuis l’automne dans une conférence de presse dimanche dans sa circonscription.

La caquiste a invoqué des raisons familiales pour expliquer son départ de la vie politique après neuf ans.

Mme Guilbault a assuré que le départ prochain de M. Legault à la tête de la CAQ et les mauvais sondages du parti n’ont aucun lien avec sa décision.

«C’est une décision personnelle, familiale, qui est la nôtre», a affirmé la ministre. Elle a affirmé dans celui-ci vouloir être davantage présente pour ses enfants.

Pour sa famille... mais la porte reste entre-ouverte

La politicienne âgée de 43 ans était enceinte de son premier enfant en octobre 2017 alors qu’elle était en pleine campagne pour remporter son siège de députée. Capucine aujourd’hui âgée de 8 ans est née en décembre de la même année.

Son deuxième enfant, Christophe qui est aujourd’hui âgé de 6 ans, est quant à lui né au début du mois de janvier en 2020.

Mme Guilbault souligne qu’elle a donc passé l’essentiel de l’enfance de sa progéniture en politique. Elle ne veut pas perdre davantage de temps auprès de sa famille.

«Je n’ai pas peur de grand-chose dans la vie, mais j’ai peur du regret.»

—  Geneviève Guilbault, députée de Louis-Hébert

Toutefois, elle a indiqué qu’elle ne ferme pas la porte à la politique «à jamais».

La ministre a également remercié sa famille en fin de discours non sans émotions. Elle a dit avoir une chance «inouïe» d’être «si bien entourée».

Legault réagit

Les réactions au départ de Mme Guilbault n’ont pas tardé à arriver peu après la fin de son annonce. Sur les réseaux sociaux, de nombreux collègues du caucus de la CAQ ont réagi à l’annonce faite dimanche matin.

Le premier ministre François Legault a remercié son ancienne vice-première ministre pour «son engagement, son énergie, son travail de terrain et sa confiance».

M. Legault, qui a annoncé sa démission quatre jours plus tôt, dit également comprendre «son besoin de passer plus de temps auprès de ses enfants».

De son côté, Simon Jolin-Barrette a tenu à la remercier pour son «engagement envers le service public, envers les femmes et plus largement envers les Québécois».

En marge de l’annonce, plusieurs députés de la Coalition avenir Québec étaient présents sur place.

Le député de Beauce-Sud, Samuel Poulin qui est un proche de Geneviève Guilbault, a affirmé en marge de la conférence de presse que cette décision était prise depuis l’automne. Pendant le Festival d’été de Québec, elle aurait entamé son processus décisionnel.

M. Poulin a parlé d’une collègue «extrêmement appréciée» et d’une femme «qui a fait beaucoup pour le Québec». Il a également parlé de Mme Guilbault comme une inspiration pour plusieurs femmes à travers la province.

À ses côtés, les députés Jean-François Simard et Donald Martel ont tenu des propos similaires à l’égard de leur collègue. M. Martel a notamment rappelé que Geneviève Guilbault a remplacé au pied levé le candidat de la CAQ pour l’élection partielle dans Louis-Hébert en 2017, une circonscription qui était un château fort libéral auparavant.

Le ministre de la Culture Mathieu Lacombe qui a fréquenté la députée de Louis-Hébert dans la sphère privée l’a remercié pour son «immense contribition» ajoutant que les Québécois «sont chanceux d’avoir pu compter» sur elle.

«Personne n’incarne mieux la montée et la descente de la CAQ que Mme Guilbault», a pour sa part commenté sur la plateforme X le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime.

Une année 2025 mouvementée

Mme Guilbault a eu une année 2025 mouvementée alors qu’elle a été éclaboussée par le scandale SAAQclic. Elle était à l’époque la ministre des Transports et de la Mobilité durable. Son témoignage à la commission Gallant au mois d’août dernier a fait beaucoup réagir.

La ministre avait affirmé qu’elle avait appris les dépassements de coûts en 2025 alors qu’elle avait été mise au courant en 2023, selon des documents.

Mme Guilbault aurait été d’ailleurs avisée que le rapport final du commissaire Denis Gallant, attendu d’ici le 13 février, la citerait pour «mauvaise conduite».

Durant son règne aux Transports, elle a également eu maille à partir avec les villes au sujet du financement du transport collectif.

C’est sans oublier ses nombreux changements de discours concernant le controversé projet de troisième lien routier entre Québec et Lévis qui ont fini par nuire à sa crédibilité.

Les médias ont également observé un fort roulement de personnel au sein de son cabinet. En 2019, elle avait dû présenter des excuses pour avoir traité d’incompétents d’anciens employés.

Dimanche, alors qu’elle dressait son propre bilan, Mme Guilbault s’est dite victime d’«acharnement médiatique».

Elle a affirmé avoir exercé des fonctions «particulièrement exigeantes», qui l’ont amenée à mener de «nombreux combats».

L’élue de Québec s’est notamment félicitée d’avoir instauré des bracelets antirapprochement pour contrer la violence faite aux femmes et mis sur pied l’escouade Centaure.

Le «grand ménage» qu’elle a effectué avec les sociétés de transport aura permis d’économiser et de se «recentrer sur le service aux usagers», a-t-elle également soutenu.

Un autre départ pour la CAQ

Cette annonce constitue un autre départ du côté de la formation politique.

Pas moins de 11 députés caquistes, dont plusieurs poids lourds du gouvernement (Christian Dubé, Pierre Fitzgibbon, Lionel Carmant), ont quitté, ou ont été exclus, depuis 2022.

Après le point de presse dimanche, Donald Martel a indiqué s’attendre à d’autres départs au sein du caucus.

Le premier ministre Legault lui-même a jeté l’éponge, annonçant la semaine dernière qu’il quitterait dès que la CAQ lui trouvera un successeur.

Si des élections générales avaient lieu aujourd’hui, la CAQ n’obtiendrait que 11 % des voix et serait pratiquement rayée de la carte, selon le plus récent sondage Pallas Data. 

La victoire éclatante de Geneviève Guilbault en 2017 a longtemps eu valeur de symbole pour la CAQ. 

C’est à ce moment que le parti a commencé à être vu comme une solution de rechange aux libéraux.

- Avec des informations de La Presse canadienne