CAA-Québec lançait mercredi sa 11e campagne provinciale Les pires routes du Québec où les citoyens sont invités à voter pour ce qu’ils considèrent être «les pires routes du Québec» en matière de sécurité.
Les gens ont donc jusqu’au 13 avril prochain pour visiter la plateforme de vote Les pires routes et faire leurs propositions. CAA-Québec dévoilera les résultats en mai.
Chaque année, CAA-Québec s’engage à faire le suivi des 10 pires routes auprès des villes concernées et auprès du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD).
«Espérons que ce fort message concerté incitera les décideurs à prendre les bonnes décisions pour nos routes», a partagé CAA-Québec dans un communiqué.
Un enjeu qui ne date pas d’hier
Pour CAA-Québec, la campagne Les pires routes se veut un moyen de parler publiquement de l’enjeu lié aux investissements dans les infrastructures routières du Québec.
Selon Nicolas Ryan, directeur affaires publiques de CAA-Québec, la problématique du réseau routier au Québec ne date pas d’hier.
«La réalité, c’est qu’on aurait dû commencer à investir il y a 50 ans», a-t-il souligné en entrevue avec Noovo Info.
«C’est dur de pointer du doigt un ou l’autre des partis qui c’est succéder au pouvoir, c’est un enjeu qui a perduré dans le temps et aujourd’hui on en paye le prix.»
— Nicolas Ryan, directeur affaires publiques de CAA-Québec
Selon M. Ryan, le déficit de maintien d’actifs s’élevait à 22,5 milliards de dollars en 2025 au Québec.
«Et je crois qu’il a encore augmenté dans le plus récent budget. Ça, c’est la somme qui serait nécessaire maintenant pour remettre les infrastructures routières du Québec en état», a-t-il expliqué.

Le Regroupement pour de meilleures routes au Québec - dont fait partie CAA-Québec - milite d’ailleurs pour mettre en lumière «le sous-financement chronique» et «la mauvaise structuration des budgets d’entretien routier».
Dans le cadre des consultations prébudgétaires 2026-2027, le regroupement invitait le gouvernement du Québec à recentrer le prochain budget sur la «priorisation claire de l’entretien du réseau existant avant toute expansion» et sur la «stabilisation, la bonification et la protection des budgets d’entretien routier».
«Un dollar investi en entretien dans une route encore en bon état va prévenir une dépense de 6$ à 10$ dans le futur.»
— Nicolas Ryan, directeur affaires publiques de CAA-Québec
Un sondage mené au printemps 2025 démontrait que des membres CAA-Québec - 79% au total - étaient d’ailleurs favorables à la suspension temporaire de tout projet de développement routier jusqu’à ce que les infrastructures existantes soient en bon état.
«Ce n’est pas de dire non au développement à tout jamais, c’est de le faire de façon temporaire pour investir dans ce qu’on a déjà. Par la suite, on reviendra à nos grands projets», a expliqué Nicolas Ryan. «Pour nos décideurs, le moment d’agir est venu.»
Que prévoit le budget 2026?
Notons que Québec a rehaussé de 5 milliards de dollars sur six ans les investissements en infrastructures, pour porter à 167 milliards de dollars le Plan québécois des infrastructures (PQI).
Les secteurs d’investissements prioritaires sont la santé, les services sociaux, l’éducation, l’enseignement supérieur, le transport collectif et le réseau routier.
Le budget 2026 du gouvernement du Québec, présenté mercredi par le ministre des Finances Eric Girard, prévoit ainsi 1,4 milliard de dollars pour les routes.
Une grande part de cette somme, soit 1,2 milliard de dollars, irait pour des projets majeurs en maintien - donc pour des routes mauvaises état.
Retour sur Les pires routes 2025
En 2025, c’est le chemin du Contour-du-Lac-à-Beauce, situé à La Tuque en Mauricie, qui s’imposait comme la pire route du Québec.
Top 5 des pires routes du Québec en 2025:
1. Chemin du Contour-du-Lac-à-Beauce (Mauricie)

Dans son bilan des investissements, CAA-Québec indique que des travaux de réfection de la chaussée ont été menés en 2024 et 2025 au coût de 160 000$ sur le chemin du Contour-du-Lac-à-Beauce.
«Le remplacement de la chaussée figure au Programme triennal d’immobilisations 2026-2028 de la municipalité [de La Tuque]. Une somme de 50 000$ est prévue», précise CAA-Québec.
2. Chemin Klock (Outaouais)
CAA-Québec note dans le bilan 2025 que la réfection de plusieurs tronçons a été faite entre 2020 et 2025. «La prochaine évaluation est prévue pour 2026 et la pertinence d’intervenir sur ce tronçon sera alors déterminée.»
3. Chemin Notch (Outaouais)

Selon CAA-Québec, des travaux de rapiéçage manuel et mécanique de l’asphalte ont été réalisés en 2025 afin de corriger les déformations de la chaussée, les nids-de-poule et les fissures majeures. «Une réfection à grande échelle est prévue en 2029 et est inscrite dans le Plan quinquennal d’immobilisations 2026-2030».
4. Chemin Cook (Outaouais)

Selon CAA-Québec, dans le cas du chemin Cook, un appel d’offres pour retenir les services d’un entrepreneur est prévu pour le printemps 2026 et la réalisation des travaux est prévue pour l’été 2026.
5. Chemin Pink (Outaouais)

Dans son bilan des investissements des pires routes du Québec de 2025, CAA-Québec précise que «l’élargissement de deux à quatre voies afin notamment de rendre la circulation plus fluide va se poursuivre en 2026».
«C’est ça le legs qu’on a envie de dire de la campagne des pires routes : ce sont des routes en meilleur état, plus confortables», a conclu Nicolas Ryan.
