Budget du Québec

Girard, Legault et la CAQ présentent un dernier budget «responsable», mais sans artifice

«On laisse la maison en ordre», a lancé le premier ministre démissionnaire François Legault mercredi.

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Budget 2026: tout ce qu'il faut savoir de l'annonce du ministre Girard Face au contexte géopolitique bouillant, le gouvernement du Québec a opté pour un budget axé vers la prudence et a évité d’effectuer des dépenses à tout vent pour ramener le déficit de la province sous la barre des 10 milliards de dollars.

Face au contexte géopolitique bouillant, le gouvernement du Québec a opté pour un budget axé vers la prudence et a évité d’effectuer des dépenses à tout vent pour ramener le déficit de la province sous la barre des 10 milliards de dollars.

«On laisse la maison en ordre», a lancé le premier ministre démissionnaire François Legault mercredi lors de la présentation du budget, laissant flotter une odeur de changement de régime aux élections prévues en octobre.

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Le budget 2026-2027 – les points à retenir

  • Des déficits moins importants que prévu
  • Le plan du retour à l’équilibre budgétaire respecté
  • Peu de nouvelles mesures pour alléger le fardeau fiscal des Québécois

Incluant le versement au Fonds des générations, le déficit du Québec devrait donc s’élever à 8,6 milliards (G) de dollars pour 2026-2027, soit 0,9% du PIB. Le gouvernement affiche par ailleurs un déficit de 9,9 G$ pour 2025-2026, ou 3,7 G$ de moins qu’anticipé.

Le ministre des Finances, Eric Girard, demeure sûr de pouvoir retrouver l’équilibre budgétaire en 2029-2030. Rappelons que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) jouissait d’un surplus de 4,0 G$ lorsqu’il a pris le pouvoir en 2018.

Ainsi, on laisse les finances publiques «en ordre», mais aussi une enveloppe de 250 millions de dollars dès cette année pour Christine Fréchette ou Bernard Drainville qui se disputent actuellement le poste de premier ou première ministre.

Lors de la réunion du caucus de la Coalition avenir Québec, le mardi 27 janvier, à Trois-Rivières, François Legault a été accueilli par Bernard Drainville et Christine Fréchette, deux députés et anciens ministres qui tentent de lui succéder à la tête... Lors de la réunion du caucus de la Coalition avenir Québec, le mardi 27 janvier, à Trois-Rivières, François Legault a été accueilli par Bernard Drainville et Christine Fréchette, deux députés et anciens ministres qui tentent de lui succéder à la tête du parti. LA PRESSE CANADIENNE/Patrice Bergeron (Patrice Bergeron)

On souhaite donc laisser une marge de manœuvre au prochain leader de gouverner comme il l’entend. Ce montant s’élèvera à 1,3 G dans cinq ans, si la CAQ demeure évidemment au pouvoir.

M. Girard avait préalablement laissé entendre que ce budget ne comporterait aucune promesse électorale.

Du neuf du côté des dépenses

Le ministre Girard avait la veille évoqué un budget «sobre», c’est donc sans surprise que l’on n’y retrouve pas de mesures exceptionnelles comme une baisse d’impôt ou la remise d’un chèque pour alléger le fardeau fiscal de la majorité des Québécois.

Québec prévoit cependant des mesures additionnelles de 9,6 G$ d’ici six ans afin de répondre aux priorités de l’État.

Parmi les mesures plus concrètes, on retrouve la transformation de 5000 places de garderie non-subventionnées en places subventionnées.

On plafonnera également la croissance de la taxe scolaire à 3%. Le programme LogisVert sera aussi bonifié. Les Québécois qui opteront pour l’installation de thermopompes ou l’achat d’électroménagers écoénergétiques pourront donc profiter d’aide financière.

Le gouvernement a aussi prévu en 2026-2027 une somme de 264 millions pour aider les personnes en situation d’itinérance et pour mieux répondre aux enjeux de santé mentale. Un soutien de 260 millions $ est réservé pour lutter contre les violences conjugales et sexuelles.

Notons que le gouvernement aidera à financer la construction de 1000 logements abordables au cours des trois prochaines années, dont 46 millions $ seront injectés en 2026-2027.

Finalement, le gouvernement réserve près de 430 millions de dollars cette année pour répondre aux défis du secteur audiovisuel, assurer la pérennité de l’écosystème médiatique québécois et promouvoir les contenus culturels québécois.

Québec garde également le cap sur son objectif de supprimer 5000 postes à temps plein dans la fonction publique d’ici la fin de l’année, afin de réduire ses dépenses.

En ce qui concerne les infrastructures, ce sont 71% des investissements qui seront alloués au maintien des actifs gouvernementaux, mais Québec entend aussi investir pour la construction et la rénovation d’hôpitaux.

La santé trône toujours au sommet

C’est sans surprise que l’on retrouve le ministère de la Santé et des Services sociaux au sommet des départements les plus dépensiers, avec des dépenses s’élevant à 60 G$.

C’est le ministère de l’Éducation qui suit avec 20 G$ et celui de l’Enseignement supérieur avec 9 G$. Les autres ministères se partageront près de 29 G$ alors que le Fonds de suppléance recevra près de 16 G$.

Le Québec présente un budget de dépenses totalisant 134 G$.

Tensions mondiales: le Québec en bonne posture?

Ce budget se veut «responsable» en raison de l’incertitude économique provoquée par les relations canado-américaines et les effets conflit au Moyen-Orient qui pourrait perdurer.

Mais le Québec est bien situé pour affronter la tempête selon le gouvernement, qui estime que la progression du PIB devrait atteindre 1,1% en 2026 et 1,4% en 2027, évitant à la province de tomber en récession.

«À travers toutes les turbulences que nous vivons, notre économie progresse, nos finances publiques se portent mieux et le Québec a toutes les raisons d’être optimiste face à l’avenir», a soutenu M. Girard qui déposait son huitième budget à titre de ministre des Finances du Québec.

Des bâtiments détruits d'un commissariat de police et des maisons voisines sont visibles après la frappe américano-israélienne de vendredi à Téhéran, en Iran, le dimanche 15 mars 2026. Photo AP/Vahid Salemi Des bâtiments détruits d'un commissariat de police et des maisons voisines sont visibles après la frappe américano-israélienne de vendredi à Téhéran, en Iran, le dimanche 15 mars 2026. Photo AP/Vahid Salemi (Vahid Salemi)

Ce scénario se base toutefois sur l’hypothèse que les relations commerciales avec nos voisins du sud évolueront «vers un nouvel équilibre».

La trajectoire économique de ce budget repose aussi «sur la prémisse que le taux effectif moyen des droits de douane restera relativement stable» lors des prochaines années. On suppose aussi que le conflit au Moyen-Orient, et le choc pétrolier qu’il occasionne, «sera temporaire et qu’il se résorbera dans les prochains mois».

Chose certaine, c’est la guerre commerciale avec les États-Unis qui demeure le plus haut risque pour l’économie québécoise, a conclu le ministre Girard.

Budget du Québec 2026-2026: ce qu’ils ont dit

Eric Girard, ministre des Finances du Québec - «Aujourd’hui, nous nous donnons les moyens d’aller plus loin avec un budget responsable, centré sur les priorités des Québécois.»

Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec - «Plusieurs se demandent si c’est un budget. On appelle ça un budget PPP, plate, pauvre et paresseux».

Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec - «On nous a dit qu’on allait nous servir un budget sobre et somme toute plate, c’est ce qu’on a eu [...] C’est un budget qui manque de vision.»

Ruba Ghazal, porte-parole de Québec solidaire - «Ce qu’on a, c’est une pancarte électorale caquiste. Ce n’est pas un budget responsable [...] C’est de l’électoralisme primaire. Ce budget ne répond pas aux besoins des Québécois.»

Pascal Paradis, porte-parole en matière d’économie pour du Parti québécois - «Ce budget va s’autodétruire dans les prochaines semaines parce qu’il n’est pas cohérent avec ce que proposent Christine Fréchette et Bernard Drainville au cours des derniers jours.»