Patrouille

Allégations contre des policiers du SPVM: Dagher dresse la table pour des annonces «choquantes» en novembre

«Ce n’est pas beau, ce que vous allez entendre.»

Mis à jour le 

Publié le 

SPVM: des preuves auraient été effacées dans un dossier de violence conjugale Le SPVM a promis de «faire la lumière» sur les faits rapportés et de «poursuivre sans pitié» ceux qui auraient commis ces actes criminels.

Le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Fady Dagher, a affirmé vendredi que des «annonces» étaient à venir en novembre prochain concernant les allégations visant certains de ses agents.

«Ce n’est pas beau, ce que vous allez entendre», a prévenu M. Dagher lors d’une conférence de presse où il devait faire le point sur les enquêtes visant le poste de quartier 39. Il a cependant appelé la population à faire preuve de patience en attendant ces annonces.

Le chef a mentionné par après qu’il faisait surtout allusion aux conséquences qui seront appliquées aux policiers fautifs et qu’il n’excluait pas des congédiements. «On peut penser à tout, il n’y a pas de limite.»

Vendredi, le chef du SPVM a promis de «faire la lumière» sur les faits rapportés et de «poursuivre sans pitié» ceux qui auraient commis ces actes criminels. D’après lui, 99% de ses policiers font un travail exemplaire, contre 1% «qui salissent l’uniforme».

M. Dagher a par le fait même salué les policiers «qui osent braver la loi du silence, l’Omerta» pour dénoncer leurs collègues s’étant livrés à des gestes répréhensibles. «Nous avons libéré la parole», a-t-il affirmé.

SPVM: Fady Dagher fait le point sur les allégations contre le poste de quartier 39 Le directeur du SPVM, Fady Dagher, fait le point sur les enquêtes liées aux allégations visant le poste de quartier 39, à Montréal-Nord.

À savoir pourquoi il n’avait pas encore posé de gestes concrets contre les policiers visés par les allégations, le chef a appelé la population à être patiente. «Ça aurait été facile de congédier. Ça arrivera en temps et lieu, mais je voulais faire plus, beaucoup plus. Je ne voulais pas juste m’attaquer à une personne», a lancé M. Dagher.

Il a ajouté vouloir découvrir si les personnes concernées avaient agi seules ou en groupe, et si elles avaient été protégées. «Les enquêtes de ce type prennent du temps […] Dans ce genre de situation, il faut savoir avancer fermement et aussi patiemment […] Il ne faut surtout pas faire capoter une enquête parce qu’on s’est précipité», a insisté M. Dagher.

L’été dernier, une équipe de 16 policiers de ce poste de quartier a été démantelée en raison d’allégations d’actes «discriminatoires et racistes». Selon ces allégations, des agents auraient notamment coupé des mèches de cheveux de citoyens racisés afin d’en faire des «trophées». Plus récemment, un policier du SPVM avait fait les manchettes pour avoir présumément uriné sur une personne en situation d’itinérance.

Vendredi, Fady Dagher a mentionné que d’autres dénonciations à l’encontre de ses membres avaient été déposées depuis le point de presse du 12 juin tenu en marge des allégations contre de policiers du poste de quartier 39.

La veille, le SPVM avait confirmé avoir ouvert une enquête criminelle à l’égard d’un membre du personnel policier qui aurait «commis des gestes de prévarication et d’entrave à la justice dans un événement lié à une situation de violence conjugale survenu en 2025».

Selon les informations obtenues par Radio-Canada, qui n’ont pu être validées de manière indépendante par Noovo Info, l’agent impliqué aurait effacé une preuve vidéo fournie par une victime de violence conjugale lorsqu’il aurait reconnu l’agresseur présumé.

Analyse: les policiers n’hésitent plus à dénoncer les gestes déplacés de leurs collègues Le collaborateur en affaires policières Yannick Dion croit que le fait que des policiers du SPVM ont dénoncé les gestes de leurs collègues est un pas dans la bonne direction.

Le SPVM a expliqué jeudi avoir été mis au fait de cette situation lors de l’enquête sur le dossier principal visant le poste de quartier 39. La dénonciation provenait de l’interne, a noté le corps policier.

La personne visée par l’enquête a été réaffectée à des tâches administratives, sans contact avec les citoyens, pour la durée de l’enquête, a indiqué le SPVM.

Dans un autre dossier, mais aussi lié à la situation survenue au poste 39, le SPVM a annoncé avoir suspendu un membre du personnel policier du poste de quartier 21, situé au centre-ville.

Ce membre, déjà suspendu depuis «quelques semaines», fait l’objet d’allégations concernant «de possibles actes discriminatoires et racistes en lien avec les allégations principales au PDQ 39».

Dans un communiqué, le SPVM a tenu à réitérer que les comportements discriminatoires ou racistes «sont inacceptables et ne seront pas tolérés, que ce soit au sein de son personnel ou à l’endroit des citoyennes et citoyens».

Avec de l’information de La Presse canadienne