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Policier qui aurait uriné sur un sans-abri: des enquêtes «saluées» par plusieurs

Les défenseurs des droits saluent cette initiative, mais réclament davantage de mesures pour protéger les personnes vulnérables.

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Le SPVM suspend deux policiers, dont un qui aurait uriné sur un homme en situation d’itinérance Le SPVM confirme avoir ouvert une enquête après qu’un de ses agents aurait uriné sur une personne en situation d’itinérance alors qu’il était sur ses heures de travail.

Le nouveau ministre de la Sécurité intérieure du Québec, Guy Jr. Lapointe, ancien policier, a déclenché de nouvelles enquêtes concernant des allégations selon lesquelles un policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) aurait uriné sur un une personne en situation d’itinérance.

Les défenseurs des droits saluent cette initiative, mais réclament davantage de mesures pour protéger les personnes vulnérables.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Alex Berthelot, administrateur du RAPSIM, un organisme de défense des droits des personnes en situation d’itinérances à Montréal, a affirmé que des enquêtes indépendantes constituaient le strict minimum à faire.

«Je pense que nous sommes vraiment dans une situation extrême», a-t-il dit. « Pour moi, le test décisif sera de voir si et quand ce policier sera traduit devant un tribunal, car uriner sur quelqu’un d’autre constitue une infraction criminelle »

Le quotidien montréalais La Presse a rapporté plus tôt ce mois-ci qu’au cours d’une année, un agent se serait filmé en train d’humilier des personnes en situation d’itinérance et qu’à au moins une occasion, il aurait uriné sur une personne dormant dans la rue.

L’agent était en patrouille dans le 21e district, un secteur du centre-ville où la population de personnes en situation d’itinérance est importante.

Une enquête interne a été ouverte et l’agent a été suspendu avec salaire.

M. Lapointe a déclaré que les enquêtes récemment annoncées par l’organisme de surveillance de la police de la province, connu sous le nom de BEI, et par le commissaire à l’éthique ne constituaient ni un vote de défiance à l’égard du SPVM (police de Montréal), ni un moyen de remettre en question la qualité de l’enquête menée par le service.

«Il m’apparaît clairement que, dans cette affaire, l’enquête doit être menée par une entité externe afin de préserver la confiance du public», a rapportéM. Lapointe dans un communiqué.

James Hughes, député libéral québécois nouvellement élu à l’Assemblée nationale, a salué ces nouvelles enquêtes. Avant de rejoindre l’opposition, M. Hughes était président-directeur général de la Mission de l’Ancienne Brasserie, un organisme sans but lucratif voué à venir en aide aux adultes en situation d’itinérance ou à risque de le devenir à Montréal. Il milite depuis des décennies pour mettre fin à l’itinérance.

«Notre cœur va à cet homme qui a été maltraité de la sorte, traité de manière si inhumaine», a souligné M. Hughes lors d’une entrevue accordée à CTV News. «Cela dépasse l’entendement de penser que quelqu’un puisse agir ainsi, et encore moins un agent de police.»

Analyse: les policiers n’hésitent plus à dénoncer les gestes déplacés de leurs collègues Le collaborateur en affaires policières Yannick Dion croit que le fait que des policiers du SPVM ont dénoncé les gestes de leurs collègues est un pas dans la bonne direction.

Le député s’est dit particulièrement préoccupé, car il avait constaté, au cours de la dernière décennie, une amélioration dans la manière dont les agents du poste de police du centre-ville de Montréal interagissaient avec la population itinérante.

«Ils doivent être traités avec humanité, dignité et considération en tout temps », a ajouté M. Hughes. «En règle générale, les agents se sont montrés bien meilleurs que ce que nous avions observé par le passé. Il y a bien sûr des exceptions de temps à autre, mais quand on entend une histoire comme celle-ci, cela nous fait tout simplement nous arrêter et nous demander : “Quels progrès avons-nous réellement accomplis? »

Selon lui, il s’agit d’un cas exceptionnel qui devait être traité de manière exceptionnelle.

«Cette affaire comporte des aspects civils, et potentiellement des aspects criminels», a indiqué le député James Hughes. «Il est tout à fait justifié qu’elle soit analysée par des instances indépendantes, comme l’a indiqué le ministre.»

Il espère que tous les acteurs du Québec, à tous les paliers de gouvernement, pourront unir leurs forces et trouver des solutions.

Mais certains défenseurs des droits affirment que les allégations portées contre la police démontrent qu’un changement fondamental dans le discours public s’impose de toute urgence. Alex Berthelot a précisé qu’il y avait eu une déshumanisation des personnes en situation d’itinérance au cours des cinq ou six dernières années.

«Nous les considérons comme une nuisance à l’ordre public plutôt que comme des personnes qui ont besoin d’aide et qui traversent des situations difficiles», a-t-il dit. «C’est ce qui nous a menés là où nous en sommes aujourd’hui.»

Le nouveau gouvernement du Québec prévoit tenir un sommet sur l’itinérance l’année prochaine et s’est engagé à réduire de moitié le nombre de personnes en situation d’itinérance d’ici 2030.