Des militants - se présentant sous le nom de «Robins des Ruelles» - revendiquent un vol plutôt inusité commis lundi dernier alors qu’une quarantaine de leurs membres, déguisés en pères Noël et en lutins, auraient dérobé environ 3000$ de nourriture dans une épicerie Metro de Montréal.
Le Service de police de Montréal (SPVM) confirme l’événement alors qu’une plainte pour vol à l’étalage aurait été faite vers 21h40 le soir du 15 décembre dernier.
«Un groupe d’individus masqués et déguisés aurait commis un vol à l’étalage dans un commerce du Plateau Mont-Royal», a confirmé à Noovo Info Florence Stafford, relationniste au SPVM.
Mme Stafford précise qu’aucune arrestation n’a eu lieu au moment d’écrire ces lignes et qu’une enquête est en cours.
«La faim justifie les moyens»
Le geste revendiqué par les Robins des Ruelles - commis au Metro Beaulieu Laurier - visait notamment à dénoncer les profits des grands épiciers et l’embourgeoisement du quartier Hochelaga-Maisonneuve.
«On travaille de plus en plus, juste pour être en mesure de s’acheter de quoi manger dans des chaînes de supermarchés qui profitent du prétexte de l’inflation pour réaliser des profits “records”», a anonymement commenté le groupe dans un communiqué acheminé aux médias.
«Les loyers, la nourriture, les prix de toutes les nécessités sont artificiellement gonflés par les grands propriétaires capitalistes. Il n’y a pas d’autre manière de le dire : une poignée d’entreprises tient nos besoins vitaux en otage.»
— Les Robins des Ruelles
Le butin récolté par les voleurs aurait été redistribué à la communauté mardi soir alors que les Robins des Ruelles affirment avoir déposé les articles volés à la Place Valois, dans Hochelaga-Maisonneuve.

«Inacceptable»
Le groupe Metro a confirmé à Noovo Info que le vol a bel et bien eu lieu le soir du 15 décembre et qu’une plainte a été déposée.
«Il est important de rappeler que le vol, quelle qu’en soit la raison, est inacceptable et constitue un acte criminel», a mentionné par courriel Geneviève Grégoire, cheffe des communications pour Metro.
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L’entreprise a aussi tenu à répondre aux accusations du groupe qui revendique le vol : «À titre de détaillants, nous sommes le dernier maillon de la chaîne d’approvisionnement entre le fournisseur et le consommateur. L’inflation dans le secteur alimentaire est largement influencée par des facteurs externes, notamment les perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale, la volatilité des prix des matières premières et les changements dans les conditions du commerce international. Les prix sur les tablettes reflètent directement les coûts de la chaîne d’approvisionnement», a-t-on expliqué.
Metro affirme par ailleurs dans son courriel avoir remis en 2025 8,6 M$ en dons corporatifs, «dont 1,15 million $ aux banques alimentaires, et une valeur de 81,6 millions $ en denrées alimentaires».
Hausse du coût du panier d’épicerie
Selon le plus récent Rapport sur les prix alimentaires, le panier d’épicerie augmentera en 2026 alors qu’une famille québécoise moyenne pourrait devoir débourser de 4% à 6% de plus pour ses produits d’épicerie.
La situation inquiète plusieurs organismes communautaires œuvrant dans le secteur de l’aide alimentaire, mais aussi des élus, notamment chez Québec solidaire.
Au début décembre, la co-porte-parole de QS Ruba Ghazal dénonçait les profits records des épiceries et demandait au premier ministre du Québec de plafonner les profits des grandes bannières à 2%.
Selon les calculs de QS, la mesure proposée permettrait aux familles de sauver en moyenne 225$. «Ça fait du bien pour les familles qui souffrent beaucoup. Ce n’est pas énorme, mais c’est déjà quelque chose», avait mentionné la députée de Mercier sur les ondes de Noovo Info.
Selon un sondage réalisé en novembre par Nanos Research pour CTV News, un Canadien sur cinq a déclaré avoir renoncé à payer une facture pour pouvoir acheter des produits alimentaires au cours de l’année écoulée.
L’enquête Nanos révélait que 18,1 % des 18-34 ans avaient déclaré avoir parfois ou souvent des retards de paiement. Ce chiffre est presque identique à celui des 35-54 ans (17,9 %). Il chute à 4,2 % chez les 55 ans et plus.
Avec des informations d’Émeric Montminy, Noovo Info et de CTV News.

