Les parents, la sœur et le frère de Daphnée Jolivet, violée et tuée par un adolescent à l’automne 2023, ont livré des témoignages déchirants, jeudi au palais de justice de Québec. Idées suicidaires, la perte d’un «ange»…
À l’audience d’observation de la peine du meurtrier, la famille a révélé les conséquences dramatiques de l’horreur vécue.
La mère de Daphnée, qui a été retrouvée sans vie à 19 ans au sous-sol de la résidence familiale du quartier Maizerets dans l’arrondissement de Limoilou il y a un plus de deux ans à Limoilou, a confié qu’elle et son conjoint ont eu des idées noires à la suite du tragique événement.
Isabelle, la petite sœur de Daphnée, dit pour sa part avoir perdu «son ange» quand un adolescent l’a poignardée, violée puis tuée.
Dans sa version des faits livrée en 2023, le petit frère de Daphnée, Olivier, avait rapporté à la police avoir reçu plusieurs coups de couteau en tentant de la protéger. Il avait tenté de fuir par une fenêtre avant de s’allonger sur le corps de Daphnée en attendant les secours.
Jeudi, Olivier a lu un poème devant la cour.
J’ai bu mon sang avant de fouler un bar
Appris à marcher deux fois avant ma majorité
[…]
Finalement, j’ai retrouvé, j’ai witness
Le viol de ma sœur avant mon first kiss
— Extraits d'un poème d'Olivier Jolivet
Olivier et Isabelle étaient mineurs au moment des faits. Dans un procès d’une telle nature, une ordonnance protégerait normalement leur identité, mais les deux jeunes ont demandé à témoigner à visage découvert.
«Ils veulent se réapproprier les conséquences du crime […] un peu pour enlever la honte et reprendre le contrôle sur la situation qui leur est arrivée de façon fortuite», a commenté Me Hugo Breton, procureur de la Couronne, en mêlée de presse.
Une peine d’adolescent ou d’adulte?
Le meurtrier, qui a plaidé coupable à des accusations de meurtre au premier degré, d’agression sexuelle armée et de tentative de meurtre, était mineur quand il a commis ses crimes. Son identité est donc également protégée par une ordonnance de non-publication.
Pour déterminer la peine, il faudra maintenant un rapport sur son état psychologique pour décider si le jeune homme aujourd’hui âgé de 19 ans doit être jugé en tant qu’adulte ou adolescent.
«Avec les conséquences et la nature du crime, évidemment, la poursuite demande l’assujettissement de l’adolescent à une peine aux adultes», a assuré Me Breton.
«On ne peut plus plaider uniquement la gravité du crime», a continué l’avocat. «Ce qu’on va tenter de démontrer, c’est que l’adolescent avait l’âge développemental d’un adulte au moment où il s’est introduit dans le domicile des Jolivet, pris un couteau, poignardé Olivier, agressé sexuellement Daphnée, puis l’a poignardée à mort.
Retour en cour les 16 et 17 mars prochains pour le dévoilement du contenu de ces rapports. Restera ensuite à déterminer la peine.

