Revue de l'année

2025, une année noire pour les femmes

En 2026, il faut se lever. Maintenant.

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Chronique Maude Goyer - Bilan 2025 (Montage Noovo Info | La Presse )

Ça m’a frappé de plein fouet: l’année 2025 a été terrible pour les femmes, à travers le monde. Les droits des femmes reculent, je pense aux droits civils, politiques, économiques, sociaux, culturels, je pense aux droits fondamentaux. Est-ce encore d’actualité de parler de lutte pour l’égalité hommes femmes?

Quand quelqu’un me dit qu’il n’est pas «féministe», je sursaute.

Être féministe, c’est être proégalité, équité, justice. C’est comprendre que les droits fondamentaux des femmes, ceux liés aux choix, à la sécurité, aux libertés, sont menacés — encore menacés.

L’équilibre n’est plus seulement fragile. Il me semble que tout bascule vers la division, la méfiance, la violence et le silence face à la violence, les injustices. La misogynie décomplexée.

Pourquoi être féministe?

Parce que 15 féminicides ont eu lieu au Québec cette année (certains organismes de soutien aux victimes parlent de 16). On est loin du bilan zéro. Que vaut la vie des femmes? Est-ce aux femmes de se protéger?

Parce qu’un garçon sur trois croit que les droits des femmes ne sont pas importants. Pour du soutien émotionnel, des relations amicales ou amoureuses, ils préfèrent se tourner vers l’intelligence artificielle. Et 79 % disent qu’ils ne savent pas c’est quoi, la masculinité.

Parce que le procès Pélicot. Et parce qu’ici, chez nous, 100 hommes ont répondu positivement à une petite annonce: oui, ils sont prêts à coucher avec une femme endormie. Sans poser de questions. Le consentement? Connais pas! 100 hommes. En 48 heures.

Parce que Google a effacé la Journée internationale des droits des femmes.

Parce que la tendance aux influenceurs masculinistes prend de l’ampleur. Leurs discours décomplexés ramènent la femme aux fourneaux: sois mince, jolie, fertile, souris et tais-toi. Des médias antiféministes, alignés sur les valeurs de droite et collés à l’agenda trumpiste, naissent.

Et dans cette vague, on compte désormais le New York Times qui a créé la polémique en novembre en titrant: Les femmes ont-elles ruiné le monde du travail?

Éducation et santé

Pourquoi être féministe? Parce qu’en Irak, une nouvelle loi permet le mariage de fillettes dès l’âge de 9 ans. On ne protège pas les filles, on compromet leur éducation, leur autonomie, leur sécurité. On bafoue leurs droits légaux.

Parce qu’en Angleterre, des femmes, aussi jeunes que 17 ans, se font dire de régler leurs problèmes d’endométriose en devenant enceinte. Belle façon de soigner des douleurs chroniques!

Parce qu’en Afghanistan, les livres écrits par des femmes sont dorénavant bannis. On les a sortis de l’université. Des disciplines liées aux droits de la personne ont aussi été retirées. L’offensive contre l’éducation et la visibilité des femmes se poursuit.

Parce que dans son délire habituel, le président américain Donald Trump a recommandé aux femmes enceintes «de ne pas prendre de Tylenol» parce que cela causerait l’autisme. Cette prise de position n’est pas appuyée par la science et des experts, partout dans le monde, l’ont décriée. Culpabilité, doutes, inquiétudes… Cette déclaration fait souffrir les femmes.

Pauvreté et droits à l’avortement

Pourquoi être féministe?

Parce qu’il y a une crise mondiale de la pauvreté féminine. Selon Oxfam, les femmes représentent plus de 60 % des personnes vivant dans l’extrême pauvreté. Elles gagnent en moyenne 23 % de moins que les hommes dans le monde. Au Québec, près de 41 % des femmes gagnent moins de 30 000 $ par an et elles constituent 55 % des salariés au salaire minimum.

Parce que le droit à l’avortement est menacé, partout dans le monde. Aux États-Unis, depuis l’annulation de Roe v. Wade par la Cour Suprême en 2022, le droit à l’avortement a reculé drastiquement. Et détrompez-vous, au Québec, aussi.

Parce que malgré le mouvement, fort et uni, des femmes, qui a culminé lors de la marche du 18 octobre devant l’Assemblée nationale à Québec pour dénoncer la pauvreté, la violence, la crise environnementale, elles manquent d’alliés. Cruellement.

Pourquoi être féministe?

Parce que nos droits ne se négocient pas. Parce que nos corps, nos choix, nos droits, notre avenir, nos vies comptent.

En 2026, il faut se lever. Maintenant.