Justice

Serge Audette reconnu coupable de l’homicide involontaire de Patricia Ferguson

Le verdict a été prononcé lundi par le juge Dennis Galiatsatos au palais de justice de Montréal.

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Serge Audette reconnu coupable de l’homicide involontaire de Patricia Ferguson Serge Audette a été reconnu coupable d’homicide involontaire en lien avec la mort de Patricia Ferguson, survenue en 1996 à Pointe-aux-Trembles.

Serge Audette, 72 ans, a été reconnu coupable d’homicide involontaire relativement à la mort de Patricia Ferguson, survenue en 1996 à Pointe-aux-Trembles.

Le verdict a été prononcé lundi par le juge Dennis Galiatsatos au palais de justice de Montréal.

Le juge a d’ailleurs ordonné l’incarcération immédiate de Serge Audette, citant notamment la protection du public et la protection de l’accusé. L’homme est donc entré lundi matin par la porte avant du palais de justice et en est sorti en fourgon afin de se diriger vers un centre de détention.

Cette décision a été accueillie par des cris de joie et des larmes dans la salle d’audience, incluant celles de Sabrina Ferguson. La fille de la victime a cru toute sa vie que sa mère l’avait abandonnée.

Une accusation d’homicide involontaire coupable est passible d’une peine maximale d’emprisonnement à perpétuité. Selon le Code criminel canadien, il n’y a pas de peine minimale (sauf si l’infraction implique une arme à feu), le tout demeure à la discrétion du juge.

La Couronne réclame une peine à perpétuité.

Les observations sur la peine auront lieu le 9 octobre prochain.

Le procureur Me Pierre-Olivier Bolduc affirme être satisfait du verdict rendu.

«Justice a été rendue 30 ans plus tard. C’est un soulagement pour la famille de la victime», a-t-il lancé aux micros des journalistes.

Disparue depuis 30 ans

Patricia Ferguson manque à l’appel depuis le 6 juin 1996. À ce jour, son corps n’a jamais été retrouvé.

La disparition de la jeune mère de 23 ans, qui avait un enfant d’un an à l’époque, n’avait pas fait grand bruit, passant sous le radar des médias montréalais.

Patricia Ferguson Patricia Ferguson. Photo non datée.

En 2022, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a réactivé l’enquête sur la disparition de Patricia Ferguson grâce aux révélations de la journaliste Marie-Christine Bergeron de Noovo Info et de la détective privée Maryse Saint-Germain (MDIQ), dévoilées dans la série documentaire L’appartement 5 sur Crave.

«Je pense que la plus grosse sentence pour M. Audette, ce sera de ne plus avoir la liberté de voir ses proches», a lancé la détective aux médias.

Leurs recherches pointaient vers Serge Audette, un homme qui aurait été en présence de la victime avant sa disparition et qui refusait de parler.

Déclaré délinquant dangereux pour de multiples agressions sexuelles commises dans les années 1980 et 1990, Audette est passé aux aveux auprès d’un témoin en janvier 2023, poussant les enquêteurs des crimes majeurs à prendre le relai.

Il a finalement été arrêté et accusé d’homicide involontaire en juin 2023.

Serge Ronda, l’ex-conjoint d’une autre victime de Serge Audette, a par ailleurs tenu à être présent au palais de justice lundi.

«Il a scrappé nos vies durant notre jeunesse. Il est temps qu’il s’en aille», a lancé M. Ronda.

Son procès s’est amorcé le 19 janvier dernier, après le rejet de sa demande d’arrêt des procédures pour «abus de pouvoir de l’État».

Serge Audetterguments Croquis réalisé en salle d'audience lors des plaidoiries finales du procès de Serge Audette, le vendredi 20 mars 2026. (CTV News)

Plusieurs témoins ont pris la parole tout au long du procès, dont Sabrina Ferguson, la fille de la victime, et un ancien codétenu de Serge Audette à qui il aurait fait des aveux. L’identité de ce témoin est protégée en vertu d’une ordonnance de non-publication.

Selon le témoignage du codétenu, M. Audette lui aurait affirmé que le corps de Patricia Ferguson ne serait jamais retrouvé.

Le procureur a par ailleurs salué le travail de la journaliste de Noovo Info dans cette affaire, ce qui a permis l’arrestation de Serge Audette.

Avec des informations de Marie-Christine Bergeron et Lili Mercure pour Noovo Info.

Notes de la rédaction: La version initiale de cet article indiquait que Serge Audette avait 73 ans. Or, il avait 72 ans au moment de la décision. Crave et Noovo Info sont des divisions de Bell Média (BCE Inc.). Pour plus d’information, consultez les normes éditoriales de Noovo Info.