Justice

Début du procès de Serge Audette, accusé du meurtre de Patricia Ferguson

La requête pour l’arrêt des procédures a été rejetée, ce qui permet au procès de débuter lundi matin.

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Début du procès de Serge Audette, accusé du meurtre de Patricia Ferguson Par Lili Mercure | Accusé d’avoir tué une jeune femme en 1996 à Pointe-aux-Trembles, à Montréal, Serge Audette, présentement âgé de 72 ans, réclamait l’arrêt des procédures pour «abus de pouvoir» de l’État. Sa requête a toutefois été rejetée par le tribunal, ce qui a permis au procès de débuter lundi matin.

Accusé d’avoir tué une jeune femme en 1996 à Pointe-aux-Trembles, à Montréal, Serge Audette, présentement âgé de 72 ans, réclamait l’arrêt des procédures pour «abus de pouvoir» de l’État. Sa requête a toutefois été rejetée par le tribunal, ce qui a permis au procès de débuter lundi matin.

La requête avait été déposée par la défense et avait été entendue en novembre dernier au palais de justice de Montréal. Selon l’avocate de M. Audette, la police aurait utilisé des «méthodes disproportionnées» afin d’obtenir des preuves.

Deux enquêteurs avaient par ailleurs été appelés à la barre afin de défendre la rigueur des procédures.

Audette, déclaré délinquant dangereux en lien avec plusieurs agressions sexuelles commises notamment dans les années 1980 et 1990, avait comparu pour l’homicide involontaire de Patricia Ferguson en juin 2023.

Avec le rejet de la requête d’arrêt des procédures, le procès pourra débuter dès lundi matin à 10h30 au palais de justice de Montréal.

Au cours des deux prochaines semaines, plusieurs témoins de la Couronne seront entendus au tribunal. La première personne à être appelée à la barre a été Sabrina Ferguson, âgée de 30 ans.

«Elle est partie et n’est plus jamais revenue»

Lundi, Sabrina Ferguson a raconté avec émotion en cour son enfance, parsemée de questions sans réponses.

C’est vers 3 ans qu’elle a appris qu’elle a été adoptée par ses grandes tantes Huguette et Micheline Ferguson.

Sa mère était disparue depuis plusieurs années dans des circonstances nébuleuses. On lui a dit: «Un soir, elle est partie et n’est plus jamais revenue.»

Ce n’est pas faute d’essayer, mais déjà Sabrina comprend que la disparition de sa mère est un sujet tabou, surtout pour les frères et sœurs de Patricia Ferguson.

«Je voulais vraiment savoir si elle m’avait abandonnée comme bébé ou s’il lui était arrivé quelque chose et elle ne pouvait pas revenir», a lancé Sabrina Ferguson visiblement émotive en salle de cour.

C’est seulement en 2020 qu’elle a commencé à réaliser qu’il est peut-être arrivé quelque chose de bien grave à sa mère quand une détective privée, Maryse Saint-Germain a pris contact avec elle.

Alors âgée de 25 ans, Sabrina a appris au cours du documentaire L’appartement 5 que sa mère a vraisemblablement été victime d’un acte criminel.

Photo de Patricia Ferguson tirée du documentaire «L'appartement 5», diffusé sur Crave. Photo de Patricia Ferguson tirée du documentaire «L'appartement 5», diffusé sur Crave. (Crave)

Le 6 juin 1996, Patricia Ferguson disparaissait et laissait derrière elle sa fille de 1 an, Sabrina. À l’époque, personne n’avait entendu parler de la disparition de cette jeune femme de 23 ans passée sous le radar des médias à Montréal.

Le dossier de Patricia Ferguson prendra une autre tournure en 2022 alors que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) réactive le dossier, et ce, à la suite d’informations recueillies dans le cadre d’une enquête de la journaliste de Noovo Info Marie-Christine Bergeron et de Maryse Saint-Germain, détective privée de l’organisme Meurtres et disparitions irrésolus du Québec (MDIQ).

Leurs découvertes ont été mises en lumière dans la série documentaire L’appartement 5, présentée sur Crave.

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On y apprend au fil de l’enquête qu’un homme aurait accompagné Patricia Ferguson quelques instants avant sa disparition, mais qu’il refusait de communiquer des informations à ce sujet. Cet homme était Serge Audette.

Serge Audette aurait aussi fait des aveux à un témoin en janvier 2023. Ce dernier aurait affirmé à des enquêteurs de police que Serge Audette lui aurait avoué son meurtre. Le témoin aurait raconté qu’au moment des aveux, Audette se serait pris la tête entre les mains et se serait mis à pleurer. Il aurait aussi ajouté que la police n’avait aucun indice et qu’elle ne trouverait jamais son corps [celui de Patricia Ferguson].

Des enquêteurs aux crimes majeurs prennent alors le dossier en main en 2023. Ils vont notamment mettre le témoin sous écoute électronique pour intercepter des discussions et obtiendra 2000$ pour sa participation à l’enquête.

Avec des informations de Marie-Christine Bergeron, de Jennifer Gravel et de Marika Simard pour Noovo Info

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