Journée plutôt houleuse mardi au palais de justice de Montréal alors que le témoin clé au procès de Serge Audette, accusé du meurtre de Patricia Ferguson, s’est énervé en pleine salle d’audience.
Le témoin - dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication - s’est montré visiblement agacé par les questions de la défense sur son passé judiciaire lors du contre-interrogatoire.
Me Kristina Markovic a alors dressé la liste du long parcours judiciaire du témoin, qui a cumulé à ce jour plusieurs peines d’emprisonnement pour différents crimes comme vol de voiture, entrave à un agent de la paix et non respect des conditions.
L’individu collaborait jusqu’à ce que Me Markovic aborde les histoires de violence conjugale impliquant son ex-conjointe en 2023 et 2024. Le témoin avait d’ailleurs plaidé coupable à des accusations de harcèlement criminel et de menaces de mort ou de causer des lésions.
Le témoin a été offusqué en demandant au tribunal si c’était nécessaire de poser des questions sur son passé. Il a menacé d’arrêté son témoignage et a dit «se foutre d’avoir une entrave».
Le juge lui a rappelé qu’il pouvait être accusé d’outrage au tribunal et risquait plusieurs années d’emprisonnement.
Le témoin s’est finalement résigné à poursuivre son témoignage mardi après-midi dans le cadre du contre-interrogatoire.
Il a notamment affirmé ne pas avoir été au courant du cas de Patricia Ferguson, à part ce que Serge Audette lui avait confié. Notons que le témoin était à l’époque en thérapie fermée, sans un aucun accès aux médias.
Ce sont d’ailleurs les confidences que lui aurait faites Serge Audette qui font de l’homme un témoin clé dans cette affaire alors qu’il aurait reçu les aveux de Serge Audette sur la disparition de Patricia Ferguson, le 6 juin 1996 dans Pointe-aux-Trembles, lorsqu’ils étaient voisins de cellule à l’établissement Archambault en 2022.
Mardi, il a répété au tribunal qu’il était réticent à collaborer avec les policiers. Il a rapporté se sentir mal encore aujourd’hui.
«Y’a fallu que je le trahisse [Serge Audette] pour aller chercher les informations de la police», a-t-il dit.
Il a aussi réitéré que ce qui l’avait motivé à aider la police, c’était le cri du cœur de Sabrina Ferguson, la fille de Patricia.
«Si je peux amener des réponses à la famille, ben j’aurais fait quelque chose de bon dans ma vie», a partagé le témoin.
Le procès se poursuit mercredi.

