L’année 2026 est à peine commencée qu’on recense déjà quatre féminicides présumés au Québec. Partout en province, la violence conjugale continue de faire des victimes et d’inquiéter.
«C’est frustrant de voir que ça se reproduit parce qu’il y a des efforts qui sont mis», déplore Marie-Christine Villeneuve, porte-parole des Centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC).
Mais est-ce qu’on fait réellement face à une recrudescence de la violence conjugale?
Selon les données de la Sûreté du Québec (SQ), le nombre d’interventions en matière de violence conjugale à l’échelle de la province a triplé dans les dix dernières décennies.
Après avoir atteint un sommet record en 2024, avec 12 000 dossiers ouverts. Le nombre est redescendu sous la barre du 10 000 en 2025.
À Montréal, le cas de figure diffère. Les données du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) illustrent plutôt les infractions en matière de violence conjugale. Or, ces données sont restées stables au cours des cinq dernières années.
«Stabilisation ne veut pas dire qu’on en a moins non plus. Ça veut dire qu’on les traite de meilleure façon. Ça permet une meilleure codification», soutient la commandante de la section spécialisée en violence conjugale du SPVM, Josée Deslongchamps.
Hausse des demandes d’hébergement
Selon Annick Brazeau, porte-parole du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, les statistiques démontrent qu’il y a une augmentation des demandes dans toute les maisons d’hébergement de la province. En tout, 2743 femmes ont été hébergées en 2025.
«Est-ce que c’est parce qu’on démystifie mieux la violence conjugale qu’on a plus de demandes? Ou c’est vraiment parce qu’il y a plus de violence conjugale?» questionne Mme Brazeau.
Les CAVAC ont également noté une augmentation des dénonciations dans les dernières années. Mme Villeneuve rapporte d’ailleurs qu’au niveau provincial en 2024, 34,8% des personnes qui ont logé une demande d’aide étaient des victimes de violence conjugale.
Solutions?
La co-porte-parole de Québec solidaire (QS) Ruba Ghazal propose notamment trois mesures en matière de prévention pour la violence conjugale.
- Rendre obligatoire l’évaluation des récidivistes
- Accéder aux antécédents judiciaires des hommes violents
- Augmenter les ressources policières spécialisées en violence conjugale
Voyez le reportage de Marika Simard dans la vidéo.

