Journée plus tranquille mercredi au procès de Serge Audette, accusé du meurtre de Patricia Ferguson, alors que le contre-interrogatoire du témoin clé de l’affaire, un ex-codétenu et ami de l’accusé, s’est poursuivi au palais de justice de Montréal.
La défense est revenue mercredi sur les déclarations enregistrées qu’a fait le témoin à la police lors de la réouverture de l’enquête sur la disparition de Patricia Ferguson, notant certaines erreurs de dates et de faits.
Par exemple, le témoin, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication, avait notamment dit que Serge Audette avait été libéré le lendemain de ces confessions en prison. Or, la libération est survenue plusieurs jours plus tard.
Par ailleurs, le témoin a affirmé devant le tribunal être certain d’une chose concernant sa conversation avec Serge Audette, au moment où il aurait avoué son implication dans le meurtre de Patricia Ferguson, et c’est cette phrase que l’accusé lui aurait dit: «Ils ne la retrouveront jamais».
Dans sa conversation enregistrée avec la police, le témoin a aussi qualifié Audette, aujourd’hui âgé de 72 ans, de «psychopathe».
Frustration et récompenses
La défense a aussi mis en lumière la frustration du témoin tout au long des étapes qui ont mené à l’arrestation de Serge Audette en mai 2023.
Il a aussi été question de la récompense que le témoin aurait demandée pour avoir collaboré à l’enquête. À l’époque, Jeunesse au Soleil offrait une récompense de 10 000$ pour tout renseignement menant à la résolution de la disparition de Patricia Ferguson.
Quand l’avocate de la défense, Me Kristina Markovic a demandé au témoin s’il avait réclamé la récompense, il a répondu:«Vous me faites rire, pensez-vous que je suis ici pour une récompense?»
La défense a relancé le témoin lui rappelant qu’il aurait téléphoné à la police le 24 avril 2024 pour s’informer de ce qu’il allait advenir de la récompense. «C’est possible», a répondu le témoin.
La défense a renchéri sur la question de la récompense, ce qui a semblé exaspérer le témoin. «Travaillez-vous pour rien, vous? Moi je ne travaille pas pour rien dans la vie».
L’ex-codétenu d’Audette a aussi souligné qu’il a reçu une somme de 2000$ du Service de police de la Ville de Montréal pour ses déplacements.
Le témoin aurait aussi raconté qu’il avait annoncé aux policiers le 7 décembre 2025 ses réticences à témoigner parce qu’il aurait reçu des menaces en prison après que son nom soit sorti dans les médias.
«Ça m’a comme un peu dégoûté de témoigner», a-t-il dit.
L’homme a réitéré qu’il avait finalement voulu collaborer avec les autorités pour «donner des réponses à la famille» de Patricia Ferguson.
Mardi, le témoin s’est énervé dans la salle d’audience du tribunal à la suite des questions de son contre-interrogatoire allant jusqu’à menacer de cesser de témoigner.

