Justice

Enfant ébouillanté à Longueuil: l’accusée condamnée à 27 mois de prison

Stéphanie Borel a plaidé coupable à une accusation de voies de fait graves en septembre 2025.

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Le palais de justice provincial de Longueuil, au Québec, photographié le lundi 22 avril 2024. Le palais de justice provincial de Longueuil, au Québec, photographié le lundi 22 avril 2024. (Sidhartha Banerjee)

Une femme de Longueuil qui a brûlé un garçon de 10 ans avec de l’eau bouillante à cause d’une farce à la sonnette de sa résidence en 2024 a écopé de 27 mois de prison. La famille de la victime espère maintenant tourner la page.

L'enfant brûlé par de l'eau chaude lancée par Stéphanie Borel à Longueuil en 2024. L'enfant a subi des brûlures au deuxième degré au visage, au cou et au haut du corps. (Courtoisie via CTV News)

Stéphanie Borel a plaidé coupable à une accusation de voies de fait graves en septembre dernier, reconnaissant avoir agi par frustration lorsque des enfants ont sonné à sa porte à plusieurs reprises pour lui faire une blague.

Au palais de justice de Longueuil, le juge Marc-Antoine Carette a accepté mercredi la recommandation commune de la Couronne et de la défense.

Lors du prononcé de la sentence, la procureure de la Couronne, Gabriella St-Onge, a lu une lettre de la famille du garçon demandant une peine d’emprisonnement afin de dissuader toute violence envers les enfants.

«À seulement 10 ans, il a perdu son sentiment de sécurité et son insouciance. Sa scolarité, son développement et son avenir ont été directement affectés», a écrit la famille.

La famille du garçon souligne également dans sa missive qu’elle est arrivée au Québec en novembre 2022 «avec l’espoir d’offrir à nos enfants un environnement sécuritaire, stable et respectueux», mais que «cet espoir a été brisé le 2 octobre 2024 lorsqu’un adulte a volontairement posé un acte d’une violence extrême contre notre enfant en lui infligeant de graves brûlures avec de l’eau bouillante».

La Couronne et la défense ont déclaré conjointement que Mme Borel ne connaissait pas le garçon, mais qu’elle l’avait agressé parce qu’elle en avait assez des enfants qui sonnaient à sa porte et s’enfuyaient aussitôt.

Mme Borel et la famille du garçon habitaient sur la même rue.

Le jour de l’incident, le 2 octobre 2024, Mme Borel a aperçu le garçon qui s’approchait de sa porte. Avant qu’il ne puisse sonner, elle lui a jeté un récipient d’eau bouillante.

«C’est chaud, hein? Dégage!», a-t-elle dit au garçon, qui est noir. L’enquête a conclu qu’il n’y avait aucune preuve que la victime a été spécifiquement visée ni que son origine ethnique a joué un rôle.

Le garçon, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication, a subi de graves brûlures sur environ 4 % de son corps, notamment au visage, à la poitrine et à l’omoplate, après l’incident survenu le 2 octobre 2024.

Après l’incident, la police de Longueuil s’est rendue au domicile de la femme et l’a ensuite relâchée sous promesse de comparaître. Cette décision a incité la famille du garçon à dénoncer publiquement l’agression, critiquant le système judiciaire et laissant entendre que Mme Borel bénéficiait d’un traitement de faveur.

Les parents ont affirmé que leur enfant souffre d’une anxiété intense et constante, ainsi que d’une détresse émotionnelle importante. Il fait régulièrement des cauchemars et éprouve une profonde honte liée à son apparence, ce qui a gravement affecté son estime de soi.

«La maltraitance d’enfants n’est ni accidentelle, ni banale, ni excusable. Il s’agit d’un acte de violence grave prémédité contre un enfant vulnérable, qui a laissé des séquelles physiques et psychologiques permanentes», déplore la famille dans la lettre.

Farrah Auguste, une amie de la famille, a déclaré aux journalistes que la famille espérait pouvoir tourner la page et aller de l’avant.

«Bien sûr, il y aura des séquelles psychologiques, peut-être pour le reste de sa vie, mais au moins, il peut tourner la page et aller de l’avant», a-t-elle affirmé.

«Ce qui nous réjouit, c’est la peine d’emprisonnement. Elle envoie un message clair à la société, à savoir que ces actes cruels ne seront jamais acceptés et tolérés par la société canadienne», a-t-elle ajouté. 

Le juge Carette a remercié la famille et leurs proches de leur présence, leur disant qu’il faut du courage, puisque cela implique de se replonger dans une situation douloureuse. Il a indiqué qu’il était profondément convaincu que l’enfant était bien entouré.

L’avocate de Mme Borel, Mélanie Brochu, a déclaré au tribunal avant le prononcé de la sentence que sa cliente avait exprimé des remords envers la victime et qu’elle reconnaissait pleinement la gravité de ses actes.

Pour sa part, Mme Borel n’a pas pris la parole et est restée impassible à l’annonce de sa peine.

Elle est détenue depuis que sa liberté sous caution a été révoquée en octobre dernier et il lui reste désormais 20 mois à purger.

Le juge lui a également ordonné une période de probation de trois ans à compter de sa sortie de prison, ainsi que de nombreuses autres conditions lui interdisant tout contact avec la victime et sa famille. Il lui est également interdit de s’approcher à moins de 500 mètres de toute école primaire ou secondaire.