La famille de Nooran Rezayi pourra connaître l’identité des policiers impliqués dans les événements ayant conduit à la mort de l’adolescent en septembre 2025.
Il en va de même pour les familles des jeunes qui accompagnaient l’adolescent de 15 ans lorsqu’il a été abattu par un agent du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) lors d’une intervention à Saint-Hubert.
La Cour supérieure a entériné une entente conclue entre les familles, la Ville de Longueuil et le SPAL. L’identité des policiers ne sera toutefois pas rendue publique.
En mars dernier, la famille de Nooran Rezayi a déposé une requête visant à obtenir la divulgation du nom du policier qui a ouvert le feu, ainsi que de celui de son coéquipier présent sur les lieux. La requête a été déposée en marge de poursuites civiles intentées contre la Ville et le SPAL, totalisant environ 4 millions de dollars.
L’administration municipale s’était opposée à la divulgation de l’identité du policier qui a abattu Nooran Rezayi, faisant valoir qu’elle mettrait sa vie en danger. Le policier aurait déjà fait l’objet de menaces de mort, notamment sur les réseaux sociaux.
La Ville avait toutefois indiqué qu’elle était disposée à ce que les noms de l’agent et de son co-intervenant ne soient communiqués qu’aux plaignants et à leurs avocats.
Le jeune Nooran a été tué lors d’une intervention policière le 21 septembre 2025, après un appel au 911 signalant la présence d’un groupe de jeunes qui auraient été armés dans un quartier résidentiel.
Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) a déjà indiqué que la seule arme à feu saisie sur les lieux appartenait au policier qui a tiré sur l’adolescent. Les policiers ont également saisi un bâton de baseball, un sac à dos et des cagoules, mais aucune arme blanche.
Le BEI a remis son rapport d’enquête au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) en mars. Ce dernier devra déterminer s’il y a lieu de porter des accusations contre des agents impliqués dans cet évènement qui a choqué la province.
Autrement, en août dernier, les procédures judiciaires qui avaient été amorcées contre 11 jeunes âgés entre 13 et 17 ans dans la foulée des évènements qui ont mené à la mort du jeune Nooran ont été suspendues. Le DPCP citait alors «une question juridique complexe […] soulevée» par l’obtention «de nouveaux éléments» pour justifier la suspension.
Cette décision n’a pas mis fin aux procédures et le DPCP dispose d’un an pour les reprendre, au bout d’une analyse approfondie.
Cinq des suspects ont été arrêtés en vertu de mandats visés et six autres suspects ont été accusés par voie de sommation. Mineurs au moment des faits, l’identité des jeunes ne peut être dévoilée.
Les chefs d’accusation varient selon les individus visés. Ils comprennent notamment complot d’enlèvement, complot de séquestration, complot de voies de fait, port d’un déguisement dans un dessein criminel, possession d’arme dans un dessein dangereux, attroupement illégal et non-respect de diverses ordonnances.
Enfin, au début du mois de juin, Ian Lafrenière, qui était à l’époque ministre de la Sécurité intérieure, a également déclenché une enquête administrative en lien avec l’intervention policière du SPAL. La mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, avait fait cette demande en décembre dernier.
Avec de l’information de CTV News et de La Presse canadienne.

