Guenuite Kiwangala Mubwaka, cette ex-responsable d’un service de garde en milieu familial de Beauport qui a reconnu être responsable du décès d’un bébé de 14 mois, devra purger 12 années de prison avant d’accéder à une demande de libération conditionnelle, a tranché mardi le juge François Huot de la Cour supérieure du Québec.
Le magistrat a ainsi fait le choix, à contre-cœur soulignera-t-il plusieurs fois, d’accepter la suggestion commune des avocats de la poursuite et de la défense.
«La suggestion commune m’apparaît définitivement trop clémente. Nous ne sommes peut-être pas en présence de la pire criminelle, mais nous sommes sans doute en présence de l’un des pires crimes que l’on peut imaginer», a-t-il partagé mardi au palais de justice de Québec.
Qualifiant les gestes commis par Guenuite Kiwangala Mubwaka de «crime crapuleux», le juge Huot a affirmé que s’il n’en tenait qu’à lui, il aurait imposé une peine de 18 ans avant de permettre à la femme d’avoir accès à une demande de libération conditionnelle.
Le magistrat a toutefois affirmé qu’il acceptait la suggestion commune de 12 ans par égard au père et à la mère de la jeune victime. «J’ai compris de leur témoignage qu’ils n’en peuvent plus, qu’ils sont au bout du rouleau, par votre faute », a-t-il évoqué, soulignant que s’il refusait la suggestion commune, l’affaire irait automatiquement devant la Cour d’appel du Québec et qu’il exposerait ainsi les parents à de nouvelles longues procédures judiciaires. «Je suis incapable de leur faire ça. [...] Je considère qu’il faudrait être sans cœur de ne pas considérer les représentations des parents. Ils ont assez souffert.»
Le juge François Huot a tenu à répéter quelques fois que sa décision n’était aucunement prise à l’égard de Guenuite Kiwangala Mubwaka, qui est restée impassible tout au long de l’audience. «Les crimes perpétrés sur [le bébé] constituent une véritable abomination. Ils sont tout à fait inconcevables, d’autant plus que vous êtes mère. C’est d’autant plus révoltant», a-t-il dit. «Vous n’avez même pas eu le cœur de manifester des excuses ou des remords. Quel genre de femme êtes-vous, madame?»
Le magistrat a aussi souligné qu’il était heureux que les membres de la famille de la victime n’aient pas eu à voir les images vidéo qui avaient été déposées en preuve dans cette affaire. «Les images que j’ai vues, elles vont demeurer dans ma mémoire. J’espère que ces images-là vont vous poursuivre pour longtemps. J’espère qu’elles vont vous poursuivre jusqu’à votre dernier souffle».
Le juge François Huot a fait savoir qu’il a pris en considération deux circonstances atténuantes pour prendre sa décision, soit le fait que la femme n’a pas d’antécédents judiciaires et qu’elle a enregistré des plaidoyers de culpabilité, «bien que de façon tardive», évitant ainsi un procès «extrêmement pénible» pour les proches.
La liste des facteurs aggravants est plus longue et inclut l’âge de la victime — «14 petits mois», soulignera le juge Huot — la vulnérabilité de cette dernière, l’abus d’autorité et de confiance de l’accusée envers sa victime, le fait qu’il y ait eu des épisodes de violence répétés, la trahison de l’accusée envers les parents de la victime et des faits qui prouvent que l’accusée planifiait une fuite vers Toronto et le Congo.
La prison à vie
Guenuite Kiwangala Mubwaka a été arrêtée en mars 2024 à la suite d’une enquête du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) — quatre jours après la mort de l’enfant survenue dans un service de garde en milieu familial de la rue Sainte-Thérèse dans le secteur de Beauport à Québec. Le conjoint de Mme Mubwaka, Josaphat Mayuba Ndele, est également accusé de complicité dans cette affaire.
Guenuite Kiwangala Mubwaka a plaidé coupable vendredi dernier à une accusation réduite de meurtre au deuxième degré, évitant ainsi un procès qui devait s’amorcer cette semaine.
Son plaidoyer de culpabilité entraîne automatiquement une peine de prison à vie. La femme a aussi plaidé coupable à trois chefs d’accusation de voies de fait, concernant la petite victime ainsi que deux autres enfants.
Outre la prison à perpétuité sans possibilité de faire une demande de libération conditionnelle avant 12 ans, le juge François Huot a aussi imposé à Guenuite Kiwangala Mubwaka un prélèvement d’ADN et une interdiction de port d’arme à vie.
Les autorités concernées dans cette affaire ont indiqué que des mesures de déportation seront envisagées à l’encontre de Guenuite Kiwangala Mubwaka et qu’elles seront fort probablement exécutées à la fin de sa sentence.
