Justice

Mustapha Khalil Mechken plaide coupable du meurtre au deuxième degré de sa conjointe

Le dossier doit revenir devant le tribunal le 10 novembre prochain pour les représentations de la peine.

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Un homme plaide coupable du meurtre au deuxième degré de sa conjointe Mustapha Khalil Mechken a plaidé coupable de meurtre au deuxième degré de sa conjointe Narjess Ben Yedder, tuée en janvier 2024.

Mustapha Khalil Mechken, âgé de 45 ans, a plaidé coupable de meurtre au deuxième degré de sa conjointe Narjess Ben Yedder, tuée en janvier 2024.

Lors de l’audience de mardi matin qui devait marquer le début du procès, les deux parties ont présenté le plaidoyer de culpabilité au juge Marc-André Blanchard.

Le procureur a proposé une peine de prison à perpétuité sans possibilité de liberté conditionnelle avant 22 ans. Les deux parties prévoient de présenter une suggestion commune de peine, ce que le juge n’est pas obligé d’accepter.

Le juge Blanchard a demandé également à l’accusé s’il comprenait ce que signifie être coupable, à savoir que son acte était illégal. Il s’est assuré que les aveux ont été faits de son plein gré.

Le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Pierre-Olivier Bolduc, mentionne que la peine reflète «l’extrême violence de ce meurtre et la gravité évidente des gestes».

Le juge a également exprimé sa profonde tristesse envers la famille de la victime. «Je partage votre douleur et votre effroi», a-t-il dit mardi. «Vous bénéficiez de toute la compassion de la cour.»

L’accusé, qui avait regardé les quelques membres de la famille à son arrivée en salle, regardait au sol et évitait tout contact visuel par la suite.

La mère de la victime a fondu en larmes lors de l’audience et un proche a dit être très soulagé par le verdict.

La famille de la victime a fait le déplacement depuis la Tunisie pour assister au procès. Ils devraient prendre la parole mardi prochain, date à laquelle le dossier doit revenir devant le tribunal pour les représentations de la peine.

Rappel des faits

Le 26 janvier 2024, Narjess Ben Yedder, âgée de 32 ans, avait été retrouvée poignardée à son domicile du quartier Pointe-aux-Trembles. Son décès avait été constaté sur place.

Le crime a pris place lorsqu’elle dormait. La femme, qui était enceinte de son premier enfant depuis 10 semaines, a reçu 49 coups de couteau, dont 32 à l’abdomen. C’est l’accusé qui a appelé les services d’urgence après avoir changé de vêtements.

L’enregistrement de l’appel au 911 a par ailleurs été dévoilé, mardi. On entend Khalil Mechken dire qu’il a tué sa femme «avec des coups de couteau dans le ventre».

L’homme a pris deux couteaux de 30 centimètres pour commettre l’irréparable.

«J’étais sur les nerfs et je l’ai fait.»

—  Extrait de l'appel au 911

L’accusé, qui avait les mains ensanglantées et qui avait des marques d’égratignures sur les avant-bras, a été arrêté sur place par les policiers. «Durant le transport, l’accusé a demandé aux policiers s’il fera de la prison à perpétuité», peut-on lire dans l’exposé des faits.

Selon la preuve recueillie par les policiers, son ADN a été trouvé sous les ongles de la victime et du sang de la victime avait été retrouvé à plusieurs endroits sur son corps et ses vêtements.

Le couple était marié depuis 2021.

Une veillée a été organisée le 30 janvier 2024 en mémoire de Narjess Ben Yedder, 32 ans, tuée à son domicile le 26 janvier. (Pedro Querido/CTV News) Une veillée a été organisée le 30 janvier 2024 en mémoire de Narjess Ben Yedder, 32 ans, tuée à son domicile le 26 janvier. (Pedro Querido/CTV News)

«Il n’était pas prêt» d’avoir un enfant

Lors de l’enquête, les policiers ont analysé le contenu de son cellulaire. Ils ont trouvé des éléments perturbants.

Avant le meurtre, dans le même mois, Mustapha Khalil Mechken avait effectué des recherches sur internet sur divers sujets abordant notamment «l’absence/trouble du sommeil, l’absence de motivation, l’indécision, la présence de trouble compulsif, les pensées intrusives, les signes de burn out, l’incapacité à concrétiser ses projets et ls signes dépressifs».

Entre le 11 et 14 janvier 2024, il a fait plusieurs recherches sur les allocations du conjoint survivant, les prestations de survivant d’un régime de retraite et l’héritage d’un époux au Canada. Le 21 janvier, il a fait des recherches en ligne sur la phrase suivante: «je ne veux pas m’occuper de mon petit».

Quelques jours plus tard, il a même fait des recherches sur l’annulation de promesse d’achat accepté sur un immeuble et le jour du meurtre, il a regardé en ligne la durée e prison pour meurtre.

Selon l’exposé des faits, l’homme aurait dit à sa femme entre le 21 et 25 janvier 2024 qu’il n’était pas prêt à avoir un enfant, qu’il regrettait l’achat du condo et voulait retourner vivre en Tunisie. «Il était nerveux à l’idée que la victime soit en congé de maternité particulièrement concernant le revenu familial», indique-t-on dans le document judiciaire.