Justice

Le jury entame ses délibérations au procès de Russell Brand

Au terme de trois semaines de discussions et de témoignages, le juge Joel Bennathan a rappelé au jury qu’il devait parvenir à une décision unanime.

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L'humoriste et acteur Russell Brand arrive à la Cour de la Couronne de Southwark, à Londres, le mardi 3 novembre 2026. Photo AP L'humoriste et acteur Russell Brand arrive à la Cour de la Couronne de Southwark, à Londres, le mardi 3 novembre 2026. Photo AP (Alastair Grant)

Les jurés ont commencé à délibérer, mardi, au procès de l’humoriste et acteur Russell Brand, accusé de viol et d’agression sexuelle.

Au terme de trois semaines de discussions et de témoignages, le juge Joel Bennathan a rappelé au jury de la Cour de la Couronne de Southwark à Londres qu’il devait parvenir à une décision unanime.

«Je ne peux accepter qu’un verdict qui soit celui de vous douze», a-t-il déclaré.

Russell Brand, qui est en liberté sous caution, s’est présenté chaque jour au tribunal, accompagné de son épouse, Laura Gallacher.

Six femmes accusent l’humoriste et acteur d’inconduite sexuelle entre 1999 et 2009, une décennie au cours de laquelle Brand est passé du statut d’humoriste en pleine ascension à celui de grande célébrité au Royaume-Uni.

Les procureurs ont fait valoir que, pendant cette période, Brand était «un prédateur sexuel» qui s’en est pris à ces femmes dans une chambre d’hôtel, dans les bureaux londoniens de MTV, dans les toilettes d’un bar londonien, dans une station de radio, dans un studio d’enregistrement et à son domicile.

Brand, âgé de 51 ans, a plaidé non coupable de trois chefs d’accusation de viol, de trois chefs d’agression sexuelle et d’un chef de tentative d’attentat à la pudeur.

Lors de son témoignage, l’animateur a reconnu avoir été obsédé par le sexe dans sa jeunesse, mais a affirmé que ses relations avaient toujours été consensuelles.

Les avocats de Russell Brand ont fait valoir que les plaignantes étaient discréditées par le fait qu’elles ne s’étaient présentées à la police que plusieurs années après les agressions présumées, et ce, à la suite de la diffusion d’un documentaire en 2023 contenant des allégations anonymes à l’encontre de Brand.

L’avocat de Brand, Ian Winter, a déclaré que ce documentaire avait «corrompu et contaminé la source de la justice».

Aucun comportement criminel, selon l’avocat

Dans sa plaidoirie finale lundi, Winter a argué que le jury devait dissocier la manière dont Brand traitait les femmes de l’enjeu à savoir s’il avait commis des crimes.

«Il n’est pas criminel de traiter les femmes avec méchanceté avant, pendant ou après un rapport sexuel, a-t-il soutenu. Il n’est pas, j’en ai bien peur, criminel d’être irrespectueux ou grossier, ni de se comporter comme un cinglé.»

Il a ajouté que Brand «avait eu d’innombrables relations sexuelles et qu’aucune d’entre elles n’était illégale».

«Dégoûtant, de mauvais goût, immoral (…) qui s’en soucie?, a lancé l’avocat. Cela n’a aucun rapport avec votre délibération.»

Connu pour ses sketches osés et ses problèmes de drogue et d’alcool, Brand s’est fait connaître au début des années 2000 en animant des émissions de télévision et sa propre émission de radio sur la BBC. Il a joué dans des films hollywoodiens, notamment Oublie Sarah Marshall (Forgetting Sarah Marsall) et 72 heures (Get Him to the Greek).

Ces dernières années, il s’est éloigné des médias grand public, s’est installé en Floride et s’est constitué une importante communauté en ligne grâce à des vidéos mêlant bien-être, théories du complot et réflexions sur sa dévotion religieuse.