Un couple californien a été arrêté pour maltraitance d’enfants à la suite d’une enquête sur un réseau de maternité de substitution - de mères porteuses – impliquant au moins 21 enfants âgés de quelques mois à 13 ans, ont déclaré mardi les autorités.
Silvia Zhang et son mari, Guojun Xuan, font face à plusieurs chefs d’accusation de maltraitance d’enfants et de complot en vue de commettre des actes de maltraitance, de complicité après le fait et d’intimidation d’un témoin, a confirmé le procureur du comté de Los Angeles, Nathan Hochman.
«Cette affaire est sans précédent. Elle est effroyable. Et les mauvais traitements physiques, les coups et les châtiments infligés à ces très jeunes enfants sont ignobles», a dit M. Hochman lors d’une conférence de presse mardi matin.
Les procureurs réclament une caution de 100 millions de dollars pour le couple en raison de la gravité des accusations et du risque qu’ils prennent la fuite, a précisé M. Hochman. Ils devaient comparaître devant le tribunal de Pasadena plus tard mardi.
Quinze enfants ont été retirés de la somptueuse demeure du couple à Arcadia l’année dernière à la suite d’allégations de maltraitance, et six autres, vivant ailleurs, ont également été localisés. Leur âge variait de 2 mois à 13 ans, la plupart ayant entre 1 et 3 ans.
La police croit que Mme Zhang a donné naissance à un ou deux de ces enfants, tandis que les autres sont nés par maternité de substitution.
M. Hochman a expliqué que le couple avait mis sur pied une agence de maternité de substitution qu’il exploitait depuis son domicile et qu’il utilisait cette agence pour embaucher des mères porteuses partout aux États-Unis.
«Cette maison ne peut être décrite que comme une maison des horreurs pour ces très jeunes enfants.»
— Le procureur du comté de Los Angeles, Nathan Hochman
Une vidéo montre des gardiennes maltraitant les enfants
Mme Zhang et M. Xuan ont été arrêtés pour la première fois en mai 2025 après qu’un hôpital a signalé que leur nourrisson de 2 mois présentait un traumatisme crânien, causé par une gardienne qui avait secoué violemment le bébé à leur domicile, selon la police d’Arcadia.
La police d’Arcadia n’avait pas porté d’accusations à ce moment-là, afin de mener à bien une enquête approfondie, a-t-elle précisé.
M. Hochman a indiqué que le couple avait aménagé trois pièces qu’ils appelaient des «centres d’apprentissage», où les enfants passaient plusieurs heures par jour assis à des pupitres sous la surveillance de gardiennes.
Grâce à un vaste système de surveillance comprenant des caméras activées par le mouvement, le couple observait ses gardiennes infliger quotidiennement des coups et des mauvais traitements physiques aux enfants, a-t-il ajouté.
On avait demandé aux gardiennes «de ne laisser aucune marque physique sur les enfants», a avancé M. Hochman.
Avant l’arrivée de la police pour mener l’enquête en mai 2025, Zhang et Xuan avaient dit aux enfants de nier avoir été battus.
La police a examiné les images de surveillance montrant les gardiennes en train de frapper les enfants. Elle a émis un mandat d’arrestation à l’encontre de la gardienne aperçue en train de maltraiter un nourrisson de deux mois, Chunmei Li, mais celle-ci n’a pas pu être retrouvée.
«Les accusés devront rendre des comptes», a affirmé M. Hochman, précisant que l’un d’entre eux risque plus de 17 ans de prison s’il est reconnu coupable.
Pourquoi le couple a insisté pour appliquer une telle discipline?
Interrogé sur les motivations du couple, M. Hochman a répondu que cela faisait partie de l’enquête en cours, tout comme la filiation de chacun des enfants.
Mitchell Krems, l’avocat de Mme Xuan, avait précédemment déclaré à ABC7 que l’objectif de Mme Xuan était d’élever des enfants qui deviendraient des adultes productifs.
«S’il a tous ces enfants, c’est parce qu’il souhaite qu’ils contribuent à la société. Ce n’est pas un homme qui se laisse aller à ses caprices», a avancé M. Krems. «Certains riches dépensent peut-être leur argent en bijoux ou en autos, mais lui consacre en réalité ses ressources à l’éducation de ses enfants afin qu’ils puissent devenir les philosophes, les médecins, les chercheurs et les inventeurs qui aideront la société.»
M. Krems n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires envoyée par courriel concernant les arrestations de mardi.
Les mères porteuses affirment avoir été induites en erreur
La maternité de substitution est un accord entre plusieurs parties visant à ce qu’une femme tombe enceinte, généralement par le biais d’un transfert d’embryon, et mette au monde un bébé pour un autre parent.
Cette pratique n’est soumise à aucune réglementation fédérale, ce qui laisse aux États le soin d’établir les règles s’ils choisissent de l’autoriser.
La Californie est considérée comme un «État favorable à la maternité de substitution» car elle dispose de lois claires régissant le processus. Les deux parties sont tenues d’être représentées par des avocats, et un contrat écrit et notarié doit être établi avant qu’un transfert d’embryon n’ait lieu.
Les enquêteurs ont déclaré qu’ils cherchaient à déterminer si le couple avait induit en erreur des mères porteuses à travers le pays. Au moins huit femmes se sont manifestées pour affirmer avoir été sollicitées de manière insistante par le couple afin de devenir mères porteuses.
Ces femmes, dont beaucoup en étaient à leur première expérience en tant que mères porteuses, affirment avoir reçu des renseignements trompeurs ou incomplets concernant la situation familiale et les intentions du couple.
Au moins l’une d’entre elles, Kayla Elliott, tente actuellement d’obtenir la garde d’un bébé qu’elle a mis au monde pour le couple.
