L’Iran a de nouveau lancé dimanche des attaques au moyen de drones et de missiles visant Bahreïn et le Koweït, en réponse aux nouvelles frappes aériennes américaines contre la République islamique, et a menacé de «suspendre complètement» les négociations visant à mettre fin à la guerre si Washington poursuivait ses attaques.
Les efforts visant à rouvrir le détroit d’Ormuz sans la supervision directe de l’Iran ont déclenché plusieurs jours d’échanges de tirs et ont mis en péril les pourparlers en vue d’un cessez-le-feu durable. Un organisme maritime multinational supervisé par la Marine américaine a annoncé samedi qu’il élargirait une voie de navigation près d’Oman pour le trafic entrant et sortant, créant ainsi un nouveau point de friction avec Téhéran.
La communauté internationale considère depuis longtemps le détroit comme une voie de passage internationale, bien qu’il soit situé dans les eaux territoriales de l’Iran et d’Oman. Ces derniers jours, l’Iran a attaqué à deux reprises des navires empruntant une voie de navigation du côté omanais dans le cadre d’une opération d’évacuation appuyée par une agence des Nations Unies.
L’Iran insiste pour être le seul à régir le détroit, cette étroite embouchure du golfe Persique qui acheminait autrefois un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a réitéré cette revendication dimanche.
«Toute tentative visant à établir des ententes nouvelles ou distinctes de celles actuellement mises en œuvre par la République islamique d’Iran ne fera que compliquer davantage la situation, retarder la réouverture du détroit d’Ormuz et accroître le niveau de tension», a dit M. Araghchi.
Les États-Unis et l’Iran discutent des modalités d’un accord provisoire, notamment des dispositions relatives à la navigation dans le détroit, de la levée du blocus américain sur les ports iraniens et des sanctions contre l’Iran, ainsi que de l’avenir des stocks d’uranium hautement enrichi de l’Iran. En vertu du protocole d’entente signé ce mois-ci, ils disposent de 60 jours pour régler les détails.
L’entente provisoire vise à mettre fin aux combats sur tous les fronts avant que certaines questions clés puissent être discutées. La poursuite des combats au Liban, où un soldat israélien a été tué par des tirs du Hezbollah tôt dimanche matin, menace également l’entente.
Des frappes visent les États du Golfe accueillant des forces militaires américaines
La Garde révolutionnaire, une force paramilitaire iranienne, a revendiqué la responsabilité des attaques au Bahreïn et au Koweït.
L’armée koweïtienne a précisé que ses défenses aériennes avaient intercepté des drones et des missiles iraniens juste après les frappes américaines en Iran. Le Koweït, qui abrite une importante base militaire américaine, a déclaré avoir intercepté deux missiles balistiques. Aucun blessé ni dégât n’a été signalé.
Le ministère de l’Intérieur de Bahreïn a indiqué que les frappes iraniennes avaient endommagé un immeuble résidentiel près de l’aéroport international et qu’il n’y avait eu aucun mort. Le ministère a publié des photos d’un immeuble de huit étages, dont le dernier étage a été détruit et les fenêtres soufflées.
Bahreïn abrite la 5e flotte de la Marine américaine, dont la base a fait l’objet d’attaques répétées pendant la guerre. L’immeuble endommagé ne se trouvait pas à proximité du quartier général de la flotte.
Le ministère des Affaires étrangères de Bahreïn a dénoncé ce qu’il a qualifié de « dangereuse escalade qui révèle que les agissements de Téhéran ne constituent ni un acte passager, ni un incident isolé, mais plutôt une approche délibérée et un schéma systématique d’agressions répétées ».
Trump accuse l’Iran d’avoir violé le cessez-le-feu en attaquant un navire
Le Commandement central de l’armée américaine a annoncé avoir frappé des «infrastructures de surveillance, des systèmes de communication, des sites de défense aérienne, des installations de stockage de drones et des capacités de pose de mines» de l’armée iranienne à la suite d’une attaque contre un navire en mer samedi. Le pétrolier Kiku, battant pavillon panaméen, transportait du pétrole brut pour la société énergétique d’État du Qatar, un médiateur clé entre l’Iran et les États-Unis.
Le président Donald Trump a accusé l’Iran, sur les médias sociaux, d’avoir violé le cessez-le-feu et a averti qu’à un certain moment, les États-Unis pourraient ne plus se montrer raisonnables « et seraient contraints de mener à bien cette mission par la force militaire ».
«Si cela se produit, la République islamique d’Iran n’existera plus!», a écrit M. Trump.
Les échanges de tirs ont commencé jeudi lorsqu’un drone iranien a frappé un navire marchand au large d’Oman et que l’armée américaine a riposté par des frappes.
Le trafic maritime dans le détroit s’était intensifié au cours des 72 dernières heures, tant au large de l’Iran que d’Oman, a indiqué dimanche l’organisme maritime multinational supervisé par la Marine américaine, ajoutant que « les transits commerciaux assistés par les États-Unis se sont poursuivis sans interruption malgré un contexte de menace accrue ».
Il a précisé que 89 de ces transits avaient été effectués, un chiffre qui reste inférieur à la moyenne historique de 138 navires par jour.
L’Iran réclame la création d’une nouvelle «unité de contrôle des conflits» au Liban
La semaine dernière, Israël et le gouvernement libanais ont signé un accord-cadre visant à mettre fin aux derniers combats entre Israël et le groupe militant du Hezbollah, soutenu par l’Iran, qui avaient débuté deux jours après le début de la guerre avec l’Iran, lorsque le Hezbollah avait tiré sur Israël. Israël a réagi par une invasion qui a conduit à l’occupation de vastes portions du sud du Liban, et a déclaré qu’il ne se retirerait pas tant que le Hezbollah ne serait pas désarmé.
Mais l’entente de la semaine dernière n’incluait ni l’Iran ni le Hezbollah, qui a critiqué l’accord et rejeté les appels au désarmement.
Dimanche, M. Araghchi a réaffirmé que les États-Unis devaient forcer Israël à cesser ses attaques et à se retirer. Israël occupe environ 600 kilomètres carrés dans le sud du Liban, qu’il considère comme une zone tampon de sécurité.
Mais des affrontements sporadiques se sont poursuivis, et le chef du Hezbollah a indiqué samedi que le groupe continuerait à se battre jusqu’à ce qu’Israël se retire du Liban.
Le principal négociateur iranien et président du Parlement, Mohammad Bagher Qalibaf, a affirmé dimanche qu’une réunion d’une nouvelle «unité de contrôle des conflits» formée entre l’Iran, les États-Unis et le Liban devrait avoir lieu dès que possible, a rapporté la chaîne d’État iranienne.
La fréquence des frappes israéliennes au Liban a considérablement diminué depuis la signature de l’entente entre l’Iran et les États-Unis, mais deux frappes distinctes ont touché le sud du Liban dimanche matin — l’une dans la ville de Taybeh et l’autre dans la région de Nabatiyeh, selon l’Agence nationale d’information libanaise. Aucune information n’a été communiquée dans l’immédiat concernant d’éventuelles victimes.
Au cours de la nuit, des militants du Hezbollah ont tué un soldat israélien dans le village de Deir Siryan, dans le sud du Liban, selon l’armée israélienne. Le Hezbollah n’a pas fait de commentaire.
«Nous sommes prêts à reprendre rapidement des opérations offensives tant au Liban qu’en Iran si nécessaire», a exprimé le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir.

