Les États-Unis ont lancé une frappe contre l’Iran, vendredi, en réponse à une attaque par drone la veille sur un navire de charge dans le détroit d’Ormuz. Il s’agit de la menace la plus importante à l’accord de principe conclu il y a une semaine par les deux pays pour mettre fin à la guerre qui dure depuis des mois et rouvrir la voie de navigation cruciale.
Plus tôt vendredi, le président américain Donald Trump avait attribué à l’Iran l’attaque par drone dans le détroit d’Ormuz, qualifiant cet acte de «violation insensée» de l’accord de cessez-le-feu conclu avec les États-Unis.
M. Trump a affirmé que l’un des quatre drones tirés sur le navire avait endommagé son pont supérieur lors de l’attaque de jeudi, mais le navire a pu poursuivre sa route. Les États-Unis ont abattu les autres drones, a-t-il ajouté.
Questionné à savoir si les États-Unis allaient riposter à cette attaque, le président avait dit aux journalistes à Washington: «Eh bien, vous allez voir.»
Le Commandement central américain a affirmé que l’armée avait frappé des sites de missiles, de drones et de radar en Iran.
L’armée britannique a déclaré jeudi qu’un navire avait été touché par un projectile au large des côtes d’Oman, quelques heures après que l’Iran a menacé les navires de cesser d’emprunter cette route. Le Centre des opérations du commerce maritime du Royaume-Uni a indiqué qu’aucun blessé n’était à déplorer.
L’attaque contre le cargo s’est produite alors qu’une agence maritime des Nations unies entamait cette semaine une opération visant à faire sortir du détroit les navires bloqués, en empruntant une route alternative longeant les côtes d’Oman plutôt que de traverser la partie centrale du détroit.
L’Organisation maritime internationale a suspendu les évacuations après l’attaque et a déclaré vendredi qu’elle ne les reprendrait pas tant qu’elle n’aurait pas obtenu de garanties que les autres navires ne seraient pas attaqués.
Environ 115 navires ont pu quitter le détroit ces derniers jours, laissant environ 500 autres toujours dans la zone, a indiqué Arsenio Dominguez, secrétaire général de l’agence.
Les États-Unis et l’Iran continuent de négocier les termes de l’accord, notamment sur des questions telles que le passage des navires dans ce détroit stratégique et l’avenir des stocks d’uranium enrichi de l’Iran. Les deux parties disposent de 60 jours pour en régler les détails en vertu de l’accord provisoire.
L’attaque met le transport maritime à l’épreuve
Selon des analystes du secteur maritime, cette attaque de drone a changé la donne pour ce qui était jusqu’alors un flux croissant de navires bloqués quittant enfin le golfe et un trafic de plus en plus intense de pétroliers transportant du pétrole brut.
«Une semaine marquée par un regain de confiance des acteurs commerciaux dans le détroit d’Ormuz vient de subir son premier test significatif», a déclaré la société de données maritimes Windward sur X. Elle a précisé que, bien que le détroit reste ouvert sur le plan opérationnel avec 43 transits enregistrés après l’incident, «le rythme de la normalisation a ralenti».
Mercredi, avant l’attaque de drone de jeudi, 78 navires avaient transité par le détroit, un chiffre record depuis le début de la guerre, bien qu’inférieur aux moyennes d’avant-guerre, qui s’élevaient à 130 ou plus par jour.
Au moins deux pétroliers ont fait demi-tour alors qu’ils tentaient de franchir le détroit sur la route soutenue par l’ONU près d’Oman à la suite d’un message de l’Iran insistant pour que les navires empruntent uniquement les routes approuvées par Téhéran, selon la société de données et d’analyse maritimes Lloyd’s List Intelligence.
Plus d’une vingtaine de navires continuaient de transiter par la route sud du détroit après l’attaque, a indiqué Lloyd’s vendredi.
Une alerte au missile sème la panique à Dubaï
Les autorités des Émirats arabes unis ont lancé vendredi une alerte à Dubaï concernant l’approche d’un missile, avant d’inviter rapidement la population à «ignorer l’alerte précédente», ce qui laisse penser qu’elle a probablement été déclenchée par erreur.
Peu après l’alerte, le gouvernement émirati a indiqué qu’un entretien téléphonique avait eu lieu entre le ministre des Affaires étrangères, le cheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Il rapporte que le cheikh Abdullah aurait souligné «l’importance d’un engagement total» envers l’accord provisoire à M. Araghchi.
«Une diplomatie sérieuse et un dialogue responsable constituent la voie optimale pour résoudre toutes les crises régionales et internationales», a-t-il affirmé.
