Conflit au Moyen-Orient

Trump fustige les républicains du Sénat au sujet du vote sur la guerre en Iran

Publié le 

Le président américain Donald Trump s'adresse aux journalistes sous le regard du sénateur John Barrasso et du chef de la majorité au Sénat, John Thune, au Capitole, à Washington, le 24 juin 2026. (AP/Jacquelyn Martin) (Jacquelyn Martin)

Le président Donald Trump a vertement critiqué les sénateurs républicains mercredi, lors d’une visite au Capitole, pour avoir autorisé un vote visant à bloquer sa guerre contre l’Iran, ce qui a encore exacerbé une querelle qui a détourné les efforts du Parti républicain, censés se concentrer sur les questions de pouvoir d’achat en cette année électorale, et paralysé une grande partie des travaux de la chambre.

Invité à prendre la parole lors du déjeuner du Parti républicain par le sénateur de Floride Rick Scott, Donald Trump avait laissé entendre à l’avance qu’il profiterait de cette réunion à huis clos pour pousser les sénateurs à adopter son projet de loi sur la preuve de citoyenneté pour voter.

Cependant, la conversation a davantage porté sur le vote de mardi visant à approuver la résolution sur les pouvoirs de guerre, une mesure essentiellement symbolique qui permet au Congrès de désapprouver les actions militaires de l’administration. La Chambre des représentants avait adopté sa propre version de la résolution plus tôt ce mois-ci.

Donald Trump a eu des mots particulièrement durs à l’égard des quatre sénateurs républicains qui ont voté avec les démocrates sur cette mesure — les républicains Lisa Murkowski (Alaska), Susan Collins (Maine), Rand Paul (Kentucky) et Bill Cassidy (Louisiane) — après les avoir qualifiés de «perdants» sur les réseaux sociaux.

La plupart des républicains sont restés silencieux. Mais, M. Cassidy, qui a perdu sa réélection lors des primaires le mois dernier après que M. Trump a apporté son soutien à un adversaire, s’est levé pour défendre son vote.

«Je me suis levé et j’ai dit: “Vous n’avez pas expliqué au peuple américain ce qui se passe”, a rapporté M. Cassidy aux journalistes après la réunion. Cela devait durer quatre semaines, cela a duré quatre mois. Nos objectifs initiaux n’ont pas été atteints.»

Les deux hommes «se sont renvoyé la balle», a expliqué M. Cassidy, et il a «adopté le même ton et le même volume» jusqu’à ce que quelqu’un lui dise de s’asseoir, après quoi il a tenté de calmer le jeu. M. Cassidy a cependant dit qu’il ne voulait pas se laisser intimider.

«Je voterai en faveur des pouvoirs de guerre jusqu’à ce que j’obtienne un breffage», a-t-il déclaré par la suite.

Donald Trump a demandé à plusieurs reprises à M. Cassidy de s’asseoir, selon une personne au courant de cette réunion privée mais non autorisée à en parler. À un moment donné, le président a traité le sénateur de «fou».

En quittant le Capitole, M. Trump a qualifié cette rencontre de «formidable», mais il a exprimé sa frustration à l’égard de certains législateurs républicains.

«Nous apprécions notre chef. En réalité, nous apprécions tout le monde dans cette salle. Je n’apprécie pas quelques personnes, mais ce n’est pas grave, et je pense que vous savez de qui il s’agit», a-t-il dit.

Cette réunion a marqué l’aboutissement de plusieurs semaines de tensions entre Donald Trump et les républicains du Sénat, et a ajouté une nouvelle source de frustration, le vote de mardi étant la première fois que le Sénat adoptait une résolution sur les pouvoirs de guerre concernant le conflit avec l’Iran.

Donald Trump a clairement fait savoir qu’il n’était pas d’humeur à faire des compromis avant même que la réunion ne commence, en annulant une cérémonie de signature prévue pour un projet de loi sur le logement qui avait été adopté à une écrasante majorité par les deux chambres cette semaine et que les législateurs républicains présentaient comme un succès en cette année électorale.

Marche arrière sur le projet de loi sur le logement

Les sénateurs républicains attendaient avec impatience de tenir une réunion de réconciliation avec le président après l’escalade des tensions ces dernières semaines. Mais M. Trump a bouleversé leurs plans en annonçant sur les réseaux sociaux qu’il ne signerait pas la loi tant qu’ils ne lui auraient pas transmis le «SAVE America Act», son projet de loi exigeant une preuve de citoyenneté pour tous les électeurs.

Le sénateur de la Caroline du Nord, Thom Tillis, affirme ne pas comprendre pourquoi le président prend le projet de loi sur le logement en «otage» au profit du projet de loi sur le vote, qui «ne sera jamais adopté par ce Congrès».

«Cela n’a aucun sens pour moi», a affirmé M. Tillis à son arrivée à la réunion.

Le président Trump fait pression depuis des mois sur les républicains pour qu’ils mettent fin à l’obstruction systématique au Sénat et se concentrent sur le projet de loi sur la preuve de citoyenneté pour voter, même si le chef de la majorité au Sénat, le républicain du Dakota du Sud John Thune, lui a répété à plusieurs reprises qu’aucun des deux projets de loi ne disposait des voix nécessaires. Ce projet de loi exigerait une preuve de citoyenneté pour tous les électeurs.

M. Thune estime que «c’est un excellent texte législatif qui augmente l’offre de logements et facilite l’accès au crédit pour permettre aux gens d’accéder à la propriété». Il espère que M. Trump trouvera «finalement un moyen de le signer».

La Maison-Blanche n’a pas immédiatement répondu lorsqu’on lui a demandé si M. Trump opposerait son veto à ce texte. Mais son revirement apparent sur cette mesure, que les républicains avaient mise de l’avant avant les élections, ne fera probablement qu’aggraver la fracture grandissante entre le président et la majorité républicaine au Capitole.

Trump et les républicains en désaccord

La décision de M. Trump concernant le projet de loi sur le logement est son dernier revirement en date après des semaines de désaccord avec les républicains du Sénat.

Il a empêché le Sénat de confirmer l’un de ses propres candidats, lui a demandé de financer certaines parties de son projet de salle de bal à la Maison-Blanche et l’a contraint à défendre sa guerre contre l’Iran alors même qu’il remettait en question la stratégie et l’issue de celle-ci.

En refusant une cérémonie publique de signature du projet de loi, M. Trump affiche également une certaine indifférence face aux problèmes d’accessibilité au logement, qui constituent une préoccupation majeure pour bon nombre d’électeurs à l’approche des élections de mi-mandat de novembre.

Il a également contribué à éroder son propre soutien au Sénat après avoir appuyé des adversaires lors des primaires face à deux sénateurs républicains sortants qui constituaient auparavant des votes fiables pour son programme: le sénateur du Texas John Cornyn et le sénateur de la Louisiane Bill Cassidy. Tous deux ont perdu et se sont depuis montrés plus critiques à l’égard du président.

«Si nous voulons remporter les élections de mi-mandat, nous devons être sur la même longueur d’onde. Nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde actuellement, et je pense que c’est dangereux», a affirmé M. Cornyn.