Conflit au Moyen-Orient

Les États-Unis frappent plusieurs cibles en Iran

Les frappes en cours dans le golfe Persique montrent le risque que la guerre avec l’Iran ne devienne à nouveau incontrôlable.

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Ormuz Un porte-conteneurs (à droite) et un navire de charge sont visibles dans le détroit d’Ormuz, au large de Bandar Abbas, en Iran, le mercredi 17 juin 2026. (Amirhosein Khorgooi/AP via ISNA)

L’armée américaine a affirmé samedi avoir frappé plusieurs cibles en Iran sur ordre du président Donald Trump, poursuivant ainsi une série d’attaques qui ont ébranlé le fragile cessez-le-feu de la guerre.

Dans une publication sur les médias sociaux, le Commandement central américain a indiqué que des aéronefs militaires américains avaient pris pour cible des «infrastructures de surveillance, des systèmes de communication, des sites de défense aérienne, des installations de stockage de drones et des capacités de pose de mines» de l’armée iranienne, à la suite d’une attaque contre un navire marchand tôt samedi matin.

Les frappes en cours dans le golfe Persique montrent le risque que la guerre avec l’Iran ne devienne à nouveau incontrôlable, même après que l’Iran et les États-Unis aient conclu une entente provisoire visant à tenter de s’entendre sur un accord définitif pour mettre fin au conflit.

Dans une publication sur les médias sociaux, M. Trump a indiqué que les États-Unis avaient «frappé des sites de stockage de missiles et de drones iraniens, ainsi que des sites radar côtiers, pour avoir violé l’accord de cessez-le-feu, ENCORE UNE FOIS!» Il a mis en garde contre un moment où les États-Unis pourraient ne plus être en mesure de faire preuve de raison «et seraient contraints de mener à bien cette mission par la force militaire».

«Si cela se produit, la République islamique d’Iran cessera d’exister!», a écrit le président américain sur Truth Social.

Cet incident fait suite à un échange similaire survenu quelques jours auparavant, lorsqu’un drone iranien a frappé un navire marchand au large des côtes d’Oman jeudi et que l’armée américaine a riposté par des frappes le lendemain.

Le Commandement central américain a indiqué que, lors de cette dernière attaque, les forces iraniennes avaient pris pour cible le pétrolier Kiku à l’aide d’un drone kamikaze. Le pétrolier transportait plus de deux millions de barils de pétrole brut et traversait le détroit d’Ormuz.

Selon des sites Web de suivi des navires, le Kiku avait quitté un champ pétrolier qatari situé au milieu du golfe Persique plus tôt dans la semaine et se dirigeait vers un port des Émirats arabes unis situé sur le golfe d’Aman, juste de l’autre côté du détroit d’Ormuz.

Il semblait tenter d’emprunter une route établie près de la côte d’Oman, qui sert d’alternative à la route sanctionnée par l’Iran et qui traverse ses propres eaux territoriales.

Un organisme maritime multinational supervisé par la Marine américaine a affirmé samedi qu’il étendrait la route omanaise afin de permettre à la fois le trafic entrant et sortant, ce qui risque de créer un nouveau point de tension avec Téhéran, qui considère le détroit comme un levier clé dans les négociations en cours avec les États-Unis.

L’armée américaine a soutenu que «l’Iran avait eu l’occasion de respecter l’accord de cessez-le-feu», mais qu’il «avait choisi de ne pas le faire» lorsque ses forces ont attaqué le Kiku.

La télévision d’État iranienne a fait état d’explosions dans une zone située juste au nord du détroit d’Ormuz.

Bahreïn condamne l’attaque de drone menée par l’Iran

Bahreïn est l’un des plus fervents détracteurs de l’Iran et abrite la 5e flotte de la Marine américaine. Il vient d’accueillir le secrétaire d’État américain Marco Rubio à l’occasion d’une réunion des ministres des Affaires étrangères du Conseil de coopération du Golfe, qui s’est conclue par un appel à la fin des attaques iraniennes et à la réouverture complète du détroit.

Un communiqué du ministère des Affaires étrangères de Bahreïn a indiqué qu’un «certain nombre de drones iraniens» avaient pris le pays pour cible. Il a qualifié cette attaque de «menace flagrante pour la sécurité des citoyens et des résidents». Aucun dégât n’a été immédiatement signalé.

Plus tôt samedi, la Garde révolutionnaire iranienne, une force paramilitaire, a publié un communiqué relayé par l’agence de presse d’État IRNA, affirmant avoir pris pour cible plusieurs sites « de l’armée terroriste américaine dans la région ». Elle n’a pas précisé quelles zones avaient été visées.

Le Commandement central de l’armée américaine a dit que ses forces avaient frappé des sites de missiles et de drones iraniens ainsi que des stations radar côtières lors des frappes menées pendant la nuit.

Le vice-président américain JD Vance, qui a dirigé les négociations avec l’Iran, a écrit vendredi soir sur les médias sociaux que l’Iran devrait «décrocher le téléphone» en cas de désaccord sur l’accord de cessez-le-feu, «mais que la violence ne sera répondue que par la violence».

Les États-Unis et l’Iran négocient actuellement les modalités de l’entente, notamment des questions telles que le passage des navires dans le détroit – vital pour l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel – ainsi que l’avenir du programme nucléaire iranien et des stocks d’uranium hautement enrichi.

En vertu de l’entente provisoire, les deux parties disposent de 60 jours pour en régler les détails. La fin des combats au Liban entre Israël et le groupe militant du Hezbollah, soutenu par l’Iran, constitue un élément clé de l’entente.

Un navire pris pour cible alors que la voie de navigation dans le détroit s’élargit

Le Centre des opérations commerciales maritimes du Royaume-Uni (UKMTO), relevant de l’armée britannique, a indiqué qu’un pétrolier avait été attaqué samedi dans le détroit; l’équipage est sain et sauf et aucun dommage environnemental n’a été signalé. Personne n’a immédiatement revendiqué l’attaque, mais les soupçons se sont portés sur l’Iran.

Peu après cette annonce, le Centre conjoint d’information maritime, supervisé par la Marine américaine, a indiqué que la voie de navigation près des côtes d’Oman était élargie afin de permettre le trafic entrant et sortant.

L’Iran a insisté pour que les navires obéissent à ses ordres et a averti qu’il commencerait à percevoir des droits de passage pour le transit dans le détroit. Cependant, de plus en plus de navires tentent de quitter le Golfe ces derniers jours.

Ebrahim Azizi, qui préside la commission de la sécurité nationale du Parlement iranien, a écrit vendredi que «le détroit d’Ormuz est régi par l’Iran, donc: respectez les règles».

Les États-Unis et les États arabes du Golfe ont rejeté les exigences de l’Iran. Le détroit est considéré comme une voie navigable internationale, bien qu’il se trouve dans les eaux territoriales de l’Iran et d’Oman.

Le Centre conjoint d’information maritime a averti que la menace pesant sur les navires était « importante », ajoutant que « les marins sont informés de la présence de mines et doivent s’attendre à une présence navale alors que les opérations de déminage se poursuivent ».

L’Organisation maritime internationale a suspendu vendredi une nouvelle opération d’évacuation des navires et a déclaré qu’elle ne la reprendrait pas tant qu’elle n’aurait pas la garantie que les autres navires ne seraient pas attaqués. Elle a indiqué qu’environ 115 navires avaient pu quitter le détroit ces derniers jours.