Conflit au Moyen-Orient

L’Iran accuse les États-Unis de «violation» de l’accord, les deux pays échangent des frappes

Ces échanges de tirs font planer de nouvelles incertitudes sur le détroit d’Ormuz alors que les deux parties négocient un accord final plus large.

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Un homme se tient debout près d'une canne à pêche sur le rivage, tandis que des cargos et des navires commerciaux sont visibles dans le détroit d'Ormuz, au large de Bandar Abbas, en Iran, le mercredi 17 juin 2026. Amirhosein Khorgooi/ISNA via AP Un homme se tient debout près d'une canne à pêche sur le rivage, tandis que des cargos et des navires commerciaux sont visibles dans le détroit d'Ormuz, au large de Bandar Abbas, en Iran, le mercredi 17 juin 2026. ISNA via AP (Amirhosein Khorgooi)

L’Iran a accusé samedi les États-Unis de «violation flagrante» du protocole d’accord conclu pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, après des frappes américaines sur son territoire ayant entraîné une réplique de Téhéran.

Ces échanges de tirs font planer de nouvelles incertitudes sur le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique, alors que les deux parties négocient un accord final plus large.

Les frappes américaines de vendredi, les premières connues depuis la signature du protocole d’accord le 17 juin, faisaient suite à «l’attaque de la veille contre un navire commercial qui transitait par le détroit», selon l’armée américaine. Elles ont «ciblé des lieux de stockage de missiles et de drones et des sites radar côtiers en Iran».

Téhéran a dénoncé «une violation flagrante», tandis que les Gardiens de la Révolution ont annoncé samedi avoir attaqué des positions américaines dans la région du Golfe.

«Si l’agression se répète, notre réponse sera plus large», ont-ils averti.

La télévision iranienne a fait état vendredi soir d’une explosion sur un quai de Sirik et de tirs d’avertissement contre des «navires en infraction» dans le détroit. Selon l’agence Mehr, le port n’a subi «aucun dommage».

L’Iran a «signé un accord de cessez-le-feu. Nous l’avons respecté. S’ils ont des désaccords sur la mise en œuvre du protocole d’accord, ils peuvent décrocher leur téléphone. Mais la violence n’engendrera que la violence», a averti sur X le vice-président américain, JD Vance.

Le président Donald Trump a, lui, qualifié l’attaque du cargo de «violation stupide» du cessez-le-feu, alors que les deux belligérants sont entrés dans une phase de 60 jours de négociations pour parvenir à un accord final.

Pour H.A. Hellyer, du Royal United Services Institute de Londres, «l’Iran devrait poursuivre des actions coercitives calibrées et de faible intensité dans et autour du détroit d’Ormuz (...) afin de maintenir une pression constante sur le transport maritime international sans déclencher un conflit plus large».

«Sabotage des efforts de paix»

Le trafic maritime s’est néanmoins poursuivi dans le détroit, rouvert par l’Iran après le protocole d’accord.

Plusieurs bateaux ont emprunté un trajet non approuvé par Téhéran, même si l’autorité maritime iranienne avait averti que «tout passage en dehors du cadre défini ne bénéficierait pas des garanties de passage sécurisé».

Vendredi, 29 navires commerciaux ont franchi le détroit, selon les données du site de suivi Kpler en fin d’après-midi. Dix-sept ont suivi une route longeant les côtes d’Oman. Après un pic de 57 navires mercredi, 42 étaient passés jeudi.

Suspendu après l’attaque du cargo, le processus d’évacuation des quelque 600 navires, avec 11.000 marins à bord bloqués dans le Golfe depuis le début de la guerre, sera relancé dès l’obtention de «confirmations supplémentaires» sur les garanties de sécurité, a expliqué l’Organisation maritime internationale (OMI).

Depuis mardi, quelque 2.500 marins et 115 navires ont été évacués, selon l’OMI.

Un pétrolier a par ailleurs été touché par un projectile non identifié dans le détroit, a annoncé samedi l’agence maritime britannique UKMTO.

«Le navire a subi des dommages au niveau de la passerelle. L’équipage est sain et sauf», a-t-elle précisé.

Dans le Golfe, Bahreïn a annoncé samedi avoir été visé par plusieurs drones iraniens, accusant Téhéran de «sabotage des efforts de paix».

Déjà affaiblie par des années de sanctions internationales, l’économie iranienne a souffert de la guerre: l’inflation a bondi en juin, à près de 89% sur un an, selon des statistiques officielles publiées samedi. Les prix de l’alimentaire ont eux plus que doublé.

Sur l’autre front du conflit, le chef du Hezbollah pro-iranien Naïm Qassem a qualifié samedi de «grave erreur» l’accord-cadre signé la veille par le Liban et Israël sous l’égide des États-Unis, estimant qu’il était «nul et non avenu».

Le texte définit un objectif de «paix et sécurité durables» entre les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies, et prévoit un «désarmement vérifié des groupes armés non étatiques», au premier rang desquels la formation chiite.

«Premier pas» au Liban

Le président libanais Joseph Aoun a salué «un premier pas» vers la restauration de la souveraineté entière du Liban sans «occupation», «subordination» ni «tutelle».

Mais le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a dès vendredi soir précisé que son armée resterait dans le sud du Liban «tant que le Hezbollah ne serait pas désarmé».

Elle a annoncé avoir mené samedi une frappe contre des combattants présumés à Nabatiyé «qui représentaient une menace» pour ses soldats.

Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à son parrain iranien, après l’offensive américano-israélienne sur Téhéran le 28 février.