Plus de 3000 personnes, parmi lesquelles près de 500 familles, ont été déplacées à Hébron depuis le lancement vendredi d’une opération de l’armée israélienne à la suite d’une attaque meurtrière en Cisjordanie occupée, a indiqué lundi la municipalité de la ville.
Au total, «3189 personnes (ont été) déplacées en raison de l’opération militaire en cours à Hébron», a déclaré la municipalité, accompagnant son communiqué d’un rapport statistique sur les familles touchées.
Selon ce document, 491 familles ont été recensées comme déplacées, qui comprennent 209 enfants de moins de deux ans et 258 personnes âgées de 60 ans ou plus.
Deux soldats israéliens, âgés de 20 et 23 ans, ont été tués vendredi dans une attaque menée par deux assaillants palestiniens près de Hébron, la plus grande ville du territoire occupé par Israël depuis 1967.
Dans la foulée, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou avait annoncé le lancement d’une vaste opération militaire «antiterroriste» en Cisjordanie et l’armée est entrée dans le quartier où résidaient les auteurs de l’attaque, ordonnant aux habitants de rassembler leurs affaires et de quitter leur domicile.
L’armée israélienne a indiqué lundi à l’AFP avoir arrêté 40 personnes à travers la Cisjordanie, dont 20 dans la région d’Hébron, et mené des perquisitions dans plus de 400 lieux depuis le début de l’opération.
Dans la région de Hébron, «les troupes mènent des perquisitions précises, ciblées et approfondies afin de localiser et de démanteler les infrastructures terroristes et de retrouver des armes, tout en interrogeant les suspects», a-t-elle détaillé.
Elle a ajouté que l’opération «devrait se poursuivre pendant plusieurs jours».

Selon la chaîne publique israélienne Kan, la durée de l’intervention fait toutefois l’objet d’un désaccord entre le chef d’état-major israélien et les responsables politiques.
Lors d’une évaluation de la situation, le chef d’état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir, aurait demandé que l’opération s’achève dimanche (hier), une fois les perquisitions terminées, a rapporté la chaîne.
Mais Benjamin Netanyahou aurait tout de même exigé sa poursuite, selon une source militaire citée par Kan, alors que les Israéliens sont appelés aux urnes mardi pour des élections législatives destinées à désigner un nouveau Parlement.
Le chef du gouvernement a centré sa campagne sur la sécurité, affirmant pouvoir en être le seul garant.
L’armée israélienne avait annoncé dimanche un bouclage de la Cisjordanie occupée pour la journée du scrutin.
