🌍 Conflit au Moyen-Orient

Elections en Israël: Eisenkot prône l’unité, Netanyahou brandit la menace iranienne

«Nous avons besoin de quelqu’un aux valeurs duquel nous pouvons réellement croire», a confié un électeur.

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Nadav Altschuler tient dans ses bras sa fille Yuli, âgée de 3 ans, lors d'un meeting électoral en faveur de Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar (« Droit »), à l'approche des élections législatives israéliennes, le dimanche 25 octobre 2026, à Tel-Aviv, en Israël. Nadav Altschuler tient dans ses bras sa fille Yuli, âgée de 3 ans, lors d'un meeting électoral en faveur de Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar (« Droit »), à l'approche des élections législatives israéliennes, le dimanche 25 octobre 2026, à Tel-Aviv, en Israël. (David Goldman/AP Photo/David Goldman)

À deux jours des législatives israéliennes, Gadi Eisenkot a promis dimanche de réconcilier un pays profondément divisé, tandis que son rival, le premier ministre Benjamin Netanyahou, redoublait d’attaques contre l’opposition et recevait à nouveau le soutien de Donald Trump.

Devant plusieurs centaines de partisans réunis à Tel-Aviv pour son dernier meeting, l’ancien chef d’état-major, dont le bloc est donné au coude-à-coude avec celui de M. Netanyahou, a lancé un vibrant plaidoyer pour l’unité nationale.

«Notre objectif n’est pas qu’un camp l’emporte sur l’autre», a-t-il déclaré. «Nous travaillerons à rassembler à nouveau tous les Israéliens — ceux qui ont voté pour nous et ceux qui ne l’ont pas fait.»

Il s’est adressé directement aux électeurs du Likoud de Benjamin Netanyahou: «au fond de vous, vous savez vous aussi qu’Israël ne peut pas continuer ainsi», a-t-il lancé.

Réaffirmant «son engagement en faveur de la sécurité et de l’économie», il a promis de rompre avec la gouvernance de son adversaire, présent sur la scène politique depuis trois décennies.

Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar (« Droit »), s'exprime lors d'un meeting électoral en vue des élections législatives israéliennes, dimanche 25 octobre 2026, à Tel-Aviv, en Israël. Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar (« Droit »), s'exprime lors d'un meeting électoral en vue des élections législatives israéliennes, dimanche 25 octobre 2026, à Tel-Aviv, en Israël. (David Goldman/AP Photo/David Goldman)

«Je vous regarderai toujours dans les yeux et vous dirai la vérité. J’assumerai la responsabilité tant des succès que des échecs, car c’est ça le véritable leadership», a-t-il assuré.

Imputant à Benjamin Netanyahou des responsabilités dans les défaillances sécuritaires ayant permis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, M. Eisenkot s’est engagé à créer une commission d’enquête indépendante sur ces événements.

«J’ai le sentiment qu’il est un pilier pour nous (…) c’est quelqu’un en qui je peux avoir confiance», confie à l’AFP Yael Shkedi, créatrice de bijoux de 66 ans.

«Au milieu de tout ce chaos, ce qui compte vraiment pour moi, c’est ce sentiment d’avoir quelqu’un capable, d’une manière ou d’une autre, de rassembler tout le monde, un peu comme une figure paternelle.»

«Nous avons besoin de quelqu’un aux valeurs duquel nous pouvons réellement croire», affirme Chen Sharon, réserviste travaillant dans les hautes technologies.

«Catastrophe»

Benjamin Netanyahou a reçu le soutien renouvelé du président américain. «Lorsque vous irez voter, n’oubliez pas que Bibi a été un premier ministre guerrier exceptionnel», a écrit Donald Trump sur son réseau social, citant en exemple le conflit engagé par Israël et les États-Unis contre l’Iran.

Sur la chaîne 14 privée, qui lui est favorable, le premier ministre a lui de nouveau accusé ses adversaires de vouloir créer un État palestinien, «ce qui serait une catastrophe pour Israël».

Benjamin Netanyahou a centré sa campagne sur la sécurité, affirmant pouvoir en être le seul garant.

Tout au long de la campagne, des affiches à son effigie ont été placardées à travers le pays, portant le slogan: «Soit la droite, soit la Palestine».

Il a aussi brandi la menace iranienne, revendiquant les résultats du conflit lancé en février contre Téhéran aux côtés de Donald Trump, qui a publiquement soutenu sa candidature.

Des passants passent devant un panneau d'affichage de campagne du Likoud représentant le président américain Donald Trump et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, avec un message en hébreu disant : « Nous n'avons qu'une seule chance de gagner », à Tel-Aviv, en Israël, le lundi 26 octobre 2026. Des passants passent devant un panneau d'affichage de campagne du Likoud représentant le président américain Donald Trump et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, avec un message en hébreu disant : « Nous n'avons qu'une seule chance de gagner », à Tel-Aviv, en Israël, le lundi 26 octobre 2026. (Oded Balilty/AP Photo/Oded Balilty)

«Nous avons accompli 90% du travail, il en reste 10%. Qui va s’en charger ? Eisenkot et les Frères musulmans? Non. Moi seul peux le faire», a-t-il lancé.

Plus tôt dimanche, il avait publié une image générée par intelligence artificielle montrant un champignon atomique engloutissant ce qui semble être Tel-Aviv, accompagnée d’un texte présentant l’Iran comme une menace existentielle éclipsant tous les autres enjeux électoraux.

Gadi Eisenkot, qui s’oppose lui aussi à la création d’un État palestinien, mais promet de réprimer les violences de colons israéliens contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée, accuse son rival d’instrumentaliser la menace iranienne.

«Vous avez une fois de plus échoué de manière spectaculaire et flagrante à atteindre les objectifs de guerre que vous vous étiez vous-même fixés», lui a-t-il reproché samedi sur X. Yaïr Lapid, figure de l’opposition ayant promis de s’allier à M. Eisenkot, s’est également indigné de la mise en scène atomique du Pr