International

Pas de nouvel appel d'offres pour la rénovation du bassin du Lincoln Memorial

Le printemps dernier, Donald Trump s’était engagé à embellir le bassin réfléchissant avant les célébrations du 250e anniversaire des États-Unis.

Publié le 

Un ouvrier déblaye les débris du bassin du Lincoln Memorial, à Washington, le 1er juillet 2026. L'administration Trump a annoncé dimanche qu'elle ne lancera pas de nouvel appel d'offres pour la rénovation du bassin réfléchissant. (AP/Tom Brenner) Un ouvrier déblaye les débris du bassin du Lincoln Memorial, à Washington, le 1er juillet 2026. L'administration Trump a annoncé dimanche qu'elle ne lancera pas de nouvel appel d'offres pour la rénovation du bassin réfléchissant. AP (Tom Brenner)

L’administration Trump ne lancera pas de nouvel appel d’offres pour la rénovation du bassin réfléchissant du Lincoln Memorial, a annoncé dimanche le secrétaire américain à l’Intérieur, Doug Burgum, alors qu’il était confronté à de nouvelles questions concernant ce projet controversé et l’argent des contribuables qui y est consacré.

À l’instar du président Donald Trump, M. Burgum s’est dit certain à 100 % que des vandales étaient à l’origine des dégâts causés au bassin réfléchissant centenaire situé sur le National Mall.

M. Trump a rapporté qu’une entaille de 350 pieds avait été pratiquée dans le revêtement du bassin au cours des récentes rénovations, tandis que M. Burgum a précisé qu’il s’agissait en réalité de multiples entailles dont la longueur totale atteignait ce chiffre.

Il a également indiqué que le bassin devrait être au moins partiellement vidé au cours de la semaine à venir pour permettre l’achèvement des réparations.

«Nous ferons appel à la même entreprise, car elle a fait un travail fantastique», a fait savoir M. Burgum à l’émission de CNN State of the Union.

«Heureusement, les actes de vandalisme étaient mineurs. Les réparations pourraient coûter des dizaines de milliers de dollars, ce qui pourrait alors constituer un délit grave, tout comme le fait d’endommager n’importe quel autre bien public. Mais le travail effectué pour réparer le bassin réfléchissant a été extrêmement bien fait», a-t-il ajouté.

Le printemps dernier, M. Trump s’était engagé à embellir le bassin réfléchissant avant les célébrations du 250e anniversaire des États-Unis, le 4 juillet. L’eau a été vidangée et le président républicain a ordonné que le fond soit peint d’une couleur qu’il a qualifiée de «bleu drapeau américain». Mais après la restauration du site, l’eau a été envahie par une prolifération d’algues pendant plus d’une semaine et des morceaux du nouveau revêtement ont semblé s’écailler.

Le bassin a été fermé pour la fête de l’Indépendance. M. Burgum a dit que la fermeture a été causée par un problème de sécurité lié aux feux d’artifice.

Le débat qui ne cesse de s’intensifier autour du bassin réfléchissant a attisé la polémique plus générale concernant la volonté pressante de M. Trump de réaménager les monuments emblématiques de Washington, y compris la Maison-Blanche.

Les autorités ont arrêté plus d’une demi-douzaine de personnes impliquées dans les dégradations du bassin réfléchissant, dont l’ancien athlète olympique David Hearn, qui a été accusé la semaine dernière de destruction de biens publics.

La procureure fédérale en chef du District de Columbia, Jeanine Pirro, a déclaré que M. Hearn avait arraché le mastic récemment posé sur le bassin dans le cadre d’un «acte délibéré» ayant causé plus de 1000 $ de dégâts. Elle l’a accusé d’avoir arraché «avec force et violence» la membrane de fond «à deux mains» et d’avoir adopté un comportement agressif envers un employé qui lui avait demandé d’arrêter.

Les avocats de M. Hearn, Norm Eisen, cofondateur du Democracy Defenders Fund, et Mary Dohrmann, ont qualifié ces accusations de «scandaleuses» et «de nature à alarmer tout Américain». M. Eisen et Mme Dohrmann ont présenté cette affaire comme emblématique de «l’abus de pouvoir des autorités à l’encontre d’un simple citoyen, sur la base d’un récit inventé de toutes pièces».

Interrogé sur l’existence de preuves photographiques montrant des vandales en train de découper la membrane du bassin, M. Burgum n’a pas répondu directement. On lui a également demandé si M. Hearn risquait une peine de dix ans de prison, soit la sentence maximale prévue par la loi pour les faits qui lui sont reprochés.

«Ce n’est pas parce que vous avez occupé telle ou telle fonction par le passé que vous êtes aujourd’hui à l’abri de la loi. Ce sont les tribunaux qui décideront», a dit M. Burgum à CNN.

Par ailleurs, des questions planent sur les contrats attribués sans appel d’offres pour ce projet à des prestataires ayant entretenu des liens antérieurs avec le président républicain.

La société Green Water Solutions, basée en Ohio et également connue sous le nom de Greenwater Services, s’est vu attribuer un contrat de 1,7 million $ pour installer un système de purification de l’eau dans le bassin réfléchissant, tandis que la société Atlantic Industrial Coatings, établie en Virginie, a obtenu un contrat de 14,7 millions $ pour repeindre et imperméabiliser le sol en béton du bassin.

Une dizaine de sénateurs et de députés démocrates mènent actuellement une enquête sur ce projet.

«Les contribuables méritent une explication complète sur la manière dont ces défaillances se sont produites et sur les personnes qui seront tenues pour responsables de leur correction», indique une lettre signée le mois dernier par six sénateurs.

M. Burgum a également accordé une entrevue à l’émission This Week, diffusée sur ABC.