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Trump s’impose au menu des 250 ans des États-Unis

«Trump aime être sous les projecteurs et cherche clairement à les accaparer.»

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President Donald Trump waves as he arrives on Marine One at Joint Base Andrews, Md., Sunday, June 21, 2026, following a trip to Camp David. (AP Photo/Mark Schiefelbein) Le président Donald Trump salue la foule à son arrivée à bord de Marine One à la base militaire d'Andrews, dans le Maryland, dimanche 21 juin 2026, à l'issue d'un séjour à Camp David. Crédit image | Photo AP (Mark Schiefelbein)

Donald Trump a tout fait pour que les célébrations du 250e anniversaire des États-Unis, dont la fête nationale aura lieu le 4 juillet, tournent autour d’un seul homme: lui-même.

«J’ai obtenu les Jeux olympiques et la Coupe du monde de la FIFA - et aussi les 250 ans», a-t-il lancé récemment en référence aux grands événements de son second mandat. «J’aimerais m’attribuer le mérite des 250 ans, mais ça, je ne vais pas y arriver!», a-t-il ajouté en plaisantant.

Mais avec le président américain, l’humour cache souvent une part de vérité. Dans un pays fondé sur le rejet de la monarchie, qui célèbre les 250 ans de sa déclaration d’indépendance de l’Empire britannique, Donald Trump revendique une place centrale.

Le républicain a annulé une grande célébration bipartisane prévue le 4 juillet à Washington pour organiser à la place son propre rassemblement «Make America Great Again», après le retrait d’artistes qui dénonçaient sa politisation. Il a aussi récemment fait de la Maison Blanche la scène d’un combat de MMA.

«Trump aime être sous les projecteurs et cherche clairement à les accaparer», analyse Peter Loge, directeur de l’école des médias de l’université George Washington, auprès de l’AFP. Mais en se présentant comme l’incarnation de l’idéal américain, «il va à l’encontre même de cette idée», poursuit-il.

Âge d’or

À 80 ans, Donald Trump promet l’avènement d’un nouvel «âge d’or», mais son Amérique semble profondément divisée, fragilisée par une guerre impopulaire contre l’Iran, qui a fait flamber le coût de la vie.

Selon plusieurs sondages récents compilés par USA Today, une majorité d’Américains se disent insatisfaits de la situation actuelle et pessimistes quant à l’avenir, estimant que les plus belles années du pays sont passées.

Depuis qu’il est président, Donald Trump reproduit en réalité la recette qui a caractérisé son parcours d’homme d’affaires: promouvoir son nom à la manière d’une marque, gravé en lettres d’or sur ses clubs de golf, ses hôtels et ses produits dérivés.

Billets verts et arc de triomphe

Salle de bal à la Maison Blanche, arc de triomphe, rénovation du bassin du Lincoln Memorial, le président américain a lancé nombre de travaux à Washington et à la Maison Blanche, dont beaucoup sont critiqués pour leur coût, les conditions opaques de l’attribution des chantiers ou leur caractère ostentatoire.

Le républicain s’est même affranchi de la réserve observée avant lui par les présidents américains, pour demander à faire figurer son visage sur un billet commémoratif de 250 dollars, rompant avec la tradition qui réserve la monnaie américaine aux présidents décédés.

Plusieurs observateurs soulignent la différence entre cette personnification du 250e anniversaire et les célébrations du bicentenaire de 1976, qui avaient contribué à ressouder le pays après la guerre du Vietnam, le scandale du Watergate et des chocs pétroliers.

Gerald Ford, alors président, avait profité de l’événement pour se mettre en scène et tenter de reconquérir l’opinion publique. «La vraie question est de savoir si la manière dont Trump le fait permettra de rassembler les Américains ou, au contraire, accentuera les divisions», s’interroge Tevi Troy, du Ronald Reagan Institute, auprès de l’AFP.

Et de conclure: «Notre esprit patriotique a été mis à mal ces dernières décennies. Je ne sais pas si cet anniversaire y remédiera, mais en tout cas, c’est l’objectif».