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Un Américain évacué du navire de croisière touché par l’hantavirus est testé positif

«Un passager sera transféré à l’unité de confinement biologique du Nebraska dès son arrivée, tandis que les autres seront conduits à l’unité nationale de quarantaine pour évaluation et surveillance.»

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Les passagers débarquent du navire de croisière MV Hondius aux prises avec une éclosion d'hantavirus au port de Granadilla à Tenerife, aux îles Canaries, sous juridiction espagnole, dimanche 10 mai 2026. Photo AP Les passagers débarquent du navire de croisière MV Hondius aux prises avec une éclosion d'hantavirus au port de Granadilla à Tenerife, aux îles Canaries, sous juridiction espagnole, dimanche 10 mai 2026. Photo AP

Parmi les 17 passagers américains évacués d’un navire de croisière aux îles Canaries, un a été testé positif à l’hantavirus, mais ne présente aucun symptôme, ont annoncé les autorités sanitaires américaines dimanche soir.

Le vol nolisé transportait 17 Américains évacués du MV Hondius après son arrivée à Tenerife, la plus grande île de l’archipel espagnol au large des côtes ouest-africaines. L’avion devait atterrir à Omaha, dans le Nebraska, lundi matin.

Les Américains seront d’abord transférés par avion à l’Université du Nebraska, qui dispose d’un centre de quarantaine financé par le gouvernement fédéral, afin de déterminer s’ils ont été en contact étroit avec des personnes symptomatiques et d’évaluer leur risque de transmission du virus. 

«Un passager sera transféré à l’unité de confinement biologique du Nebraska dès son arrivée, tandis que les autres seront conduits à l’unité nationale de quarantaine pour évaluation et surveillance. Le passager transféré à l’unité de confinement biologique a été testé positif au virus, mais ne présente aucun symptôme», a indiqué Kayla Thomas, porte-parole du Nebraska Medical Center.

Les passagers évacués du navire de croisière touché par l’hantavirus ont commencé à rentrer chez eux dimanche à bord d’avions militaires et gouvernementaux, après que le navire a jeté l’ancre aux îles Canaries. Sur la terre ferme, ils ont été escortés par du personnel portant des combinaisons de protection intégrales et des masques respiratoires.

Les passagers espagnols ont été les premiers à quitter le MV Hondius après son arrivée à Tenerife, la plus grande île de l’archipel espagnol, située au large des côtes ouest-africaines. Ils ont ensuite été transportés par avion à Madrid et conduits dans un hôpital militaire. 

Quelques heures plus tard, un avion évacuant les passagers français a atterri à Paris, où il a été accueilli par des véhicules de secours.

L’un des cinq passagers français a développé des symptômes pendant le vol, a annoncé le premier ministre français, Sébastien Lecornu, dans un communiqué. Tous ont été placés en isolement strict et subiront des tests.

Auparavant, des responsables du ministère espagnol de la Santé, de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de la compagnie de croisières Oceanwide Expeditions avaient indiqué qu’aucune des plus de 140 personnes qui se trouvaient alors à bord ne présentait de symptômes du virus.

Les avions arrivant à Tenerife doivent rapatrier des passagers provenant de plus de 20 pays. Les évacuations devraient se poursuivre jusqu’à lundi.

Trois personnes sont décédées depuis le début de l’épidémie et cinq passagers ayant quitté le navire plus tôt sont infectés par l’hantavirus.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a cherché à rassurer le public en répétant dimanche que le risque pour le grand public d’une contamination restait faible. 

«Il ne s’agit pas d’une autre épidémie de COVID-19. Le risque pour la population est faible. Il ne faut donc pas avoir peur ni paniquer», a-t-il déclaré. 

Le personnel mobilisé et celui du port de Granadilla à Tenerife portaient toutefois des équipements de protection pendant le processus d’évacuation, y compris des masques, des combinaisons de protection contre les matières dangereuses et des respirateurs.

Une vidéo obtenue par l’Associated Press montrait des passagers sur le tarmac, vêtus de combinaisons similaires et désinfectés par aspersion.

La ministre espagnole de la Santé, Mónica García, a déclaré que l’opération se déroulait normalement.

Les passagers et les membres d’équipage qui ont débarqué ont été contrôlés pour détecter d’éventuels symptômes, selon les autorités. Aucun contact avec la population locale n’était autorisé et les gens évacués ne pouvaient quitter le navire que lorsque les avions nolisés pour leur évacuation étaient prêts à les accueillir et à les transporter vers leurs destinations. 

Ils ont laissé leurs bagages à bord et ont été autorisés à emporter seulement un petit sac contenant leur téléphone cellulaire, un chargeur et leurs documents.

Tedros Adhanom Ghebreyesus et les ministres de la Santé et de l’Intérieur de l’Espagne supervisent l’opération à Tenerife.

L’hantavirus se propage généralement lorsque des personnes inhalent des résidus contaminés provenant d’excréments de rongeurs et ne se transmet pas facilement d’une personne à l’autre. Cependant, le virus des Andes détecté lors de l’éclosion sur le paquebot pourrait, dans de rares cas, se propager d’une personne à l’autre. Les symptômes apparaissent généralement entre une et huit semaines après l’exposition.

Une partie de l’équipage et le corps d’un passager décédé à bord resteront sur le navire, qui mettra le cap sur Rotterdam, aux Pays-Bas, où il sera entièrement désinfecté, ont indiqué les autorités espagnoles. La traversée jusqu’à Rotterdam durera environ cinq jours. 

Un suivi actif recommandé 

Les passagers seront suivis.

L’OMS recommande aux pays d’origine des passagers de «mettre en place un suivi actif, c’est-à-dire des contrôles sanitaires quotidiens, à domicile ou dans un établissement spécialisé».

«Nous laissons aux pays le soin d’élaborer leurs propres politiques, mais nos recommandations sont très claires. Il s’agit d’une mesure de précaution visant à éviter toute transmission du virus», a déclaré l’épidémiologiste Maria Van Kerkhove. 

Plusieurs pays ont annoncé que leurs ressortissants seraient placés en quarantaine ou hospitalisés pour observation. Par exemple, le ministère français des Affaires étrangères avait précédemment indiqué que ses passagers seraient hospitalisés pendant 72 heures pour observation, puis placés en quarantaine à domicile pendant 45 jours.

Après l’apparition de symptômes chez un passager, le premier ministre a déclaré que les cinq personnes seraient maintenues à l’hôpital «jusqu’à nouvel ordre».

Hantavirus: quels sont les risques pour les Québécois? Marie-Christine Bergeron s’entretient avec la directrice nationale de santé publique, la Dre Caroline Quach sur l’éclosion d’hantavirus.

Les Américains à bord seront mis en quarantaine dans un centre médical du Nebraska. De leur côté, les passagers et l’équipage britanniques seront placés en observation à l’hôpital, ont indiqué les autorités britanniques.

L’Australie envoie un avion qui devrait arriver lundi pour évacuer ses ressortissants et ceux de pays voisins, comme la Nouvelle-Zélande, selon la ministre espagnole de la Santé, soulignant que ce vol devrait être le dernier à quitter Tenerife.

La Norvège a dépêché un avion-ambulance sur l’île avec du personnel formé au transport de patients atteints d’infections à haut risque, a indiqué sa Direction de la protection civile à la chaîne publique NRK.

L’avion-ambulance appartient à l’Union européenne, mais est exploité par la Norvège.

Des médecins parachutés en territoire isolé

Par ailleurs, des médecins de l’armée britannique ont été parachutés sur le territoire isolé de Tristan da Cunha, dans l’Atlantique Sud, où l’un des 221 habitants est suspecté d’être atteint d’hantavirus.

Le patient était un passager du MV Hondius et a débarqué le mois dernier.

Le ministère britannique de la Défense a indiqué qu’une équipe composée de six parachutistes et de deux cliniciens a sauté samedi d’un avion de transport de la Royal Air Force, qui a également largué de l’oxygène et du matériel médical.

Tristan da Cunha est le territoire d’outre-mer habité le plus isolé du Royaume-Uni, situé à environ 2400 kilomètres de l’île habitée la plus proche, Sainte-Hélène. 

Cet archipel volcanique ne dispose d’aucune piste d’atterrissage et n’est généralement accessible que par bateau, après un voyage de six jours au départ du Cap, en Afrique du Sud.