Les quatre Canadiens rapatriés après une éclosion de hantavirus à bord d’un bateau de croisière sont atterris à l’aéroport de Bagotville, à Saguenay, dimanche après-midi vers 15 h 26, avant de repartir vers Victoria, en Colombie-Britannique, moins d’une heure plus tard.
Le gros porteur affrété spécialement par le Canada était en provenance de Tenerife, aux îles Canaries, où le MV Hondius, le bateau de croisière touché, a accosté.
L’appareil de la compagnie EuroAtlantic s’est ensuite stationné près d’un hangar de la base militaire.
Les quatre passagers sont ensuite descendus pour monter à bord d’un vol nolisé Chrono Aviation , qui a décollé à 16 h 13.
Il a été impossible pour les médias d’avoir accès à la base aérienne des Forces armées canadiennes durant leur correspondance.
«On ne peut pas vous donner accès, c’est l’ordre qu’on a reçu», a indiqué un agent de la police militaire, à la guérite de la base aérienne.
«Pour respecter la vie privée des personnes rapatriées, nous n’autoriserons pas l’accès à la base», a écrit Nick Drescher Brown, un responsable des relations avec les médias de la Défense nationale.
Les journalistes présents ont pu voir atterrir l’appareil à distance, puis décoller l’autre appareil, derrière le grillage d’une haute clôture, à l’aéroport civil de Bagotville.
Un agent de l’Agence de la santé publique du Canada se trouvait à bord du vol pour superviser les mesures de santé publique, notamment le port du masque et la distanciation physique.
Les autorités fédérales ont indiqué que les voyageurs avaient été jugés asymptomatiques avant leur départ de Tenerife, en Espagne. Ils avaient également suivi des protocoles d’isolement stricts à bord du MV Hondius depuis le début de mai.
Un porte-parole du CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean a indiqué à La Presse Canadienne qu’il n’y allait pas avoir de prise en charge des quatre personnes par les services de santé au Saguenay, puisque, aux dernières nouvelles, les personnes étaient asymptomatiques.
«Les équipes du CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean sont mobilisées depuis samedi matin en prévision du transit des quatre citoyens canadiens qui séjournaient sur le navire de croisière à bord duquel des cas de hantavirus ont été déclarés», a indiqué le porte-parole du CIUSSS.
«Selon le protocole établi et coordonné avec Santé Québec et la Direction nationale de santé publique du MSSS, nos équipes régionales sont prêtes à prendre en charge temporairement les passagers si ceux-ci présentaient des symptômes sévères à leur arrivée en sol canadien », a-t-il ajouté.
Quarantaine en C.-B.
Les passagers devront être placés en quarantaine sous surveillance pendant un peu plus de deux semaines après leur arrivée en Colombie-Britannique.
Cela portera leur durée totale de quarantaine à 21 jours depuis le 6 mai, dernier jour où un cas confirmé d’hantavirus a été détecté à bord du navire.
Les autorités sanitaires de la Colombie-Britannique surveilleront ces passagers tout au long de leur isolement et réévalueront leur état à la fin de cette période. Il y a une possibilité de prolonger la quarantaine jusqu’à 42 jours en fonction de l’évaluation des risques et des recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé.
Pendant la quarantaine, le gouvernement a dit que les voyageurs auraient accès à des soins médicaux, à des tests si des symptômes apparaissent, ainsi qu’à un soutien en santé mentale et psychosocial. Les responsables de la santé publique continueront d’assurer le suivi en coordination avec les autorités provinciales.
La Dre Bonnie Henry, médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, a déclaré dans un communiqué de presse qu’elle comprenait les inquiétudes de la population, particulièrement après la pandémie de COVID-19, mais elle a souligné que le virus était très différent des maladies respiratoires comme la COVID-19.
«L’hantavirus ne se propage pas de la même façon et n’est pas considéré comme une maladie à potentiel pandémique», a-t-elle affirmé.
Elle a ajouté que les autorités sanitaires prenaient toutes les mesures nécessaires pour minimiser ou éliminer les risques pour la population.
«À aucun moment, ni à leur arrivée ni pendant leur période d’isolement, les voyageurs canadiens ne seront en contact avec le public, a assuré la Dre Henry. Ils seront suivis quotidiennement par les équipes locales de santé publique afin de s’assurer qu’ils demeurent en bonne santé et qu’ils s’isolent en toute sécurité.»
Huit cas de hantavirus, dont trois décès, ont été recensés sur le navire de croisière.
Le virus provient des rongeurs, et la souche présente sur le navire de croisière — le virus des Andes — est la seule connue pour se transmettre d’humain à humain, bien qu’elle ne soit pas très contagieuse. Les symptômes apparaissent généralement entre une et huit semaines après l’exposition aux résidus contaminés par des excréments de rongeurs.
Plusieurs Canadiens ont reçu l’ordre de s’isoler après avoir été en contact avec des passagers infectés.
Un couple de la région de Grey Bruce, en Ontario, a débarqué du navire à la fin avril, soit avant que l’épidémie ne soit déclarée, et n’a présenté aucun symptôme.
Quatre autres Canadiens — originaires du Québec, de l’Alberta et de l’Ontario — ne se trouvaient pas à bord du navire, mais auraient pu entrer en contact avec une personne infectée par l’hantavirus lors d’un vol, a indiqué le gouvernement fédéral.
Avec des informations de La Presse Canadienne
