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Mouvement des lycéens en France: l’ONU «inquiète» face aux violences

«Le droit de réunion pacifique doit être respecté.»

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En colère, des milliers de jeunes toujours mobilisés en France malgré la reprise des cours Voyez notre entrevue avec le journaliste basé à Paris Pierre Tremblay.

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a dit vendredi suivre avec «inquiétude» les «incidents» liés aux manifestations des lycéens en France, appelant au maintien de rassemblements pacifiques et à un usage proportionné de la force.

«Nous suivons avec inquiétude les incidents liés aux manifestations étudiantes et aux blocages de lycées en France, dont certains ont dégénéré en violences», a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat, Shabia Mantoo, lors d’un point de presse à Genève.

«Nous appelons chacun à veiller à ce qu’elles (ces manifestations) restent pacifiques et à ce qu’il n’y ait pas de recours disproportionné à la force de la part des forces de l’ordre. Le droit de réunion pacifique doit être respecté», a-t-elle ajouté.

Depuis le début de la mobilisation le 17 septembre, marquée par des violences à six mois de l’élection présidentielle, les lycéens français réclament de meilleures conditions d’apprentissage, une rénovation du bâti et la suppression de la sélection par la plateforme d’orientation Parcoursup.

Des étudiants se sont affrontés avec la police anti-émeute lors d'une manifestation contre le manque de moyens dans les établissements scolaires à Paris, jeudi 8 octobre 2026. Des étudiants se sont affrontés avec la police anti-émeute lors d'une manifestation contre le manque de moyens dans les établissements scolaires à Paris, jeudi 8 octobre 2026. (Teresa Suarez/AP Photo/Teresa Suarez)

Le mouvement a donné lieu ponctuellement à des violences (bâtiments et poubelles incendiés, mobilier urbain détruit…), jugées d’«inqualifiables» par le gouvernement, et la réponse policière a été vivement critiquée.

Dans les manifestations, les slogans contre les violences policières occupent une place presque aussi importante que les revendications sur le manque de moyens.

Face aux accusations, le premier ministre Sébastien Lecornu a réagi vivement. Parler d’«instructions politiques de répression policière» est un «mensonge» qui jette «l’opprobre contre la police», a-t-il déclaré mercredi à l’Assemblée nationale, évoquant des «accidents» qui «peuvent arriver».

Un adolescent de 15 ans a eu sa main arrachée par une grenade à Lens (nord) lundi. À Tours (ouest), un lycéen de 16 ans a perdu l’usage d’un œil lors d’un blocus, le parquet évoquant des lésions «compatibles» avec un tir de lanceur de balles en caoutchouc.

Les images des manifestations, un peu partout en France, sont restées frappantes jeudi, en particulier à Paris, où plusieurs dizaines de milliers de personnes rassemblées place de la Bastille ont été évacuées par les forces de l’ordre en début de soirée avec usage de gaz lacrymogène.

Des élèves manifestent contre le manque de moyens dans les établissements scolaires à Paris, ce jeudi 8 octobre 2026. Des élèves manifestent contre le manque de moyens dans les établissements scolaires à Paris, ce jeudi 8 octobre 2026. (Aurelien Morissard/AP Photo/Aurelien Morissard)

L’intersyndicale étudiante et professionnelle a donné rendez-vous pour des manifestations et la grève mardi prochain, quelques jours avant le début des vacances scolaires.