Un peu moins de 150 lycées restent fermés vendredi en France, au lendemain de l’annonce par le gouvernement du déploiement en urgence de 3000 professeurs remplaçants, une première réponse à l’une des revendications de jeunes mobilisés qui appellent à une nouvelle journée d’action le 13 octobre.
Depuis le début de la mobilisation le 17 septembre, marquée par des violences à six mois de l’élection présidentielle, les lycéens français réclament de meilleures conditions d’apprentissage, une rénovation du bâti et la suppression de la sélection par Parcoursup.
Vendredi matin le ministère a annoncé 141 établissements fermés sur 3700, contre 157 la veille à la mi-journée, soit plus de 96% de lycées ouverts. Presque 600 lycées étaient fermés en début de semaine, 800 vendredi dernier.
À l’issue d’une nouvelle journée de mobilisation nationale un peu moins suivie que les précédentes, jeudi, l’intersyndicale étudiante et professionnelle a donné rendez-vous pour des manifestations et la grève mardi prochain, quelques jours avant le début des vacances scolaires, qui auront lieu du samedi 17 octobre au dimanche 1er novembre inclus.

Tout en saluant une «première réponse» du gouvernement sur les professeurs remplaçants, Marylise Léon, la secrétaire générale de la CFDT, premier syndicat français, l’a jugée «largement en deçà» de ce qui était attendu, vendredi matin sur le média public franceinfo.
À Toulouse (sud-ouest), la mobilisation semblait moins forte vendredi.
Devant le lycée Raymond-Naves, après le début des cours, une centaine de lycéens sont restés toutefois massés devant cet établissement situé près du périphérique: «On garde des forces pour la semaine prochaine. On va rebloquer mardi. Là on fait une pause», admet un élève de 1ère, âgé de 16 ans.
«Des moyens concrets»
Le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a annoncé que 3000 professeurs remplaçants allaient être déployés dans les lycées où la situation est la plus critique «dans les heures qui viennent».
Il a aussi assuré que la parole des lycéens, recueillie sur une plateforme de concertation ouverte cette semaine, serait entendue et que le gouvernement déposerait des amendements au projet de budget pour prendre en compte certaines de leurs demandes. Une promesse faite également par le premier ministre Sébastien Lecornu.
Un peu plus tôt, les représentants des lycéens étaient ressortis plutôt déçus de leur rencontre au ministère.
«Le ministre nous a fait des annonces qui, sur un sujet seulement, la démocratie scolaire, sont satisfaisantes. Sur le reste, elles ne le sont absolument pas», a affirmé à la presse Louis Letoublon, des Lycéens.

«On attend des chiffres, des moyens concrets» sur la «rénovation du bâti scolaire», a-t-il expliqué vendredi matin sur BFMTV, évoquant aussi la question des «rythmes scolaires» et la plateforme d’orientation post-bac Parcoursup.
Les ministres recevront de nouveau les organisations lundi pour travailler notamment sur la transparence de Parcoursup et les tensions liées aux capacités d’accueil dans l’enseignement supérieur.
Si la mobilisation était moins importante jeudi que lors de l’acte III de mardi: 71 500 personnes ont manifesté, dont 24 500 à Paris, a indiqué le ministère de l’Intérieur.