Un demi-million de morts. Treize millions de réfugiés. Des dizaines de milliers de disparus. Un accord a mis fin en 2024 à 13 ans de guerre civile en Syrie. Mais ce conflit a laissé de profondes cicatrices sur la petite nation arabe. Retour sur la façon dont tout a commencé.
2011 : Un printemps… qui tourne mal
En 2011, le printemps arabe secoue la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord. Tunisie, Égypte, Libye… les peuples se soulèvent contre les dictateurs.
Et la Syrie ne fait pas exception.
Les Syriens réclament plus de liberté, moins de corruption, la fin d’un régime autoritaire.
Le régime, c’est celui de Bachar al-Assad, au pouvoir depuis 2000.
Il a hérité du fauteuil présidentiel de son père, qui dirigeait la Syrie depuis… 1971.
Des manifs pacifiques sont réprimées de manière violente. Et ce qui devait être une contestation populaire… devient une guerre.
De la révolte à la guerre civile
Petit à petit, des groupes d’opposition armés apparaissent.
L’Armée syrienne libre, qui est l’un des principaux groupes d’opposition, mais le conflit a rapidement impliqué d’autres mouvements, plus radicaux.
C’est ainsi que le pays se divise.
Et Bachar Al-Assad, lui, ne lâche rien. Il bombarde, il affame certaines villes rebelles. Il accuse les opposants d’être des terroristes.
Le conflit devient un cauchemar sans nom pour les civils. Villes assiégées. Armes chimiques. Hôpitaux visés. L’ONU parle de crimes de guerre.
Une guerre qui attire tout le monde
Très vite, la guerre syrienne devient internationale
L’Iran soutient Bachar Al-Assad.
La Russie, elle, entre en jeu en 2015. Elle bombarde pour sauver le régime.
Les États-Unis ont participé à la guerre civile syrienne mais pour soutenir les forces opposées au gouvernement de Bachar el-Assad, tout en menant des opérations militaires contre des groupes terroristes comme Daech. Mais le soutien des États-Unis a été critiqué pour avoir alimenté le conflit et avoir contribué à la prolifération d’armes.
La fin d’un conflit
Après près de 13 ans de conflit, c’est finalement en décembre 2024 que survient la chute du régime de Bachar Al-Assad.
La Syrie avait été larguée par ses alliés l’Iran et la Russie, l’armée du pays était affaiblie.
Ce sont finalement des rebelles syriens, le groupe Hayat Tahrir al-Cham aussi connu sous le nom d’Organisation de Libération du Levant, qui ont mené des offensives éclairs pendant deux semaines en prenant le contrôle de nombreuses grandes villes syriennes.
C’est le 8 décembre 2024 que les forces rebelles ont pris Damas, la capitale, ce qui a marqué la fin du règne de 54 ans de la famille Assad.
Bachar Al-Assad quitte alors le pays et s’exile en Russie.
Le nouveau régime al Charaa est appuyé par la Turquie, l’Arabie saoudite, par l’administration Trump et l’Union européenne
Et maintenant?
La guerre civile en Syrie a fait plus de 528 000 morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, ainsi que des dizaines de milliers de disparus. Quelque 13 millions de Syriens ont été déplacés ou sont devenus réfugiés.
Bien que le gouvernement ait été renversé, la situation demeure fragile en Syrie.
Des affrontements se sont déroulés dans le pays quelques mois après l’établissement du nouveau régime.
Des conflits violents entre des groupes religieux différents ont éclaté.
Le pays devient de plus en plus divisé et insatisfait des autorités en place.
D’ailleurs, Ahmed al-Charaa, le président par intérim a annoncé que des élections législatives se tiendront en septembre.
Pour ce qui est de Bachar Al-Assad, la Cour de cassation avait émis un mandat d’arrêt contre lui en novembre 2023 mais il a été annulé en juillet 2025.
La justice française a estimé qu’aucune exception ne pouvait lever l’immunité personnelle d’un chef d’État.
Mais la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire français a annoncé quelques jours plus tard que l’ancien dictateur faisait face à un nouveau mandat d’arrêt international pour des attaques chimiques mortelles survenues en 2013 en Syrie.
La situation en Syrie reste difficile et précaire: environ 70% de la population a besoin d’aide humanitaire, et près de 7 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays.
Le risque d’attentat et d’enlèvement reste élevé dans le pays.
Les Syriens auront donc besoin de beaucoup de courage pour passer à travers les prochaines années.
